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"J'ai été abusé sexuellement" : sur RTL, Tom Félix, acquitté de trafic de stupéfiants en Malaisie, raconte ses 909 jours de calvaire en détention

Après 909 jours derrière les barreaux en Malaisie, sous la menace de la peine de mort, le Français de 34 ans est enfin libre et de retour dans l'Hexagone. Accusé de trafic de stupéfiants, il a été acquitté par la justice malaisienne. Ce vendredi, Tom Félix est l'invité de Marc-Olivier Fogiel sur RTL.

Tom Félix, acquitté de trafic de stupéfiants en Malaisie, sur RTL le 6 février 2026.

Crédit : RTL

"J'ai été abusé sexuellement" : sur RTL, Tom Félix, acquitté de trafic de stupéfiants en Malaisie, raconte ses 909 jours de calvaire en détention

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"J'ai été abusé sexuellement" : sur RTL, Tom Félix, acquitté de trafic de stupéfiants en Malaisie, raconte ses 909 jours de calvaire en détention

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Marc-Olivier Fogiel & Jérémy Descours

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Acquitté mardi par la Haute cour criminelle d'Alor Setar, le Français Tom Félix est rentré en France jeudi matin après plus de 900 jours de détention en Malaisie. Arrivé à l'aéroport de Roissy, il a retrouvé ses proches, visiblement éprouvé mais souriant

Arrêté en août 2023 alors qu'il préparait l'ouverture d'un restaurant, cet ancien cadre de Veolia a toujours nié les accusations de détention et de trafic de stupéfiants, crimes passibles de la peine de mort. Il affirme que la Malaisie lui a "volé 900 jours de vie".

Face à Marc-Olivier Fogiel, ce vendredi 6 février, Tom Félix a raconté l'épreuve de ses 909 jours de détention, durant lesquels il a été "abusé physiquement" mais aussi "sexuellement" et "psychologiquement" par des gardiens de prison. "Ils me demandaient de leur montrer ce que j'avais sous la ceinture", explique l'homme de 34 ans. 

40 détenus dans 40m2

Au quotidien, Tom Félix devait cohabiter dans une cellule de 40m2 avec une quarantaine de détenus. "C'était absolument horrible. On est dans les états les plus chauds de la Malaisie où la température peut atteindre jusqu'à 40 degrés. Et on était dans une cellule d'environ 40 m² avec une quarantaine de détenus. Donc ça fait 1 m² par personne. Sans ventilo, sans pouvoir sortir même de la cellule. Donc il n'y avait absolument rien à faire", rembobine l'ancien chef de projet. 

Côté confort, le quotidien était plus que précaire, composé d'un "tapis de yoga dans un état très dégradé", d'un bol, et d'un gobelet. "Et voilà, c'est tout", lâche-t-il au micro de RTL. 

Autre calvaire pour lui, les repas servis en détention. "Le poisson faisait partie du menu de la prison : chaque midi, le repas se composait de riz et de poisson. Toutefois, le poisson était de qualité médiocre, tout comme le riz, et j’ai développé une allergie au poisson. Je ne pouvais donc pas consommer la ration du midi, poursuit Tom Félix. Il était possible de remplacer le poisson par du tofu, mais le tofu me rendait lui aussi malade".

Un soutien familial "indispensable" mais parfois "difficile"

Questionné sur les ressources nécessaires pour supporter de telles conditions pendant plus de 900 jours, le Français l'assure : il n'avait pas "le choix". "Je me sentais plus comme accroché derrière une voiture, menotté derrière une voiture, traîné. Et en fait, je ne m'accrochais pas, j'étais juste traîné. C'est comme ça que j'ai pu accepter la réalité dans laquelle je vivais. C'était de me dire, ok, j'ai survécu une journée, c'est parti pour une autre."

Heureusement, le prisonnier pouvait compter sur le soutien de sa famille, notamment ses parents qui venaient le voir une fois pas mois et l'appelaient une fois par semaine. Une chance pour lui mais qui pouvait parfois lui saper le moral.   


"Alors le soutien de la famille était absolument indispensable, mais après c'était en même temps très difficile de communiquer avec eux toutes les semaines, parce que ça faisait une sorte de décalage entre la réalité que je vivais et une autre réalité qui était celle d'en dehors, de comment les choses se passaient", explique-t-il.   

"Je n'ai pas particulièrement envie de retourner en Malaisie"

Pour rompre avec la dureté de la détention, le trentenaire pouvait parfois échanger avec ses codétenus même s'il évoque un certain blocage psychologique. "J'ai pu me lier de certaines amitiés avec certaines personnes. Mais j'étais un petit peu bloqué psychologiquement. En deux ans et demi, je n'ai fait aucun progrès en malais (la langue en Malaisie, NDLR) parce que je pense que psychologiquement je devais être bloqué".

Autre chose qui a également "sauvé" le Français durant son incarcération, ce sont les livres : "Il me semble que j'ai dû en lire environ 300 en 900 jours". 

De retour dans son pays, Tom Félix songe aujourd'hui, à "adopter une attitude un petit peu bouddhique". "Je prends les choses au jour le jour", ajoute-t-il. Et sur un éventuel voyage en Malaisie ? "Je pense qu'il existe assez de pays dans le monde pour aller faire des visites. Pour le moment, je n'ai pas particulièrement envie d'y retourner".

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