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Le comité Nobel pourrait s'ouvrir aux personnalités étrangères

Échaudée par la brouille avec la Chine après le prix Nobel de la paix attribué à un dissident chinois, la Norvège envisage de faire entrer des personnalités étrangères de premier plan au comité Nobel.

La médaille du prix Nobel de la Paix 2010, attribué au dissident chinois Liu Xiabo
La médaille du prix Nobel de la Paix 2010, attribué au dissident chinois Liu Xiabo
Crédit : AFP / BERIT ROALD
La rédaction numérique de RTL & AFP

Le comité Nobel, qui décerne le prestigieux prix de la paix, pourrait accueillir en son sein des personnalités internationales, comme Kofi Annan ou Hillary Clinton. Le but, éviter à la Norvège des mésaventures comme sa brouille avec Pékin.

Quatre ans après l'attribution du Nobel de la paix au dissident chinois Liu Xiaobo, en 2010, Oslo cherche toujours à renouer des liens avec la Chine. Entre autres contorsions, le gouvernement a refusé de rencontrer le dalaï lama --autre prix Nobel-- quand il est venu dans le pays début mai.

La Norvège, soucieuse d'éviter tout nouvel amalgame, a engagé un débat sur la meilleure façon de démontrer au reste de la planète que le comité Nobel n'est pas une de ses instances politiques. Et ce, alors que ses membres sont désignés par le Parlement norvégien conformément aux vœux d'Alfred Nobel (1833-1896).

Ouverture du comité Nobel

"Il faut absolument envisager d'ouvrir le comité à des personnes plus diverses, une possibilité étant d'examiner l'entrée d'étrangers", affirme le directeur de l'Institut de recherche sur la paix à Oslo (Prio), Kristian Berg Harpviken, qui prône une telle réforme de longue date. "Les politiciens chevronnés y ont leur place, mais on devrait aussi élargir le recrutement pour d'une part disposer de compétences plus variées et d'autre part avoir un comité qui soit moins le reflet de la politique norvégienne", explique-t-il.

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Au fil de son histoire plus que centenaire, le comité a rompu ses liens en apparence incestueux avec le pouvoir en interdisant en 1936 aux ministres en exercice d'y siéger, puis en 1977 aux députés. Mais à l'heure de choisir de nouveaux membres, les partis politiques récompensent généralement leurs vétérans : l'actuel président Thorbjoern Jagland a par exemple été Premier ministre et ministre des Affaires étrangères travailliste.

Même s'il est apparu que le chef de la diplomatie, Jonas Gahr Stoere, avait mis en garde contre les conséquences d'un Nobel à Liu Xiaobo, le régime chinois a eu beau jeu d'y voir une ingérence de la Norvège dans sa politique intérieure.

Renouvellement des membres du comité Nobel

Trois des cinq membres du comité, dont Thorbjoern Jagland, doivent être renouvelés à l'automne. Le parti conservateur est appelé à en choisir deux, et les travaillistes un. Les noms de l'ancien secrétaire général de l'ONU, le Ghanéen Kofi Annan, Nobel de la paix en 2001, de l'ex-chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton ou encore de l'actuel ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt ont été avancés.

"Ce ne sont pas de mauvaises propositions", réagit le président du groupe conservateur au Parlement, Trond Helleland, interrogé par l'AFP. "Nous sommes ouverts à une réflexion sur des candidats ayant des profils différents d'avant. Ce pourrait être des universitaires ou éventuellement des étrangers", a-t-il déclaré.

Carl Bildt est toutefois en poste, et on prête à Hillary Clinton des vues sur la Maison Blanche. "L'idée de rompre les liens avec le monde politique doit s'appliquer à des membres étrangers au même titre qu'aux membres norvégiens", fait valoir Berg Harpviken.

Débat autour de l'actuel président du comité

Si les conservateurs se décideront après l'été, les travaillistes comptent reconduire Thorbjoern Jagland, qui pourrait rester président même si la majorité du comité s'apprête à basculer à droite. "Renverser Jagland cet automne à la faveur du renouvellement partiel du comité serait perçu comme une nouvelle génuflexion devant la Chine après l'épisode du dalaï lama", analyse Asle Sveen, historien spécialiste du Nobel. "Sa position est donc renforcée".

Souvent peu amènes à son égard, les médias font aujourd'hui corps autour de lui, à un moment où la Chine est suspectée de vouloir son départ à tout prix.

S'interrogeant sur les motivations qui ont conduit l'ex-ambassadeur de la Norvège à l'Onu, Morten Wetland, à révéler récemment le courroux de la Maison Blanche après l'attribution du Nobel à Barack Obama en 2009, le quotidien de référence Aftenposten a avancé l'hypothèse d'"une campagne de dénigrement" visant Thorbjoern Jagland. Selon le journal, elle serait pilotée, pour le compte d'"intérêts chinois", par la société de relations publiques où Morten Wetland travaille aujourd'hui. L'ex-diplomate a catégoriquement démenti avoir été mandaté par Pékin, mais reconnu avoir comme clients des entreprises ayant des intérêts en Chine.

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