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Un bâtiment détruit à Téhéran en Iran le 27 mars 2026
Crédit : AFP
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Aucun apaisement en vue entre l’Iran et les États-Unis. Après une semaine de frappes, les deux camps ont encore durci le ton mercredi 15 juillet, réduisant à néant le protocole d’accord conclu auparavant. Téhéran a maintenu la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que Washington a rétabli son blocus des ports iraniens avant de nouvelles frappes sur les côtes du pays.
L’Iran affirme que le détroit restera fermé jusqu’à la fin des "agressions" américaines. Les États-Unis, eux, ont repris mardi soir leur blocus maritime, puis bombardé à nouveau plusieurs zones iraniennes mercredi. Dans le même temps, Téhéran a visé plusieurs pays du Golfe ainsi que la Jordanie, compliquant encore les tentatives de médiation.
Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l’Iran. Depuis, les frappes atteignent un niveau inédit depuis le cessez-le-feu d’avril, même si Téhéran, ainsi que les installations pétrolières et gazières du Golfe, ne sont pas directement touchées à ce stade. Israël ne participe pas, pour l’instant, à cette nouvelle phase du conflit.
Mercredi, la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d’Iran, a de nouveau été visée par les États-Unis, tout comme les environs d’Iranshahr, dans le sud-est. Selon l’armée iranienne, sept militaires ont été tués dans leur caserne lors de 13 tirs de missiles américains. La veille et dans la nuit, des bombardements avaient déjà été signalés dans la région du détroit d’Ormuz, à Bandar Abbas, sur l’île de Qeshm et à Ahvaz.
L’armée américaine a annoncé une nouvelle "vague de frappes" mercredi. D’après le gouvernement iranien, plus de 30 civils sont morts depuis la reprise de la confrontation.
En riposte, Téhéran a ciblé Bahreïn, le Koweït et la Jordanie. Les Gardiens de la Révolution disent avoir visé des installations de la Cinquième flotte américaine à Bahreïn ainsi que le centre logistique de Mina Abdullah, utilisé par l’armée américaine.
Le détroit d’Ormuz reste l’un des points les plus sensibles de la crise. Ce passage stratégique, situé entre les eaux iraniennes et omanaises, voyait transiter en temps normal environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial. Plusieurs pétroliers y ont été attaqués ces derniers jours et le trafic s’est nettement raréfié.
L’ONU a alerté mardi sur les “graves conséquences socio-économiques et humanitaires” du blocage de cette voie maritime essentielle, dont dépendent des millions de personnes pour l’acheminement de nourriture, de médicaments et de produits de première nécessité. Sur les marchés, le baril de Brent progressait encore légèrement mercredi, autour de 85 dollars.
Les autorités iraniennes assurent que le détroit "resterait fermé jusqu’à ce que les États-Unis mettent fin à leurs actes d’agression". Les Gardiens de la Révolution ont aussi évoqué une possible fermeture d’autres voies d’exportation de pétrole et de gaz servant, selon eux, les intérêts américains et ceux de leurs alliés.
Donald Trump cherche de son côté à accentuer la pression sur Téhéran. Le président américain a lancé un nouvel ultimatum, appelant les Iraniens à reprendre les négociations sous peine de voir la situation “vraiment mal tourner” la semaine prochaine. Il a évoqué la possibilité de bombarder des ponts et des centrales électriques.
Le président américain avait pourtant semblé infléchir sa position mardi. Alors qu’il avait auparavant évoqué l’idée de prélever une redevance en échange de la protection de cette route maritime, il a finalement parlé d’“accords de commerce et d’investissements” avec les monarchies du Golfe.
Lors du précédent blocus, décidé en avril après le verrouillage d’Ormuz par Téhéran, l’Iran n’avait pas pu exporter “un seul baril de pétrole”, selon son négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf. D’après l’Institut pour l’étude de la guerre, cette opération avait joué un rôle déterminant dans la conclusion du protocole d’accord.
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