2 min de lecture Immigration

Le nouveau business de l'immigration clandestine

REPLAY - Pour faire passer les migrants, les trafiquants très organisés n'hésitent plus à acheter des énormes cargos, qu'ils abandonnent ensuite au large des côtes italiennes, laissant des réfugiés à l'abandon.

Yves Calvi 3 Minutes pour Comprendre La rédaction de RTL iTunes RSS
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3 minutes pour comprendre le nouveau business de l'immigration clandestine Crédit Image : ALFONSO DI VINCENZO / AFP | Crédit Média : Emilie Bauhard | Durée : | Date : La page de l'émission
Raphaël Bosse-Platière
Raphaël Bosse-Platière
et La rédaction de RTL

450 migrants ont encore été secourus vendredi 2 janvier au large de l'Italie, alors qu'ils dérivaient sur un cargo abandonné par l'équipage. Les réfugies à bord du navire ont été repérés par les garde-côtes italiens, qui sont venus reprendre le contrôle de l'appareil, abandonné par l'équipage.

Pas moins de trois cargos, chargés au total de près de 2.000 personnes, hommes, femmes et enfants, en majorité originaires de Syrie, ont débarqué sur les côtes italiennes depuis le 20 décembre.

Désormais, les migrants ne traversent plus la Méditerranée sur des embarcations de fortune ou des chaloupes surchargées - dont beaucoup coulaient avant d'atteindre leur but - comme on a pu le voir à de nombreuses reprises ces derniers mois. Cette fois, il s'agit de cargo de plus de 80 mètres de long. Ces appareils sont toujours en activité et aptes à la navigation.

On est face à des mafias très organisées

François Gemène
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Pour François Gemène, spécialiste des flux migratoires, c'est la preuve que l'immigration clandestine est passée à un autre niveau. "Ici on est vraiment face à des trafiquants sans fois ni loi, à des réseaux criminels avec des moyens considérables, qui leur permettent d'acheter ces gros cargos, raconte-t-il. Cela demande d'avoir énormément d'informateurs et de relais. On est face à des mafias très organisées"

Un trafic juteux

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Car leur business est très lucratif. Pour voyager sur ces cargos, les migrants ont déboursé chacun entre 3.000 et 5.000 dollars. Pour le navire qui transportait 800 migrants, on estime à près de 4 millions de dollars le butin récolté par les trafiquants. 

De quoi acheter le navire et surtout des complices dans les ports. Pour embarquer sur de tels vaisseaux, il est quasiment impossible que les migrants montent à bord en pleine mer. Il leur faut un port. Il faut aussi avoir les capacités et les contacts nécessaires pour repérer des navires vieillissants et les acheter à des propriétaires peu regardant. 

Et s'ils sont autorisés à naviguer, c'est parce que ces appareils ne sont pas des bateaux fantômes. Ils sont vieux, mais toujours en activité.

"Soyons réalistes, c'est pratique, explique Jacky Bonnemains, de l'association Robin des bois. Vous avez un vieux rafiot, qui n'est surveillé par personne, qui n'est pas surveillé par son pavillon puisqu'il est du Sierra Leone. C'est un bateau qui pouvait transporter 400 têtes de bétails, ils pouvait en faire autant avec 500 ou 600 hommes", dénonce-t-il au sujet du dernier en date, l'Ezadeem.

Des candidats toujours plus nombreux

Ensuite, les trafiquants utilisent le droit maritime international pour abandonner les migrants en pleine mer Méditerranée, laissant aux marines grecque ou italienne le soin de les secourir. D'ailleurs, il n'est pas rare que les passeurs, avant de s'enfuir, laissent à bord un téléphone satellite pour que les naufragés appellent eux-mêmes les secours.

Ce nouveau business de l'immigration clandestine s'appuie aussi sur une demande. Les candidats à l'immigration sont de plus en plus nombreux. Et ceux qui ont les moyens n'hésitent pas à payer plus cher pour une traversée qu'ils estiment plus sûre en cargo que sur les embarcations de fortune.

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