3 min de lecture Syrie

Syrie : un raid contre un convoi humanitaire fait 12 morts

Les victimes sont des bénévoles du Croissant rouge et des conducteurs de camion. Au total, 36 civils sont morts lundi dans la province d'Alep après la fin de la trêve des combats proclamée par le régime syrien.

Un homme pleure en sortant des décombres après un bombardement en Syrie le 18 juillet 2016 dans la province d'Alep (illustration)
Un homme pleure en sortant des décombres après un bombardement en Syrie le 18 juillet 2016 dans la province d'Alep (illustration) Crédit : THAER MOHAMMED / AFP
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot
et AFP

Douze bénévoles du Croissant rouge et des conducteurs de camions ont trouvé la mort dans la région d'Alep en Syrie lundi. Un raid aérien a frappé un convoi humanitaire quelques heures après que l'armée syrienne a déclaré la "fin" de la trêve des combats. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a avancé ce bilan, n'était pas en mesure de préciser de quelle nationalité étaient les avions qui ont mené les frappes, mais aucun groupe rebelle syrien ne dispose de force aérienne.

Au total, au moins 36 civils ont péri à Alep et dans sa province dans des raids, selon la même source. Dans la métropole du Nord syrien, six civils ont été tués, tandis que quatre autres sont morts dans l'est de la province du même nom. Dans l'ouest de la province, 26 civils sont morts. Parmi eux figurent 12 bénévoles du Croissant rouge et des conducteurs de camions d'aide humanitaire. L'ONU a indiqué que le raid avait endommagé au moins 18 camions chargés d'aide humanitaire, mais n'était pas en mesure de fournir un bilan des éventuelles victimes. 

Réunion en urgence mardi

Ces camions faisaient partie d'un convoi de 31 véhicules de l'ONU et du Croissant rouge syrien qui livrait de l'aide à 78.000 personnes à Orum al-Koubra, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. Le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien s'est déclaré "très inquiet", tandis que le secrétaire d'État américain John Kerry a "réaffirmé le principe selon lequel il faut garantir aux travailleurs humanitaires impartiaux un accès sans entrave aux civils pris au piège dans les zones de conflit". 

"Plus de 40 frappes aériennes" ont été menées depuis que Damas a déclaré la "fin" du cessez-le-feu, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Car lundi, une semaine après son entrée en vigueur, l'armée du régime de Bachar al-Assad a annoncé "la fin du gel des combats qui a débuté à 19 heures le 12 septembre conformément à l'accord États-Unis/Russie". L'armée russe a, quant à elle, fait état dans la soirée d'une offensive de combattants djihadistes contre une position du régime syrien au sud-ouest de la métropole. "Les forces gouvernementales mènent actuellement des combats féroces" pour repousser les djihadistes, selon un communiqué relayé par les agences officielles russes.  

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Face à la gravité de la situation, le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble depuis novembre 2015 une vingtaine de pays et d'organisations internationales - dont les États-Unis, la Russie, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Iran - se réunira mardi à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, a annoncé lundi la diplomatie américaine. La fin de la trêve survient alors que les timides espoirs suscités initialement par l'accord russo-américain s'étaient nettement refroidis ces derniers jours avec la reprise des combats et des échanges virulents entre les deux grandes puissances. 

Acheminement au compte-goutte

John Kerry avait pourtant assuré lundi vouloir encore croire au maintien de la trêve. Elle "tient mais reste fragile", a-t-il déclaré en marge de l'Assemblée générale de l'ONU où le dossier syrien tiendra une grande place. Mais la Russie s'était montrée nettement moins optimiste, multipliant ses critiques vis-à-vis de Washington et de ses alliés. En annonçant la fin de la trêve, l'armée syrienne en a fait porter la responsabilité aux groupes rebelles qui n'ont "pas respecté une seule disposition" de l'accord. Damas a répertorié plus de 300 violations de la trêve par ces groupes.

Les rebelles et l'opposition n'avaient pas formellement approuvé l'accord russo-américain, dont ils critiquaient l'absence de garanties. Un peu avant l'annonce de son armée, le président Assad a accusé les États-Unis d'avoir commis une "agression flagrante" en menant samedi un raid contre son armée à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie, qui a fait au moins 90 morts. La coalition a affirmé que ce bombardement était une erreur de cible puisqu'elle croyait viser des djihadistes du groupe État islamique. Mais Damas a rejeté cette explication en dénonçant un raid "délibéré" selon la conseillère du président Assad, Bouthaina Chaabane.

Un autre objectif de la trêve était l'acheminement de l'aide humanitaire vers les villes assiégées, mais celui-ci ne s'est fait qu'au compte-goutte. Et, surtout, aucun des camions remplis de nourriture et de médicaments n'a pu rejoindre les quartiers rebelles d'Alep. "Nous sommes bien sûr frustrés par le fait qu'il n'y ait aucun progrès concernant Alep", a déclaré à l'AFP David Swanson, un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Au sujet de la frappe qui a touché les camions d'aide humanitaire lundi soir, le médiateur de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura, a d'ailleurs expliqué que "ce convoi était le résultat d'un long processus d'autorisation et de préparatifs pour aider des civils isolés". 

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