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En Iran, un milliardaire condamné à mort pour corruption

Babak Zanjani était jugé depuis décembre 2013 pour une affaire de détournement de 2,8 milliards de dollars.

Le milliardaire iranien Babak Zanjani a été condamné à mort pour corruption
Le milliardaire iranien Babak Zanjani a été condamné à mort pour corruption Crédit : MEGHDAD MADADI / TASNIM NEWS / AFP
Michael Ducousso et AFP

La justice iranienne a condamné à mort pour corruption le milliardaire Babak Zanjani. Il était accusé d'avoir détourné 2,8 milliards de dollars lors de transactions pétrolières non officielles contournant les sanctions internationales imposées à l'Iran. 

"Le verdict dans le procès de Babak Zanjani et de deux co-accusés a été prononcé. Ils ont été reconnus coupables de corruption sur terre et condamnés à mort", a déclaré le porte-parole de l'autorité judiciaire, Gholamhossein Mohseni-Ejeie, ce dimanche 6 mars. "Ils sont également condamnés à rembourser la Compagnie nationale iranienne du pétrole (NIOC)" et doivent payer une amende équivalente "au quart de la somme pour blanchiment d'argent". 

Toutes les sociétés de l'homme d'affaires de 41 ans ont été saisies, y compris sa compagnie aérienne. D'après son site Internet, Babak Zanjani dirigeait un conglomérat composé de 65 sociétés lui rapportant chaque année six à sept milliards de dollars.

Des accords secrets avec le ministère du pétrole sous Ahmadinejad

Ce verdict marque la fin d'une affaire judiciaire qui aura duré plusieurs années depuis l'arrestation de Babak Zanjani en décembre 2013. Son interpellation était intervenue au lendemain de l'ordre donné par le président modéré Hassan Rohani à son gouvernement de lutter contre "la corruption (...) en particulier de ceux qui ont tiré profit des sanctions économiques".  Dans ce contexte, le procès du milliardaire est un des nombreux dossiers traités ces dernières années par la justice iranienne, contrôlée par les conservateurs. Ces procès spectaculaires pour juger des affaires de corruption massive ont abouti à l'exécution de plusieurs accusés.
 
Le cas de Babak Zanjani est un peu particulier, puisqu'il est l'un des rares à avoir été été jugé lors d'audiences publiques étalées sur plusieurs mois. Pour sa défense il avait invoqué des accords secrets avec le ministère du Pétrole durant le mandat de l'ex-président conservateur Mahmoud Ahmadinejad. À l'époque, le gouvernement iranien se serait adressé au milliardaire pour rapatrier l'argent du pétrole vendu à l'étranger.Téhéran avait en effet du mal à rapatrier cet argent à cause du durcissement, à partir de 2012, des sanctions internationales imposées au pays pour l'obliger à réduire son programme nucléaire. 

Des combines repérées par les États-Unis et l'Europe

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Après l'entrée en vigueur en janvier de l'accord nucléaire conclu six mois auparavant par le gouvernement Rohani avec les grandes puissances, une grande partie des sanctions, notamment bancaires, ont été levées. Babak Zanjani a ainsi expliqué avoir tenté à plusieurs reprises de verser l'argent récupéré au ministère du Pétrole mais son avocat a affirmé que la banque étrangère désignée par le ministère avait refusé d'effectuer la transaction.

Quelle que soient ses arguments devant la justice iranienne, les instances américaines ne voyaient pas non plus le milliardaire d'un bon oeil. En effet, il avait été placé en avril 2013 sur la liste noire du Trésor américain, qui l'accusait d'avoir été le cerveau d'un réseau destiné à déplacer du pétrole et de l'argent au profit de l'Iran, avec l'aide d'une société suisse et d'une banque en Malaisie, pour contourner les sanctions internationales. L'Union européenne avait elle aussi pris des mesures contre cet homme d'affaires dès décembre 2012.

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