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"Il aurait dû prendre son seau d'eau à lui" : à Aubagne, le maire critiqué après avoir emprunté du matériel aux pompiers pour sauver son cabanon dans le Var

Fin juillet, l'édile de la ville des Bouches-du-Rhône est allé protéger sa résidence secondaire à Barjols (Var) qui était menacée par les flammes. Avant de prendre la route, il a demandé une pompe, 60 mètres de tuyaux et une lance à incendie aux pompiers de sa ville. Pour les habitants rencontrés par RTL, le maire est allé trop loin. Lui défend une tradition.

Un pompier se tient à côté d'une lance à incendie lors d'un feu de forêt près de Marcheprime, à une trentaine de kilomètres de Bordeaux, le 26 juillet 2026.

Crédit : ROMAIN PERROCHEAU / AFP

"Il aurait dû prendre son seau d'eau à lui" : à Aubagne, le maire critiqué pour avoir emprunté du matériel aux pompiers pour sauver son cabanon dans le Var

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Manon Meyer & Quentin Menu

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Dans les petites ruelles pavées d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), la polémique entourant le maire, Jean-Pierre Squillari (DVG), passe mal auprès des habitants. L'édile de 74 ans, qui a pris les rênes de la ville lors des élections municipales de mars 2026, a reconnu avoir emprunté du matériel aux pompiers aubagnais pour aller protéger sa résidence secondaire à Barjols (Var) le week-end du 25 juillet. Celle-ci était menacée par les flammes alors qu'un immense incendie se propageait sur le massif du Gros Bessillon.

Pour Ahmed, un habitant croisé ce mercredi 5 août, l'action du maire est déplorable. "Je pense que c'est malhonnête de sa part de faire ça." Jean-Pierre Squillari, lui-même ancien pompier, a emprunté une pompe, 60 mètres de tuyaux et une lance à incendie au SDIS de sa commune. "Il aurait dû prendre son seau d'eau, une pompe, à lui comme tout le monde... C'est pas parce qu'il est maire qu'il a les pleins pouvoirs", tacle le jeune homme.

"Imaginons qu'il se passe quelque chose à proximité et qu'on n'a pas les moyens nécessaires pour intervenir, comment on fait ?, ajoute Youssef, un autre habitant d'Aubagne. Si tout le monde fait comme ça, c'est pas possible."


De son côté, le maire reconnaît avoir pris le matériel, mais nie avoir bénéficié d'un passe-droit. Selon lui, c'est une pratique courante chez les anciens soldats du feu d'emprunter du matériel aux pompiers. "Je n'ai pas eu de traitement privilégié, martèle-t-il. Moi, quand j'étais chef de centre ou chef de corps, les gens qui venaient demander du matériel, on le leur prêtait. Si c'était uniquement à M. Jean-Pierre Squiralli que l'on prêtait du matériel, ce serait un privilège. Mais ce n'est pas du tout le cas."

"Nous, on n'avait pas le matériel de pompiers"

L'indignation est toute aussi grande à Barjols, dans le Var. La ville, située à une heure de voiture d'Aubagne, était menacée par l'incendie de Gros Bessillon fin juillet. Contrairement à Jean-Pierre Squiralli, les habitants n'avaient pas la chance d'avoir du matériel adéquat pour protéger leurs maisons. Sur la place centrale du village, au bar PMU, l'histoire fait réagir. "Il n'aurait pas dû, déplore Véronique, une riveraine. Ce n'est pas à lui de le faire. Qu'il prenne son matériel à lui, c'est une chose, mais pas le matériel des pompiers." Son amie Jocelyne abonde : "Nous, on n'avait pas le matériel de pompiers."

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Les soldats du feu sondés sur place, à Aubagne et dans le Var, sont du même avis que les habitants. Prêter du matériel, cela se faisait il y a vingt ans, disent-ils. Mais plus vraiment aujourd'hui. Pour eux, ce n'est pas possible de laisser les outils des pompiers à des particuliers. Surtout quand les incendies sont de plus en plus nombreux et de plus en plus virulents.

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