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L'Islande, bientôt membre de l'Union européenne ? Les citoyens islandais appelés à se prononcer dans un référendum "très serré"

Les Islandais votent ce samedi sur une reprise des négociations d’adhésion à l’Union européenne, treize ans après leur gel par un gouvernement eurosceptique. Le scrutin, très serré selon les sondages, ravive les débats sur la souveraineté, la pêche, l’euro et la sécurité dans un contexte géopolitique tendu. À Bruxelles, ce référendum en Islande est observé de très près.

Vue aérienne de la capitale de l'Islande, Reykjavik, le 28 août 2026.

Crédit : Halldor KOLBEINS / AFP

En Islande, les citoyens appelés à se prononcer sur la reprise des négociations pour entrer dans l'Union européenne

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Sophie Joussellin & Eléonore Aparicio & AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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Les électeurs islandais sont appelés aux urnes ce samedi 29 août pour décider s’il faut rouvrir les négociations d’adhésion à l’Union européenne. Treize ans après l’arrêt des discussions, ce référendum remet au premier plan une question sensible dans ce pays de près de 400.000 habitants, partagé entre ancrage européen et défense de sa souveraineté.

La consultation s’annonce particulièrement disputée. Selon une dernière enquête Gallup, le “non” est crédité de 51,6% des intentions de vote, contre 48,4% pour le “oui”, un écart jugé statistiquement non significatif. Les bureaux de vote ont ouvert à 09H00 GMT et fermeront à 22H00 GMT. En l’absence de sondages à la sortie des urnes, les premiers résultats crédibles sont attendus tard dans la nuit.

Quelque 273.000 électeurs doivent répondre à une question simple: l’Islande doit-elle rouvrir les négociations d’adhésion avec l’Union européenne? En cas de victoire du “oui”, un second référendum serait ensuite nécessaire sur l’adhésion elle-même.

La pêche, principal point de friction avec Bruxelles

L’Islande avait déposé sa candidature à l’UE en 2009, dans le sillage de la crise financière qui avait durement frappé son économie. Mais les discussions avaient été gelées en 2013 avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement eurosceptique. Aujourd’hui, le pays a retrouvé une économie florissante, ce qui nourrit les arguments des opposants à une adhésion. Beaucoup estiment que l’Islande bénéficie déjà de l’essentiel grâce à son appartenance à l’Espace économique européen, sans avoir à céder davantage de pouvoir à Bruxelles. 

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La pêche, pilier de l’économie nationale, reste l’un des principaux points de friction, Reykjavik voulant conserver un contrôle exclusif sur ce secteur stratégique. "C'est vraiment des eaux très poissonneuses. Et s'ils rejoignent l'Union Européenne, leurs eaux ne seront plus exclusivement pour eux, mais devront être pour tous les Européens. Et donc, ces patrons importants dans le pays penchent pour le non puisqu'ils veulent garder cette rente", explique Sébastien Maillard, spécialiste de l'Europe à l'Institut Jacques Delors, joint par RTL. 

L’euro comme promesse de stabilité

À l’inverse, les partisans du “oui” mettent en avant le coût de la vie, l’inflation et des taux d’intérêt élevés. Certains ménages paient plus de 9% d’intérêts sur leur crédit immobilier. Pour eux, une adoption de l’euro pourrait offrir des conditions de financement plus favorables. "Nous avons la plus petite monnaie flottante au monde. Les taux d'intérêt sont nettement plus élevés chez nous que dans la zone euro, donc l'euro serait un gage de stabilité", assure Dagur Bergþóruson Eggertsson, l'ancien maire de Reykjavik. 

 "C'est très serré, mais je suis toujours optimiste", a déclaré mercredi à l'AFP la ministre des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir, porte-drapeau du "oui". "Rien n'est joué tant que ce n'est pas terminé."

La sécurité et Donald Trump dans le débat

Au-delà des questions économiques, le contexte international pèse sur le scrutin. L’invasion russe de l’Ukraine a ravivé les inquiétudes en matière de sécurité en Europe. L’imprévisibilité de Donald Trump et ses visées répétées sur le Groenland voisin ont aussi nourri le débat en Islande. 

"Ils ont vu Donald Trump avoir quelques velléités sur le Groenland, l'Islandais se dit : 'peut-être que pour notre sécurité, on serait mieux dans l'Union Européenne'", déclare à RTL le spécialiste Sébastien Maillard. 

Située à un emplacement stratégique aux portes de l’Arctique, l’île ne dispose pas de forces armées. Elle s’appuie sur l’Otan et sur un accord bilatéral conclu avec les États-Unis en 1951 pour sa défense. "Les gens commencent désormais à remettre en question la validité de cet accord", souligne Eirikur Bergmann.


À Bruxelles, le vote est suivi avec attention. Une éventuelle adhésion de l’Islande, déjà largement intégrée au marché européen, serait perçue comme un signal positif pour la politique d’élargissement de l’Union européenne. Elle pourrait aussi relancer le débat chez la richissime Norvège, elle aussi membre de l'EEE mais toujours rétive à une adhésion à l'UE.

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