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Miami : une mamie hippie se bat pour continuer à vivre dans sa cabane dans les arbres

Parce qu'elle ne respecte pas les normes administratives, les autorités lui ont demandé de quitter son logis qu'elle adore. Mais Shawnee n'a pas l'intention de céder.

Le "paradis de Shawnee" n'est pas un endroit de repli pour se cacher
Le "paradis de Shawnee" n'est pas un endroit de repli pour se cacher
Crédit : Miami Herald
Miami : une mamie hippie se bat pour continuer à vivre dans sa cabane dans les arbres
03:00
Philippe Corbé & Loïc Farge

Shawnee a 65 ans. C'est mamie une hippie, aux cheveux mauves. Elle gagne sa vie en vendant du pop-corn bio. Ce qu’elle aime le plus au monde c’est d’embrasser, d’enlacer les arbres. C'est pour cela qu’elle vit dans une cabane depuis plus de vingt-cinq ans, au milieu des arbres. Elle est maladivement claustrophobe. Dans sa cabane aménagée, il y a un bureau, une cuisine, le tout à l’air libre. Pour la chambre, il faut monter un escalier en bois construit autour d'un large tronc d'arbre, sans marcher sur ses deux chats, ses deux chiens et ses deux ratons-laveurs. Le tout au milieu d’un jardin tropical où coule une cascade.

Attention, cette cabane - qu’elle appelle "le paradis de Shawnee" - ce n’est pas un endroit de repli pour se cacher. C'est là qu’elle vit, à plein temps. Il faut dire qu’il fait doux à Miami, même en hiver. Ce qu’elle redoute, ce sont les tornades. Et les embêtements administratifs. Elle n’a pas le droit de vivre dans une cabane, car elle ne respecte pas les normes. Le comté de Miami lui a déjà infligé une amende de 3.000 dollars. Si elle s’obstine, elle va devoir en payer une autre de 7.000.

Elle avait aussi dans son jardin une hutte qu’elle louait sur Airbnb. C'est désormais interdit, donc elle n’a plus de revenus, elle est ruinée. Shawnee n’a pas les moyens de payer les rénovations exigées par les services administratifs pour respecter la loi, les conditions de sécurité. Si elle ne fait pas les travaux dans les trois mois, elle va devoir démolir. Elle risque même de perdre son terrain. Elle estime que ça lui coûterait 150.000 dollars pour mettre sa cabane aux normes.

Expérience des combats perdus d’avance

Car elle a bricolé elle-même l’alimentation en eau, l’électricité. Elle a la télé, son mixer pour ses jus de carottes, un petit frigo, une petite gazinière. La seule chose qu’elle trouve inconfortable ce sont les moustiques. Il y en a beaucoup dans le sud de la Floride. Elle ne peut pas fermer les fenêtres… car il n’y a pas de fenêtre.

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Elle veut tout faire pour garder sa cabane. Comme dit Shwanee, elle s’est déjà battue pour mettre fin à la guerre du Vietnam dans les années 60. Elle a l’expérience des combats qui semblent perdus d’avance. Dans les années 80, elle a marché de Los Angeles à Washington pour protester contre la course aux armements nucléaires. Cela fait 4.300 kilomètres avec deux enfants dans la carriole.

Elle va se battre car cette cabane, ces arbres, c’est ce qui l’a raccroche à la vie. Elle ne veut pas quitter cet endroit où a vécu son fils, décédé il y a sept ans. Shawnee confie que vivre là, au milieu des arbres, l’aide à rester "connectée" avec lui.

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