2 min de lecture Révolution arabe

Tunisie : la jeune blogueuse militante Lina Ben Mhenni est décédée

La célèbre blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni, une des figures du soulèvement ayant permis la chute du régime Ben Ali en 2011, est décédée lundi 27 janvier à l'âge de 36 ans des suites d'une longue maladie.

La défenseure des droits humains, Lina Ben Mhenni, le 7 octobre 2013 au procès de deux rappeurs tunisiens.
La défenseure des droits humains, Lina Ben Mhenni, le 7 octobre 2013 au procès de deux rappeurs tunisiens. Crédit : Fethi Belaid / AFP
Sarah Belien
Sarah Belien
et AFP

La jeune femme souffrait depuis de nombreuses années d'une malade chronique. La célèbre blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni, est décédée lundi à l'âge de 36 ans, a-t-on appris auprès de son entourage. Après la révolution ayant chassé Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir en Tunisie en 2011, le nom de la militante avait circulé pour le Nobel de la Paix à la fin de cette même année. 

Même avant la chute de la dictature, et malgré les risques, Lina Ben Mhenni avait durant des années témoigné sur internet des dérives du régime Ben Ali. Depuis 2008, la jeune femme se déplaçait dans de nombreuses villes défavorisées de l'intérieur du pays pour alimenter son blog "atunisiangirl".

Munie de sa petite caméra, elle avait retransmis, via les réseaux sociaux, les premières manifestations de colère des habitants contre le pouvoir. Après l'immolation par le feu du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 qui a marqué le début de la révolution en Tunisie, Lina Ben Mhenni avait été la première blogueuse à se rendre à Sidi Bouzid, berceau de la révolte.

J'aime mon pays à en crever

Lina Ben Mhenni
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Dans un entretien à Elle, Lina Ben Mhenni parlait de son engagement qui ne lui rendait pas la vie facile. "Je consacre toute mon énergie à la défense des droits de l’Homme et à la lutte pour la liberté d’expression en Tunisie," disait-elle, expliquant qu'elle vivait toujours chez ses parents à 28 ans, pour des raisons de sécurité.

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"Des amis de mon père l’appelaient cinquante fois par jour pour lui dire : 'Ta fille est folle !' Mais mon père est un ancien prisonnier politique de Bourguiba. C’est grâce à lui que je n’ai pas plié devant les injures, les menaces de mort et de viol," raconte-elle à Elle.

En plus de son engagement, Lina Ben Mhenni enseignait l'anglais à la faculté des sciences sociales de Tunis. Sa chronique de la révolution en français, anglais et arabe fut le point d'orgue de son militantisme contre la dictature. En 2011, la jeune femme en avait tiré un ouvrage, Tunisian Girl, blogueuse pour un printemps arabe.

Celle pour qui le voile était "un symbole évident de l’oppression des femmes" avait continué son combat pour défendre les droits fondamentaux en Tunisie, participant malgré sa santé fragile à de nombreuses manifestations et à des procès touchant la liberté d'expression.

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