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Un patient Covid 19 transféré le 3 septembre 2021 au CHU de Pointe-à-Pitre.
Crédit : Carla BERNHARDT / AFP
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Les autorités l'assurent : la situation est sous contrôle. Mais depuis des décennies, particulièrement après le désastre de Tchernobyl, un doute subsiste toujours quand les Russes tentent de rassurer la population. Alors depuis le 2 octobre dernier, difficile de ne pas s'interroger sur le cas de Daria Chipilova, technicienne de laboratoire morte dans l'est du pays, vraisemblablement après avoir été contaminée par la peste pulmonaire.
Tout commence le 25 septembre dernier, comme le relate le média américain Axios, lorsque la jeune femme de 28 ans, employée de l'institut antipaludique d'Irkoutsk, un établissement ouvert par les Soviétiques en 1934 et qui étudie précisément les agents infectieux les plus dangereux du monde, manipule un tube à essai.
Selon des médias locaux, se trouve dans cette éprouvette en verre un agent pathogène du nom de Yersinia pestis, la bactérie responsable de la peste. Les médias locaux parlent même de peste pulmonaire, celle qui attaque les poumons et qui peut se transmettre entre humains.
Un terme par ailleurs réutilisé par Alexeï Tsydenov, gouverneur de la région russe de Bouriatie, qui a lui aussi évoqué dans un message sur les réseaux sociaux qu'une femme dans la région voisine d'Irkoutsk était "morte de la peste", comme le rapporte l'AFP. Mais ce message a depuis été modifié, afin de ne plus faire apparaître le terme de "peste".
Très peu d'informations ont filtré sur la manière dont l'incident a été géré au sein du laboratoire. Ce que l'on sait, toutefois, est que l'état de santé de Daria Chipilova commence à se dégrader rapidement après son exposition à la bactérie. La laborantine russe est admise à l'hôpital le 29 septembre dernier, pour traiter ce qui s'apparente à une pneumonie ou à un virus de type Covid-19, comme évoqué par Euronews.
Malgré les efforts des médecins, la maladie progresse et devient intraitable. Placée sous respiration artificielle, Daria Chipilova succombe à la peste pulmonaire dans la nuit du jeudi 1ᵉʳ au vendredi 2 octobre.
Sur place, les mesures de précaution se multiplient. Jusqu'à 200 personnes avec lesquelles l'employée du laboratoire aurait pu être en contact ont été placées en quarantaine, selon le média local Lyudi Baikala.
Toujours d'après ce média, trois hôpitaux municipaux de la région d'Irkoutsk et un hôpital pour enfants ont été placés en quarantaine.
Lyudi Baikala raconte aussi que des habitants de la ville de Chelekhov, 50.000 habitants, ont croisé dans les rues des hommes en combinaison de protection intégrale. Dans les jardins d'enfants, des masques auraient été distribués aux riverains pour se protéger. À l'usine d'aluminium de la ville, là aussi, le port du masque a été imposé à tous les ouvriers.
Malgré tout, si elle était restée dans un premier temps silencieuse, l'agence fédérale de protection de la santé publique russe Rospotrebnadzor a communiqué ce dimanche 4 octobre afin de tempérer les peurs. Selon les services fédéraux, cités par le média The Insider en Russie, Daria Chipilova est morte des suites d'une "pneumonie d'étiologie inconnue" qui n'a vraisemblablement pas de lien avec ses "activités professionnelles".
"L’infection détectée dans la région d’Irkoutsk n’est très probablement pas la peste, mais même si cela venait à être confirmé, il n’y aurait pas de propagation de la maladie", assure Rospotrebnadzor.
Faut-il alors s'inquiéter d'une propagation plus globale de la bactérie, à l'image de la propagation de la Covid-19 en 2020 ? "Non, il n'y a rien d'inquiétant", assure le virologue Jean-François Saluzzo auprès de RTL.
"La transmission interhumaine, effectivement, existe dans la peste. C'est ce qu'on appelle la peste pulmonaire. Ça a été à l'origine des grandes pandémies de peste au Moyen-Âge. Dans le cas présent, il s'agit d'une personne qui s'est contaminée accidentellement, donc ça ne vient pas d'un cycle naturel", analyse l'expert en virologie.
"Le seul risque qu'il peut y avoir, ça serait des transmissions au niveau hospitalier. Je pense qu'ils ont pris des mesures nécessaires pour éviter cette transmission. Mais de là à dire que l'agent infectieux peut diffuser dans le monde, il n'y a aucun risque", ajoute Jean-François Saluzzo.
Toujours est-il que du côté des États-Unis, la situation est surveillée de près par le gouvernement américain. D'après Axios, l'administration Trump "est au courant, surveille l'épidémie et évalue les options".
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