2 min de lecture Armes chimiques

Syrie : qu'est-ce que le gaz sarin, la substance neurotoxique qui a tué 87 personnes ?

Le régime syrien est accusé d'avoir utilisé cette substance contre une ville rebelle du nord-ouest du pays. 87 personnes sont mortes.

Dans les décombres, les civils recherches des survivants après le raid aérien chimique en Syrie, le 4 avril 2017
Dans les décombres, les civils recherches des survivants après le raid aérien chimique en Syrie, le 4 avril 2017 Crédit : AFP
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Les faits se sont déroulés le 4 avril. Une attaque chimique présumée s'abat sur Khan Cheikhoun, une ville rebelle de la province d'Idleb, au nord-ouest de la Syrie. 87 personnes ont trouvé la mort, dont 30 enfants. Immédiatement, l'opposition syrienne et les pays occidentaux, dont la France, ont condamné le régime et l'accusent d'avoir eu recours à des "obus contenant du gaz chimique". Le produit en question serait du gaz sarin. Le gouvernement syrien, allié à la Russie, réfute toute utilisation de ces substances neurotoxiques.

Dans la nuit du 6 au 7 avril, les États-Unis ripostent. Alors que les négociations au Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence, semblent mener à une impasse, les États-Unis prennent la décision d'intervenir et bombardent la base militaire d'où seraient partis les avions mis en cause dans l'attaque, à l'aide d'une cinquantaine de missiles de croisière Tomahawk. 6 personnes sont tuées, selon des sources syriennes.

Le gaz sarin, un agent toxique, inodore et invisible

Organophosphorée, un simple contact avec la peau peut être fatal. Indétectable, étant inodore et invisible, la dose létale est d'un demi-milligramme pour une personne adulte. Le produit entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire, et agit en bloquant la transmission de l'influx nerveux. Les victimes du gaz sarin souffrent de violents maux de tête et présentent des pupilles dilatées. Après ces premiers symptômes surviennent ensuite des convulsions, des arrêts respiratoires et un coma, précédant la mort.

S'il peut être utilisé en aérosol, il peut aussi servir à empoisonner l'eau ou la nourriture, affirment des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains. Si la procédure de fabrication est complexe, le gaz sarin a été découvert par hasard en 1938 en Allemagne, alors que des chimistes travaillaient sur de nouveaux pesticides.

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Si l'utilisation de ce gaz est définitivement avérée, ce n'est pas la première fois que le régime syrien a recours au gaz sarin, depuis le début de la guerre civile qui ronge le pays depuis 2011. Le 21 août 2013, une attaque particulièrement violente avait eu lieu et avait tué, selon les services de renseignement américains,1.429 personnes avec parmi elles, 426 enfants. 

In extremis, en septembre 2013, un accord russo-américain avait permis d'écarter la menace de frappes américaines en organisant le démantèlement de l'arsenal chimique syrien. Un pacte qui semble de facto rompu. Le 14 septembre 2013, l'État syrien adhère à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Jeudi 6 avril 2017, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a fait savoir qu'une enquête avait été ouverte. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères syrien, Walid Mouallem, la Syrie nie et soutient que l'aviation syrienne s'est contentée de frapper un entrepôt appartenant au Front Al-Nosra, contenant des substances chimiques.

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