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Mali : l'attaque de l'hôtel de Sévaré revendiquée par un cadre jihadiste

Un cadre jihadiste malien proche de Mokhtar Belmokhtar a revendiqué l'attaque contre l'hôtel Bybos à Sévaré.

Un véhicule calciné devant l'hôtel Bybos après l'attaque, le 8 août 2015.
Un véhicule calciné devant l'hôtel Bybos après l'attaque, le 8 août 2015.
Crédit : AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

L'attaque contre un hôtel de Sévaré, dans la région de Mopti (centre du Mali), ayant fait 13 morts selon un bilan officiel, a été revendiquée mardi par un cadre jihadiste proche du prédicateur islamiste radical malien Amadou Koufa et lié à l'Algérien Mokhtar Belmokhtar.

"La main de Dieu a guidé les moudjahidine à Sévaré contre les ennemis de l'islam. Quinze cafres (infidèles) et leurs complices ont été tués", a déclaré ce cadre jihadiste, Souleyman Mohamed Kennen, dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l'AFP à Bamako dans la nuit de lundi à mardi. Le bilan officiel de cette attaque contre l'hôtel Byblos de Sévaré, où séjournaient régulièrement des étrangers, est de 13 morts : quatre militaires maliens, cinq employés de sociétés sous-traitantes de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) et quatre assaillants.

"Le cheikh Amadou Koufa a aussi donné sa bénédiction pour l'attaque", a ajouté Souleyman Mohamed Kennen, réputé un de ses proches mais qui a aussi fait partie en 2012 de l'aile malienne de combattants pour Mokhtar Belmokhtar. Le nord du Mali était alors sous contrôle de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) - dont Belmokhtar est un membre fondateur - et Ansar Dine, fondé par un ex-chef rebelle touareg malien Iyad Ag Ghali.

Responsable d'une autre attaque contre des militaires lundi

Souleyman Mohamed Kennen a aussi affirmé que les "moujadihine" étaient derrière une autre attaque ayant tué trois militaires maliens lundi vers Ténenkou, dans la région de Mopti, et a promis "d'autres attaques contre les ennemis de l'islam". Selon le gouvernement malien, trois militaires maliens ont péri et quatre ont été blessés lundi "vers 12h30" (locales et GMT) par un engin explosif improvisé qui a sauté au passage de leur véhicule près de Diabozo, dans la zone de Ténenkou.

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Avant cette revendication, les soupçons des enquêteurs maliens se portaient vers un groupe récent allié d'Ansar Dine, le Front de libération du Macina (FLM). Le Macina est le nom donné par certains à une partie du centre du Mali. Apparu début 2015, le FLM, qui recrute essentiellement dans la communauté peule, est un mouvement allié à Ansar Dine.

 "Il y a une passerelle entre tous ces groupes jihadistes. En revendiquant le coup de Sévaré, Souleyman parle aussi pour les autres groupes jihadistes", a affirmé une source de sécurité régionale. Pour elle, "il n'est pas du tout impossible que des groupes islamistes traditionnels aient aidé à l'organisation de l'opération" jihadiste à Sévaré.

Des numéros de téléphones et des adresses trouvés sur les corps des assaillants

Selon une source proche de l'enquête dans cette ville à environ 12 km de Mopti et plus de 620 km de Bamako, les enquêteurs maliens ont retrouvé "des numéros de téléphone et des adresses" sur les corps de "terroristes" tués lors de l'assaut donné par les forces maliennes contre eux après près de 24 heures de siège.

"Ces données vont aider les enquêteurs à avancer plus vite", avait assuré cette source jointe lundi, indiquant que la piste du FLM se précisait. Une piste avancée également par une source militaire malienne, faisant état de "forts soupçons" sur le FLM. La région de Mopti se situe à la lisière du vaste Nord malien d'où les jihadistes ont été en grande partie chassés et dispersés par une intervention militaire internationale déclenchée en janvier 2013 à l'initiative de la France.

Le nombre total d'assaillants toujours inconnu

Cinq jours après l'attaque de l'hôtel Bybos, le nombre total d'assaillants demeurait inconnu. Le bilan définitif de l'opération communiqué dimanche par le gouvernement malien mentionne cependant "sept suspects arrêtés", sans plus de détails. Un militaire basé à Sévaré avait affirmé lundi que "des traces" des assaillants avaient été découvertes dans un bâtiment près du Byblos. "On croit qu'ils ont dormi là-bas et qu'après, ils ont attaqué l'hôtel", avait-il dit.

L'attaque a dévasté l'hôtel Byblos : ses murs sont criblés de balles et percés de trous d'obus, un véhicule calciné visible devant l'entrée. Dans certaines chambres aux portes arrachées, le sol était jonché de débris ou d'habits, draps et oreillers maculés de sang, selon les premières images obtenues par l'AFP.

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