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Un bilan ramené à huit morts, la suspecte retrouvée morte, un mobile inconnu : ce que l'on sait de la fusillade dans une école au Canada

Ce mardi 10 février, une fusillade a frappé la petite ville de Tumbler Ridge à l'ouest du Canada. Au moins huit personnes ont été tuées et une vingtaine d'autres blessées, dont deux grièvement. La suspecte retrouvée morte identifiée. Les autorités enquêtent encore pour déterminer les circonstances précises de cette attaque rare dans le pays.

Une voiture de police à Toronto, au Canada (Illustration)

Crédit : Jag Gundu / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

AFP & Yasmine Boutaba

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Les faits se sont déroulés ce mardi 10 février. Des tirs dans un collège-lycée et dans une résidence à proximité ont fait huit morts - dont cinq enfants de 12 et 13 ans et une éducatrice de 39 ansdans une région isolée de l'ouest du Canada, selon un bilan datant de ce mercredi 11 février, a indiqué la police canadienne. Le bilan a été revu à la baisse, d'après les forces de l'ordre. La suspecte, habitante de la petite commune de Tumbler Ridge, a par ailleurs abattu sa mère et son frère dans une résidence, a expliqué le commissaire adjoint de la gendarmerie royale du Canada, Dwayne McDonald. 

"J'aimerais corriger certaines informations qui ont été diffusées hier [mardi 10 février] et clarifier que neuf personnes au total sont décédées" des suites de l'attaque, en comptant la suspecte de la tuerie, décédée également, a déclaré lors d'une conférence de presse le commissaire adjoint de la gendarmerie royale du Canada, Dwayne McDonald. "Initialement, on a pensé que l'une des victimes, une femme qui souffrait de blessures graves et qui avait été transportée de la scène de crime par nos membres (des forces de l'ordre vers l'hôpital, ndlr) avait succombé à ses blessures. La police a depuis confirmé que cela n'était pas le cas. Elle est vivante", a-t-il affirmé. 

La première alerte signalant un tireur actif à l’école secondaire de Tumbler Ridge, qui regroupe collège et lycée, a été reçue le mardi en début d’après-midi, selon un communiqué de la police locale. À l’intérieur de l’établissement, les forces de l’ordre ont découvert six corps, sans compter celui du suspect. Une septième personne, blessée par balle à l’école, est décédée lors de son transfert vers l’hôpital. L’école secondaire visée par la fusillade accueille environ 160 élèves, selon son site internet. L’établissement restera fermé jusqu’à la fin de la semaine, tout comme l’école primaire de la commune reculée de 2.700 habitants située au pied des montagnes Rocheuses.

Les enquêteurs ont ensuite identifié "un second lieu (…) lié à l’assaut" : une résidence située dans la même ville. Deux autres victimes y ont été retrouvées mortes. Au total, 27 personnes ont été blessées au cours de l’attaque, dont deux dans un état grave.

Le suspect de la tuerie est une femme transgenre de 18 ans retrouvée morte

Selon les informations des services de police annoncés lors d'une conférence de presse ce mercredi 11 février, le suspect de la tuerie de Tumber Ridge est une femme transgenre de 18 ans qui portait une arme à long canon et un pistolet. A l'arrivée des forces de l'ordre sur les lieux de la tuerie dans un collège-lycée, "des coups de feu ont été tirés en leur direction" par cette personne, née de genre masculin, a expliqué le commissaire adjoint de la gendarmerie royale du Canada, Dwayne McDonald. 

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Les autorités ont indiqué que l'individu présumé être l’auteur des faits "avait été retrouvé mort, apparemment après une blessure par une balle qu’il se serait infligée". Plus tôt dans la soirée, une alerte d’urgence relayée par la presse canadienne décrivait déjà "un suspect décrit comme étant une femme brune portant une robe". 

Cependant, les autorités ont indiqué ne pas connaître le mobile à ce stade. "Il serait trop tôt pour spéculer sur les motivations à ce stade", a déclaré lors d'une conférence de presse le commissaire adjoint de la gendarmerie royale du Canada, Dwayne McDonald. Même s'ils ont précisé s'être plusieurs fois rendu au domicile de la suspecte par le passé pour des problèmes de santé mentale.

"L'une des pires tueries de masse de l'histoire"

L'affaire a profondément choqué le pays. Nina Krieger, ministre de le Sécurité publique de la province, a évoqué "l'une des pires tueries de masse de l'histoire" du Canada. "Nous allons nous rassembler et faire en sorte d'être à l'écoute de ceux qui veulent parler" après cette "grande tragédie", a déclaré Darryl Krakowka, le maire de Tumbler Ridge, auprès de la chaîne publique CBC. La famille royale britannique s'est également dite "profondément choquée et attristée" par ce drame, dans un communiqué du roi Charles III, également chef d'Etat du Canada. 

Un responsable de la police, Ken Floyd, a lui décrit une "scène épouvantable" à l'arrivée des forces de l'ordre. Darian Quist, élève dans l'établissement, a expliqué à CBC qu'il se trouvait en cours de mécanique quand on leur a annoncé le confinement de l'école. "Nous avons pris des tables et barricadé les portes pendant plus de deux heures" jusqu'à l'arrivée de la police, a-t-il raconté. 

Ce type d'attaque est exceptionnel dans les écoles canadiennes. Elle frappe une ville minière connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique. "Mon plus jeune enfant vient tout juste de sortir du lycée (...). Ma fille aînée travaille à 300 mètres de l'école. Il s'en est fallu de peu", a raconté mardi au soir à l'AFP Trent Ernst, journaliste local et ancien enseignant suppléant au lycée de Tumbler Ridge. "Des fusillades dans des écoles au Canada, c'était une toutes les quelques années (...). Mais quand ça se produit dans votre ville, les choses déraillent complètement", a-t-il ajouté. 

Des fusillades rares mais en hausse

Les attaques de ce type demeurent rares au Canada, même si la Colombie-Britannique avait déjà été frappée en avril dernier. Un homme avait alors tué onze personnes à Vancouver en fonçant avec son camion sur une foule rassemblée pour un festival culturel philippin.

En avril 2020, le pays avait connu la tuerie la plus meurtrière de son histoire : un homme déguisé en policier, circulant à bord d’un faux véhicule de police, avait abattu 22 personnes, dont un policier, en Nouvelle-Écosse. Il avait été tué par les forces de l’ordre après plus de douze heures de traque. Le 6 décembre 1989, un homme se revendiquant "antiféministe" avait ouvert le feu dans une université de Montréal, tuant treize étudiantes et une secrétaire avant de se suicider.

À la suite du massacre de 2020, Ottawa avait interdit 1.500 modèles d’armes d’assaut. Malgré cela, les statistiques officielles font état d’une hausse constante des crimes violents commis avec des armes à feu au cours de la dernière décennie. En 2023, le Canada a enregistré 14.416 infractions impliquant une arme à feu, soit 36,9 incidents pour 100.000 habitants, en augmentation de 55% par rapport à 2013.

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