2 min de lecture Daesh

Daesh : comment l'État islamique veut combler ses pertes économiques

Le recul de l'État islamique dans certains territoires oblige le groupe terroriste à créer de nouveaux impôts dans son califat.

Un combattant de l'État islamique (Illustration)
Un combattant de l'État islamique (Illustration) Crédit : UYGAR ONDER SIMSEK / AFP
Michael Ducousso et Claire Gaveau

Après les défaites militaires, l'État islamique est aussi mis à mal sur le plan économique. Les revenus du groupe jihadiste et terroriste ont chuté d'environ 30% depuis l'an dernier, selon une récente étude de l'institut IHS Jane's. Pour compenser, l'EI tente d'introduire de nouveaux impôts dans les territoires sous son contrôle. "En mars 2016, les recettes mensuelles de l'État islamique ont chuté à 56 millions de dollars", a ainsi déclaré Ludovico Carlino, analyste-en-chef chez IHS Jane's alors que mi-2015, l'ensemble des recettes mensuelles avoisinait les 80 millions de dollars.

Le rapport qui se fonde sur des informations tirées des médias sociaux et de sources présentes en Syrie et en Irak, affirme également que la production pétrolière dans les zones sous le joug du groupe jihadiste avait diminué de 33.000 à 21.000 barils par jour. Des pertes largement liées aux frappes aériennes opérées par la coalition menée par les États-Unis et la Russie.

Les impôts représentent 50% des recettes

L'État terroriste puise près de la moitié de ses recettes dans l'imposition et la confiscation des commerces et des biens, d'après le rapport. Le pétrole représente, quant à lui, 43% de ce total, le reste provenant du trafic de drogues, de la vente d'électricité ainsi que de dons.

Mais en ayant perdu près de 22% de son territoire au cours des quinze derniers mois, le nombre de personnes concernées par ces taxes ont largement fléchi passant de 9 millions auparavant contre 6 millions aujourd'hui. Sa base fiscale a donc diminué et représente un véritable manque à gagner pour le groupe terroriste. Pour faire face à cela, "l'État islamique augmente actuellement les impôts sur les services de base et cherche de nouvelles manières d'obtenir de l'argent de la population", explique Ludovico Carlino.

Des amendes sur des questionnaires sur le coran

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Mais Daesh n'entend pas se laisser abattre et créer de nouveaux impôts afin de combler ce déficit. Parmi les nouveautés ? Des péages pour les chauffeurs de camion, des frais pour installer ou réparer des antennes paraboliques ou encore des droits de sorties pour quiconque tente de quitter une ville, détaille le spécialiste. Il faut dire que depuis le début du conflit syrien en 2011, la moitié de la population du pays a été déplacée, dont 5 millions qui a fui à l'étranger.

Selon l'Institut, le groupe jihadiste a aussi introduit des amendes pour ceux qui ne répondent pas correctement à des questions sur le coran, ainsi que la possibilité de payer en liquide pour éviter des châtiments corporels.

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