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Barack Obama, le 1er novembre 2025 en Virginie
Crédit : WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Les Américains seront "moins en sécurité" et "en moins bonne santé". Après que Donald Trump a annoncé jeudi 12 février abroger un texte servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis, un revirement majeur contre lequel s'opposaient les scientifiques et les défenseurs de l'environnement, Barack Obama s'est ému de cette décision sur les réseaux sociaux.
"Sans cela, nous serons moins en sécurité, en moins bonne santé et moins à même de combattre le changement climatique - tout cela pour que l'industrie des énergies fossiles puisse gagner encore plus d'argent", a dénoncé sur X l'ancien président démocrate, sous la présidence duquel ce texte avait été adopté en 2009 par l'Agence de protection de l'environnement (EPA).
Cette décision de son successeur républicain, annoncée en fanfare depuis la Maison Blanche, met immédiatement fin aux normes d'émissions pour les véhicules et ouvre la voie à l'annulation d'autres réglementations environnementales, notamment en matière de rejets des centrales électriques. Cela "va faire économiser des milliers de milliards de dollars aux consommateurs américains" en faisant baisser le coût des voitures, a assuré Donald Trump, climatosceptique déclaré.
Cette révocation, qui sera très probablement contestée en justice, constitue "la plus grande attaque de l'histoire des États-Unis contre les efforts fédéraux pour lutter contre la crise climatique", avait fustigé Manish Bapna, président de l'organisation environnementale américaine NRDC auprès de l'AFP peu avant l'annonce. En s'attaquant à la clé de voute des règlementations climatiques, l'administration Trump porte en effet un coup important à l'action climatique du pays, premier contributeur historique d'émissions réchauffant la planète.
Le texte en question stipulait que six gaz à effet de serre étaient dangereux pour la santé publique et tombaient donc dans le périmètre des polluants réglementés par l'agence fédérale. Cette décision avait ouvert la voie juridiquement à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l'atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les émissions des camions et des voitures. Sa révocation par cette même agence fédérale, aujourd'hui dirigée par un proche de Donald Trump, a été décriée jeudi par l'opposition démocrate.
Fustigeant son "abdication honteuse", le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer et le sénateur Sheldon Whitehouse, très mobilisé sur les questions climatiques, ont accusé dans un communiqué le gouvernement de "faire fi des faits scientifiques" afin de servir les intérêts de "grands donateurs politiques" parmi lesquels les groupes pétroliers.
Grand défenseur du pétrole et du charbon, Donald Trump a enclenché depuis son retour au pouvoir une marche arrière toute en matière de climat, sortant une nouvelle fois la première puissance mondiale de l'Accord de Paris sur le climat et détricotant de nombreuses normes environnementales.
Annoncée en juillet, sa volonté d'abroger ce texte de 2009 avait suscité l'ire de nombreux scientifiques et associations environnementales, qui dénoncent une décision contraire à la science et à l'intérêt public. Le gouvernement américain assurait pour sa part que les gaz à effet de serre ne devaient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux, et minimisait grandement le rôle des activités humaines dans le changement climatique.
Ces arguments devraient être étayés dans le texte actant cette révocation et seront scrutés de près par les organisations environnementales, qui comptent bien les contester en justice. L'affaire, qui devrait déboucher sur une longue bataille judiciaire, pourrait remonter jusqu'à la Cour suprême.
Si cette dernière, majoritairement conservatrice, s'est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudence, les plaignants relèveront que c'est l'une de ses propres décisions en 2007 qui est à l'origine de cette fameuse décision.
Ce revirement survient alors que l'année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers le monde.
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