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La Russie sous pression : un deuxième décès ravive les soupçons autour de la peste après l'accident dans un laboratoire

L'OMS demande à la Russie de clarifier les circonstances de la mort suspecte d'une laborantine en Sibérie, après des informations évoquant un deuxième cas de pneumonie inexpliquée dans un institut spécialisé dans l'étude de la peste.

Photo d'archive non datée diffusée par l'Institut de recherche antipeste d'Irkoutsk.

Crédit : Handout / Irkutsk Antiplague Research Institute / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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La pression s'accentue sur Moscou. Quelques jours après la mort d'une employée d'un institut spécialisé dans l'étude de la peste à Irkoutsk, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réclame davantage d'informations à la Russie. L'organisation cherche notamment à faire la lumière sur des informations de presse faisant état d'un deuxième employé atteint d'une pneumonie d'origine indéterminée.

L'OMS cherche toujours à déterminer les circonstances exactes de la mort de Daria Chipilova, employée de l'Institut de recherche antipeste d'Irkoutsk, décédée après avoir développé une pneumonie sévère. Moscou assure de son côté qu'aucun cas de peste n'a été récemment détecté dans la région et que les personnes ayant été en contact avec la jeune femme ont été placées sous surveillance médicale.

Cette demande de précisions intervient alors que plusieurs versions contradictoires circulent depuis quelques jours concernant le décès de Daria Chipilova. Les médias russes locaux ont d'abord déclaré que la laborantine avait été contaminée après avoir cassé un tube à essai contenant l'agent pathogène responsable de la peste. 

Une version contestée par l'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor. Celle-ci affirme que les prélèvements biologiques effectués sur la jeune femme n'ont révélé aucun micro-organisme lié à son activité professionnelle et qu'aucun incident n'a été recensé dans le laboratoire où elle travaillait.

Le Kremlin dénonce une multitude de "fausses informations"

Le Kremlin a affirmé mercredi que la "grande majorité" des informations publiées par les médias sur cette mort suspecte étaient "fausses". Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a appelé à s'en tenir exclusivement aux déclarations de l'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor. "Les médias disent beaucoup de choses. Et la grande majorité de ce qu'ils rapportent sur cette situation sont des informations fausses", a-t-il ajouté lors de son point presse quotidien.

L'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor a assuré qu'il n'existait aucun "risque épidémique" pour les habitants d'Irkoutsk et de sa région après la mort d'une laborantine travaillant dans un institut spécialisé dans l'étude de la peste, alors que les appels à davantage de transparence se multiplient. "La surveillance médicale de plus de 90% des personnes ayant été en contact avec la patiente est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté", a indiqué l'agence de santé publique.

L'OMS estime également, sur la base des informations actuellement disponibles, que le risque pour la population générale reste faible. Elle demande toutefois à Moscou des précisions sur la cause de la pneumonie sévère qui a entraîné la mort de la laborantine, sur l'agent pathogène ayant conduit à la mise en place de mesures sanitaires et sur le possible deuxième cas évoqué dans les médias.

Donald Trump veut en parler à Vladimir Poutine

La situation préoccupe également les États-Unis. Donald Trump a affirmé qu'il comptait échanger "très bientôt" avec Vladimir Poutine au sujet de cette affaire. Interrogé mercredi, Dmitri Peskov a toutefois assuré qu'un tel entretien n'avait "pas fait l'objet de discussions concrètes pour l'instant".
L'Union européenne a elle aussi demandé mercredi à la Russie des informations "rapides et transparentes". "Nous avons appelé la Russie à fournir des informations rapides et transparentes sur cet incident survenu dans un laboratoire en Sibérie, car nous estimons qu'il est nécessaire de disposer de données épidémiologiques et microbiologiques fiables", a déclaré Eva Hrncirova, porte-parole de la Commission européenne, assurant que Bruxelles suivait "la situation de très près". 


La Mongolie, pays voisin de la Russie, a indiqué renforcer la surveillance à sa frontière. "Bien que le risque soit faible, le ministère de la Santé a donné pour instruction aux organismes compétents de prendre des mesures de précaution et de maintenir une surveillance et un suivi continus afin de prévenir les risques potentiels", a dit le ministère de la Santé dans un communiqué. "Des mesures de surveillance et de suivi sanitaires sont mises en oeuvre à la frontière" où les opérations "se poursuivent normalement", a-t-il ajouté. 


L'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor a estimé mercredi qu'il n'existait "aucun risque épidémique pour la population d'Irkoutsk et de la région d'Irkoutsk". Selon cette source officielle, près de 5.000 tests ont été réalisés, sans qu'aucun ne révèle la présence d'agents pathogènes dangereux.

Quel risque pour la région ?

Un porte-parole de l'OMS avait indiqué mardi que le risque pour la région allait de "modéré à faible". Les experts en santé publique ont également appelé au calme face à cet incident. Près de 50.000 cas humains de peste ont été déclarés à l'OMS entre 1990 et 2020 par 26 pays d'Afrique, Asie et Amérique.

Face à ces résurgences, les autorités sanitaires ont dû "identifier les personnes touchées, leurs contacts, les placer en quarantaine et leur administrer des antibiotiques", a rappelé mardi Simon Clarke, professeur associé de microbiologie cellulaire à l'université britannique de Reading, sur les ondes de Times Radio.

"Cela nécessite d'importantes ressources. Mais les Russes devraient être en mesure de gérer la situation", a-t-il affirmé.

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