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Le Vatican reconnaît l'État de Palestine

Pour le Saint-Siège, la Palestine est un État à part entière, avec qui l'Église s'apprête à signer un accord officiel. Une position qui mécontente Israël.

L'x-président israélien Shimon Peres,le pape François et le président palestinien Mahmoud Abbas au Vatican le 8 juin 2014
L'x-président israélien Shimon Peres,le pape François et le président palestinien Mahmoud Abbas au Vatican le 8 juin 2014
Crédit : FILIPPO MONTEFORTE / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Les Palestiniens se félicitent, pas Israël... Le Vatican s'apprête à signer avec "l'État de Palestine" un accord sur les droits de l'Église catholique dans les Territoires, confirmant sa pleine reconnaissance de la Palestine, alors que les négociations sur un accord similaire avec Israël piétinent.

Même si le Vatican parle d'"État de Palestine" depuis début 2013, à la suite du vote de l'ONU, les Palestiniens estiment que cette signature équivaut à "une reconnaissance de facto" de leur État, tandis qu'Israël fait part de sa "déception".

L'accord, négocié depuis 15 ans, porte sur le statut et les activités de l'Église catholique dans les territoires palestiniens, a annoncé mercredi 13 mai un communiqué du Saint-Siège. Il sera signé "dans un avenir proche", après avoir été soumis aux autorités respectives.

Un ambassadeur de Palestine pour le Vatican

Selon l'agence spécialisée I.Media, la signature pourrait avoir lieu dès ce week-end, lors de la visite du président palestinien Mahmoud Abbas à l'occasion de la canonisation dimanche de deux religieuses palestiniennes, Mariam Bawardi et Marie-Alphonsine Ghattas.

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Depuis plus de deux ans, le Vatican se conforme à la formulation retenue par l'ONU, qui a admis en novembre 2012 la Palestine comme État observateur Mais le Saint-Siège regrette que l'État en question n'existe pas encore vraiment.

Le 12 décembre 2013, François avait reçu les lettres de créance d'un ambassadeur de Palestine, Kassissieh Issa, qui figure dans l'annuaire pontifical comme "ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, représentant de l'État de Palestine auprès du Saint-Siège".

Solution à deux États

"Il est très clair que le Saint-Siège considère la Palestine comme État de Palestine (...) Ce qui est nouveau, c'est que pour la première fois cela est exprimé à l'occasion d'un accord", a expliqué à l'AFP le porte-parole du Vatican Federico Lombardi.

L'accord sur la place de l'Église dans les Territoires palestiniens exprime aussi le soutien du Vatican à une solution "du conflit entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre de la formule de deux États", a expliqué Mgr Antoine Camilleri, chef de la délégation du Saint-Siège, dans un entretien à l'Osservatore Romano.

Mgr Camilleri a exprimé l'espoir que l'accord puisse "même de manière indirecte (...) aider les Palestiniens à voir établi et reconnu un État de la Palestine indépendant, souverain et démocratique, vivant dans la paix et la sécurité avec Israël et ses voisins".

Relations tendues entre le Vatican et Israël

Pour l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), cet accord fait du Vatican le 136e pays à avoir reconnu l'État de Palestine. "Cette reconnaissance inclut celle des frontières de 1967 et donc de Jérusalem-Est palestinienne, une position courageuse du Vatican", a assuré un responsable palestinien.

Pour Israël, en revanche, "une telle décision ne fait pas avancer le processus de paix et éloigne la direction palestinienne de la table des négociations bilatérales", selon un responsable du ministère des Affaires étrangères. "Israël va examiner cet accord et considérer les suites à donner", a-t-il ajouté. 

Le Saint-Siège, qui a des relations diplomatiques avec Israël depuis 1993, négocie également depuis 1999 un accord sur les droits juridiques et patrimoniaux des congrégations catholiques dans l'État hébreu, en particulier leurs exonérations fiscales. Mais chaque rencontre semestrielle se solde par un échec.

Position délicate

Le Vatican mène un exercice diplomatique délicat entre Israël et les Palestiniens, des communautés catholiques étant implantées des deux côtés dans ce berceau du christianisme, qui reste lieu important de pèlerinage.

D'un côté, il veut éviter de froisser Israël et de réveiller les reproches liés au rôle de l'Église dans l'histoire de l'antijudaïsme en Europe. Mais il milite aussi pour une solution à deux États, pour un statut spécial reconnu à Jérusalem, ville des trois monothéismes, et pour les droits des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.

Lors de sa visite dans la région en mai 2014, le pape François avait d'ailleurs fait un arrêt impromptu devant le mur de séparation côté palestinien, ce qui avait été très mal perçu côté israélien.

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