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Donald Trump et Volodymyr Zelensky
Crédit : ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, Sergei GAPON / AFP
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Donald Trump a vivement attaqué Volodymyr Zelensky, samedi 11 octobre, estimant qu'il était "temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président" afin, selon lui, d'ouvrir la voie à la fin de la guerre avec la Russie. Le président américain estime que les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes aggravent "le problème mondial" de pénurie de diesel.
Quelques heures plus tôt, Volodymyr Zelensky avait lui-même durci le ton. Le président ukrainien a dénoncé l'accord conclu entre Washington et Moscou pour l'achat massif de diesel russe, qu'il qualifie de "décision faible" de la part des États-Unis. Selon lui, cet accord permet surtout à la Russie de renflouer ses caisses et de continuer à financer son effort de guerre.
Invité sur RTL, le politologue Romuald Sciora, chercheur et directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des États-Unis à l'IRIS, rappelle que l'hostilité entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky ne date pas d'hier. "Donald Trump n'a jamais pu sentir Volodymyr Zelensky, et cela depuis le départ", affirme-t-il. Selon lui, les préférences de Donald Trump sont "depuis toujours du côté de Vladimir Poutine", plus largement en raison de son attrait pour les dirigeants autoritaires et les rapports de force assumés.
Pour Romuald Sciora, ces attaques contre Volodymyr Zelensky relèvent aussi de la politique intérieure américaine. "Nous sommes à quelques semaines des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui s'annoncent très difficiles pour Trump", explique-t-il.
Le chercheur estime que le président américain cherche à ressouder sa base électorale, en particulier son noyau dur, déçu par certaines de ses décisions internationales. Dans cette logique, poursuit-il, Donald Trump désigne Volodymyr Zelensky comme un responsable commode des difficultés du moment. Selon lui, le président américain tente donc de ressouder ce socle en lui désignant un responsable : "si tout va mal, si le prix de l'essence est si cher, ce n'est pas de sa faute (...) mais celle du méchant président ukrainien selon lui".
"Aujourd'hui, c'est un coup sans doute mortel porté à la pauvre Ukraine", affirme-t-il, avant d'ajouter plus loin : "Si les États-Unis lâchent, et ils vont lâcher l'Ukraine, c'est clair." Selon lui, un désengagement américain, qu'il soit militaire, en matière de renseignement ou de soutien plus global, laisserait les Européens sans capacité suffisante pour compenser.
Le chercheur souligne que des réactions existent en Europe, citant notamment le soutien affiché d'Emmanuel Macron à Volodymyr Zelensky. Mais il les juge encore trop limitées face à la gravité du moment. "Malheureusement l'Europe n'aura pas le poids nécessaire, même si elle réussissait, ce qui m'étonnerait, à parler d'une seule voix pour poursuivre le combat aux côtés de l'Ukraine. Et Poutine doit être sacrément heureux de ce qui se passe", estime-t-il.
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