2 min de lecture Armée

Tchad : un véhicule de l'armée française ciblé par des tirs des militaires tchadiens

Des militaires tchadiens ont ouvert le feu ce lundi 13 juillet sur les pneus d'une voiture de l'armée française. À son bord, des gendarmes qui prenaient des photos à proximité d'un site sensible à N'Djamena.

Des soldats de l'armée tchadienne sont assis à l'arrière d'un land cruiser sur le marché de Koundoul, à 25 km de N'Djamena (Illustration).
Des soldats de l'armée tchadienne sont assis à l'arrière d'un land cruiser sur le marché de Koundoul, à 25 km de N'Djamena (Illustration). Crédit : AFP
Sarah Ugolini
Sarah Ugolini
et AFP

Des militaires tchadiens ont ouvert le feu ce lundi 13 juillet sur les pneus d'une voiture de l'armée française avec à son bord des gendarmes qui prenaient des photographies à proximité d'un site sensible dans la capitale tchadienne. C'est ce qu'il ressort d'un communiqué conjoint ce mardi 14 juillet de N'Djamena et de l'ambassade de France au Tchad.

Il y a cinq semaines, deux militaires français avaient été blessés dans un incident similaire. "Ce lundi 13 juillet après-midi, un véhicule de la force Barkhane, ayant à son bord des gendarmes français s'est arrêté devant un site sensible, situé non loin de l'aéroport, pour photographier une mosquée en face de ce site sans qu'ils n'aient conscience de la sensibilité de l'endroit", explique le communiqué du ministère tchadien des Affaires étrangères et de l'ambassade.

La force française antijihadiste Barkhane, déployée au Sahel, a son siège dans la capitale tchadienne. "Les militaires tchadiens chargés de la sécurité du site en question ont procédé à des tirs d'intimidation contre le véhicule de la force Barkhane", qui "n'ont occasionné que des dégâts sur les pneus du véhicule", précise le communiqué officiel.

Le véhicule a "réussi à s'enfuir avant d'être intercepté"

Le parquet de N'Djamena a ouvert une enquête, selon ce communiqué. Selon un officier tchadien interrogé sous couvert d'anonymat, les militaires français "filmaient la résidence privée du président Idriss Déby appelée 'Palais Burkina' et la mosquée à côté de cette résidence". C'est alors, "que nos militaires en faction devant la résidence privée du chef d'Etat ont tiré sur le véhicule", a-t-il affirmé.

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Le véhicule a "réussi à s'enfuir avant d'être intercepté", selon cette source, qui précise que ces militaires français "ont reçu le secours de blindés français". Un journaliste de l'Agence France-Presse arrivé sur les lieux une heure et demie après la survenue de cet incident a observé des blindés français qui quittaient la zone.

Deux militaires français déjà blessés le 9 juin

Le 9 juin dernier, un incident similaire s'était produit à N'Djamena. Deux militaires français "en patrouille de reconnaissance à proximité du palais présidentiel", selon l'armée française, avaient été blessés par des tirs militaires tchadiens. À l'époque, un officier de la garde présidentielle avait affirmé que ces deux Français, en civil, étaient en train de filmer le palais présidentiel au moment où ils avaient été pris pour cible.

Il est interdit de stationner et encore plus, de prendre en photographie des sites présidentiels au Tchad. L'année dernière, au moins un Tchadien est décédé et un autre a été blessé par des tirs de militaires, pour avoir stationné devant le palais, selon une source sécuritaire.

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