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Syrie : l'armée américaine bombarde des positions de l'Etat islamique

L'armée américaine a bombardé des positions de l'Etat islamique en Syrie pour la première fois, selon le Pentagone.

Une rue de Damas en Syrie, le 15 août 2014.
Une rue de Damas en Syrie, le 15 août 2014. Crédit : LOUAI BESHARA / AFP
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et AFP

L'armée américaine et des "partenaires" ont mené pour la première fois, tôt ce mardi matin, des raids contre des positions du groupe Etat islamique en Syrie, ouvrant un nouveau front contre les jihadistes extrémistes, a annoncé le Pentagone.

C'est un tournant dans la lutte contre les jihadistes extrémistes du groupe Etat islamique, dont le centre de commandement se trouve en Syrie, et qui usent des vastes portions de territoire qu'ils y ont conquis comme base de départ de leurs offensives dans l'Irak voisin.

Raqa et la frontière visées

"Je peux confirmer que l'armée américaine et des forces de nations partenaires mènent une action militaire contre les terroristes de l'EIIL (Etat islamique) en Syrie au moyen d'avions de chasse, de bombardiers et de missiles Tomahawk", indique le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, dans un communiqué.

Il ne précise pas où les frappes ont eu lieu mais, selon le New York Times, Raqa, qui est de facto le centre du pouvoir de l'EI, a été visé de même que la frontière, très poreuse, entre la Syrie et l'Irak. Le communiqué ne dit rien non plus des partenaires qui y sont évoqués mais toujours selon le New York Times "plusieurs pays arabes alliés y ont participé" et la chaîne de télévision ABC précise qu'il s'agit du Bahrein, du Qatar, de la Jordanie, de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Objectif de destruction

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"La décision de lancer ces frappes a été prise plus tôt dans la journée par le commandant de la région militaire centre (CENTCOM, chargé des opérations dans cette région ndlr) en vertu de l'autorisation qui lui a été donnée par le commandant en chef (le président Barack Obama ndlr)", souligne le communiqué du porte-parole du Pentagone.

Le président américain Barack Obama avait prévenu le 10 septembre, dans un discours solennel, qu'il se réservait le droit de frapper l'Etat islamique y compris dans son sanctuaire syrien. "Notre objectif est clair : nous affaiblirons, et, à terme, détruirons l'EI", avait dit le président, estimant que les jihadistes sunnites appartiennent à "une organisation terroriste qui n'a d'autre vision que le massacre de tous ceux qui s'opposent à elle".

Entraîner les rebelles syriens modérés

Depuis lors, le président Obama et son secrétaire d'Etat, John Kerry ont oeuvré pour monter une coalition la plus internationale et la plus légitime possible. Plusieurs dizaines de pays ont offert de participer d'une manière ou d'une autre au combat contre l'EI, y compris une dizaine de pays arabes. La France est pour l'heure le seul allié à avoir bombardé des positions de l'EI en Irak la semaine dernière.

Les troupes de l'organisation font l'objet de bombardements quotidiens par l'armée américaine en Irak depuis le 8 août. Grâce à ces frappes, les forces irakiennes et kurdes ont pu reprendre pied et reconquérir plusieurs endroits stratégiques mais sans être en mesure de prendre totalement le dessus.

Pour autant, le président Obama ne souhaite pas engager toute la puissance militaire américaine. Il a exclu d'envoyer des troupes de combats au sol - en évitant soigneusement d'évoquer les membres des forces spéciales qui guident souvent les frappes - et il estime que le combat ne pourra être gagné contre l'EI qu'avec l'aide des rebelles syriens modérés ainsi que de l'armée irakienne et des Kurdes. La semaine dernière, le congrès américain a autorisé le président à armer et entraîner les rebelles syriens modérés.

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