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Italie : un réseau islamiste démantelé en Sardaigne

Des membres de cette organisation auraient préparé un attentat contre le pape en 2010 et participé à une attaque ayant fait 100 morts au Pakistan en 2009.

L'attentat contre un marché de Peshawar, au Pakistan, le 28 octobre 2009
L'attentat contre un marché de Peshawar, au Pakistan, le 28 octobre 2009
Crédit : A Majeed / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Vaste coup de filet de la police italienne dans les milieux islamistes. Les "Carabinieri" ont démantelé ce vendredi 24 avril un réseau d'islamistes basé en Sardaigne. Parmi les présumés terroristes : deux anciens gardes du corps de Ben Laden, soupçonnés d'avoir préparé un projet d'attentat contre le Vatican, mais aussi participé à l'une des attaques les plus meurtrières au Pakistan, en 2009.

"Il n'y a aucune preuve, mais une forte présomption", a indiqué à la presse Mario Carta, responsable des services de renseignement à Cagliari en Sardaigne

Des écoutes téléphoniques ont conduit les enquêteurs à prendre au sérieux ce projet d'attentat sur la base de conversations évoquant la "via della Conciliazione", la principale avenue qui conduit au Vatican, et en raison de propos "ironiques" tenus sur le pape.

Préparation d'un attentat contre le pape Benoît XVI ?

Les faits remontent à 2010 (époque où Benoît XVI était pape), avec l'arrivée à Rome de deux ressortissants pakistanais, soupçonnés par les enquêteurs d'être prêts à commettre des attentats suicide.

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"Tenez-vous prêts, les bombes vont exploser" ou encore "le Jihad part d'Italie", auraient notamment dit des suspects alors sur écoute. Le projet aurait avorté, les islamistes se sachant surveillés, selon les enquêteurs.

Le procureur de Cagliari, Mauro Mura, a précisé devant la presse que ce chef d'accusation n'avait pas été retenu à l'encontre des islamistes identifiés, faute de preuve.

Deux gardes du corps de Ben Laden

Le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, s'est montré rassurant dans une déclaration à la presse. "Il s'agit de faits remontant à 2010, qui ne se sont pas produits. Il ne s'agit donc pas de quelque chose de pertinent et ce n'est pas un sujet de préoccupation". 

Au total, 18 personnes ont été identifiées. Certaines pourraient avoir  participé à des activités terroristes au Pakistan. Neuf ont été arrêtées en Italie, dont trois en Sardaigne. Elles sont accusées d'appartenance à "une organisation dédiée aux activités criminelles transnationales s'inspirant d'Al-Qaïda et à d'autres organisations radicales prônant la lutte armée contre l'Occident et l’insurrection contre l'actuel gouvernement du Pakistan", selon le mandat d'arrêt. 

Parmi les criminels présumés, se trouvaient deux anciens gardes du corps de l'ex-chef et fondateur d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden, tué en 2011 au Pakistan. 

100 morts dans un attentat au Pakistan

Le principal suspect est un commerçant résidant depuis des années à Olbia, dans le nord de l'île de Sardaigne, Khan Sultan Wali, arrêté jeudi soir.

Certains sont accusés d'avoir planifié, financé et même participé à des actes terroristes au Pakistan, dont l'attentat sur le marché Meena Bazar de Peshawar en octobre 2009, qui avait fait plus de 100 morts.

Ils sont aussi soupçonnés d'être impliqués dans un trafic d'immigrants clandestins. Ils auraient fait passer illégalement des Afghans et des Pakistanais de l'Italie vers des pays d'Europe du Nord. Ce trafic servait à financer des activités terroristes au Pakistan, selon le procureur de Cagliari. 

Un imam à la tête du réseau

L'enquête a démarré en 2005, sur le port d'Olbia, après la fouille des bagages d'un Pakistanais, soupçonné d'avoir transporté des explosifs. 

Les enquêteurs ont fait état de nombreux voyages destinés à transporter de l'argent au Pakistan, avec en moyenne 20.000 euros par voyage.

L'organisation aurait eu comme chef principal en Italie un imam, du mouvement "Tabligh Eddawa", installé en Lombardie. Il se servait de son autorité religieuse et de son prestige pour récolter des fonds.   

De faux papiers pour travailler en Italie

Ce réseau disposait "d'armes en abondance" et "de nombreux affiliés prêts à mener des actes terroristes au Pakistan et en Afghanistan, avant de se replier ensuite en Italie", indiquent les enquêteurs. 

Les membres de l'organisation avaient pu s'implanter en Italie grâce à des entrepreneurs complices qui leur fournissaient des contrats de travail, ou en présentant des demandes d'asile grâce à de faux certificats assurant qu'ils avaient été persécutés. 

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