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Guerre en Ukraine : ce que l'on sait sur l'offensive russe

ÉCLAIRAGE - Durant la nuit du 23 au 24 février, le scénario que le monde craignait est devenu réalité. Vladimir Poutine a annoncé à l'aube une "opération militaire" en Ukraine.

L'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield réconforte le représentant ukrainien Sergiy Kyslytsya  pendant une réunion d'urgence de l'ONU
L'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield réconforte le représentant ukrainien Sergiy Kyslytsya pendant une réunion d'urgence de l'ONU
Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP
Ukraine : ce que l'on sait sur l'offensive russe
00:07:58
Aymeric Parthonnaud & AFP

"J'ai pris la décision d'une opération militaire spéciale". Quelques secondes après une intervention télévisée, l'attaque a été lancée. Le président russe Vladimir Poutine a annoncé jeudi 24 février 2022 à l'aube une "opération militaire" en Ukraine où de puissantes explosions ont retenti dans plusieurs villes du pays. Kiev affirmait qu'une "invasion de grande ampleur" était en cours. "Nous nous efforcerons d'arriver à une démilitarisation et une dénazification de l'Ukraine", a dit le président russe assis à un bureau en bois sombre, promettant de conduire "au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l'effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes. Nous n'avons pas dans nos plans une occupation des territoires ukrainiens, nous ne comptons imposer rien par la force à personne", a-t-il assuré, appelant les militaires ukrainiens "à déposer les armes".

Puis, Vladimir Poutine s'est adressé à ceux "qui tenteraient d'interférer avec nous (...) ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n'avez encore jamais connues".

Dans une adresse à la nation, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a proclamé la loi martiale dans tout le pays. "Pas de panique", "nous allons vaincre", a-t-il dit aux Ukrainiens. Peu après la déclaration surprise du maître du Kremlin, une série d'explosions ont été entendues à Kiev, où les sirènes d'alarme anti-bombardement ont retenti. Des explosions ont également été entendues à Kramatorsk, ville dans l'est qui sert de quartier-général à l'armée ukrainienne, à Kharkiv, deuxième ville du pays, et à Odessa, sur la mer Noire. Dans le métro de Kiev, des dizaines d'habitants tentaient de se mettre à l'abri ou de prendre un train, valise à la main pour quitter la ville.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a dénoncé le début d'une "invasion de grande ampleur" par la Russie. Cette opération vise à "détruire l'État ukrainien, s'emparer de son territoire par la force et établir une occupation", a renchéri son ministère dans un communiqué. L'Ukraine a également annoncé la fermeture de son espace aérien pour l'aviation civile et les vols ont été annulés depuis les aéroports des grandes villes du sud de la Russie, à proximité de l'Ukraine.

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L'armée russe a toutefois assuré viser les sites militaires ukrainiens avec des "armes de haute précision", ce qu'a semblé reconnaître le président ukrainien en indiquant que la Russie avait effectué des frappes contre des infrastructures militaires et des garde-frontières ukrainiens.

Condamnations internationales

L'ambassadeur de Russie à l'ONU, Vassily Nebenzia, est allé au-delà, affirmant que son pays ciblait "la junte au pouvoir à Kiev". La décision du président russe a aussitôt déclenché une vague de condamnations internationales. Le président américain Joe Biden a dénoncé une "attaque injustifiée" qui provoquera "des souffrances et pertes de vies humaines". "Le monde exigera des comptes à la Russie", a-t-il promis. Il s'est également entretenu avec le président ukrainien, lui promettant le soutien des États-Unis.

Le chef de l'Otan Jens Stoltenberg a condamné une "attaque téméraire et non provoquée" par la Russie. Une réunion d'urgence des ambassadeurs de l'Otan a été décidée jeudi matin. Et à l'ONU, l'Ukraine a demandé à la Russie de "mettre un terme à la guerre", tandis que la France dénonçait le "mépris" de la Russie à l'égard des Nations unies.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a dénoncé de son côté "une violation éclatante" du droit international, tandis que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est engagée à demander à Moscou de "rendre des comptes".

La guerre en Europe

Quelques heures plus tôt, le Kremlin avait annoncé que les responsables des "républiques" séparatistes prorusses autoproclamées dans l'est de l'Ukraine avaient demandé l'"aide" de Vladimir Poutine pour "repousser l'agression" ukrainienne. Lundi, le président russe avait reconnu l'indépendance de ces "républiques" séparatistes de Donetsk et de Lougansk, puis obtenu le lendemain de la chambre haute du Parlement russe son feu vert à un déploiement de forces.

Peu après le discours de Vladimir Poutine jeudi matin, le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars, pour la première fois en plus de sept ans, et la Bourse de Hong Kong chutait de plus de 3%.

Dans un discours personnel et plein d'émotion en langue russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait, quelques heures avant que Vladimir Poutine ne s'exprime à son tour à la télévision, appelé la société civile en Russie à faire pression sur ses dirigeants pour prévenir une "grande guerre en Europe". "Les Russes veulent-ils la guerre ? J'aimerais tant connaître la réponse à cette question. Et cette réponse dépend de vous, citoyens de la Fédération de Russie" a-t-il dit, accusant Moscou d'avoir déployé 200.000 hommes pour attaquer son pays et révélant avoir tenté de parler, sans succès, à Vladimir Poutine.

L'Ukraine a commencé mercredi la mobilisation d'une quarantaine de milliers de ses réservistes, voté l'état d'urgence et annoncé être la cible d'une nouvelle cyberattaque "massive" visant des sites internet officiels. Les États-Unis déposeront jeudi un projet de résolution sur la table du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la Russie pour sa "guerre" en Ukraine. Les dirigeants des 27 pays de l'Union européenne doivent pour leur part se réunir en sommet jeudi soir.

Beaucoup redoutent que la crise en Ukraine ne mène au plus grave conflit en Europe depuis 1945. Une intervention russe pourrait se traduire par "jusqu'à cinq millions de personnes supplémentaires déplacées", a averti l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield. Washington et ses alliés occidentaux ont pris de premières sanctions en réaction à la reconnaissance des séparatistes soutenus par Moscou que Kiev combat depuis huit ans, un conflit qui a fait plus de 14.000 morts à ce jour.

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