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"On coupe la tête du serpent mais on garde l'ossature" : Georges Malbrunot analyse le projet américain d'élimination de l'ayatollah Khamenei

Donald Trump avait averti Téhéran que le régime n’avait pas intérêt à tuer des manifestants sinon les États-Unis interviendraient… Une menace répétée le 8 janvier.

Donald Trump et Ali Khamenei

Crédit : AFP / Montage RTL.fr

Après Maduro, Khamenei ? Pourquoi les Etats-Unis peuvent avoir intérêt à éliminer le guide iranien

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Après Nicolas Maduro, est-ce que ça va être le tour du guide suprême iranien, l’ayatollah Khamenei ? Donald Trump s’est montré menaçant alors que les Iraniens manifestent dans la rue. Ali Khameneï pourrait être une cible… non pas d’un enlèvement comme Nicolás Maduro - l’opération serait plus risquée - mais d’une élimination pure et simple.

Donald Trump et Benjamin Netanyahou avait déjà entretenu le flou pendant la guerre entre Israël et l’Iran en juin dernier. Depuis, l’ayatollah âgé de 86 ans est un peu l’empêcheur de tourner en rond. Il adopte une position dure pour reprendre des négociations sur le dossier du nucléaire... Il refuse toute concession au grand Satan américain, son ennemi de toujours. Et il faut se souvenir que quelques heures seulement avant la capture du leader vénézuélien - qui est un allié de l’Iran - Donald Trump avait averti Téhéran que le régime n’avait pas intérêt à tuer des manifestants, sinon les États-Unis interviendraient. Un avertissement que Trump a répété le 8 janvier 2026.

Les manifestations, leur répression et ses morts continuent en Iran. En effet, le pouvoir a coupé Internet. Peut-on imaginer une issue à court terme pour cette crise ? Pas vraiment. Certes le régime n’est pas aujourd’hui menacé dans son existence, mais la situation économique est tellement mauvaise que l’on distingue mal, sauf une répression à tout va, ce qui pourrait ramener le calme… Car les caisses de l'État sont vides... L’Iran, soumise à un millefeuille de sanctions, ne vend plus son pétrole qu’à 30 dollars environ le baril, et Donald Trump redouble de pression sur son principal client la Chine pour qu’elle lui en achète moins… Difficile dans ces conditions d’apaiser la colère de la population, qui à 75% au moins rejette la République islamique et réclame, depuis des années, plus de libertés.

Qu'est-ce qu'une élimination du guide suprême iranien apporterait dans ces conditions ? Une transition sans changer de système. On coupe la tête du serpent, mais on garde l’ossature. Un peu comme au Venezuela, et pas comme en Irak en 2003… Avantage : on évite le chaos. Sachant qu’au sein même du pouvoir iranien, très peu regretteraient en vérité Ali Khamenei. "Il est âgé vous savez", confiait il y a quelques mois un diplomate iranien d’un air faussement apitoyé.

Le système toujours en place pourrait alors désigner un successeur plus ouvert, moins religieux, issu par exemple des puissants gardiens de la Révolution pour revigorer une gouvernance usée mais dont l’obsession, au-delà des grandes incantations, reste sa survie… Sachant, là encore, que personne ne croit qu’une intervention militaire extérieure pourrait faire chuter les mollahs. Même si, petit détail qui en dit long, les enfants de nombreux hiérarques ont depuis longtemps acquis des visas pour Dubaï, la Turquie voire Genève, confiait hier soir une source qui connait certains de ces rejetons prévoyants.

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