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"Il fonce comme un missile de croisière" : la difficile lutte des Ukrainiens contre les nouveaux drones russes

L'Ukraine a subi de nouvelles frappes de missiles sur ses infrastructures énergétiques, alors que les attaques de drone se multiplient. Face aux nouveaux modèles plus rapides et puissants, la défense aérienne tente de s'adapter.

Une attaque de drone russe à Kiev, le 2 octobre 2026.

Crédit : Serhii Okunev / AFP

"C'est déjà presque un missile" : Reportage dans l'armée ukrainienne face aux nouveaux drones russes

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Elisabeth Pierson & Marie-Lys de Fremond

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La Russie a frappé des infrastructures électriques ukrainiennes mardi 13 octobre, laissant 600.000 personnes sans électricité et faisant sept morts. Les systèmes de défense ukrainiens n'ont détecté les missiles qu'à l'approche de Kiev. En réponse, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte a appelé les pays membres à "faire plus pour soutenir la défense aérienne" de l'Ukraine. De son côté, Moscou développe également ses nouveaux drones d'attaque. 

Depuis cet été, le pays déploie sa production de drones nouvelle génération, les Geran-5. Ils sont deux fois plus rapides, avec une vitesse allant jusqu'à 600km/h, et plus difficiles à intercepter, montant jusqu'à 6.000 mètres d'altitude. En septembre, la Russie a envoyé près de 3.500 drones à réaction sur l'Ukraine. 

La correspondante de RTL Elisabeth Pierson a passé toute une nuit avec les forces ukrainiennes chargées de défendre le ciel contre la menace russe. Jusqu'ici, les fusils d'assaut et les mitrailleuses des unités de défense pouvaient intercepter les anciens drones volant vers Kiev. Mais ces nouveaux modèles sont équipés de turboréacteurs et peuvent naviguer sans GPS, ce qui les protège des brouillages et empêche de les détecter tôt. 

Des drones améliorés produits à un rythme industriel

"C'est déjà presque un missile. Il a déjà une forme de cigare avec de petites ailes. Il fonce comme un missile de croisière", explique le soldat Yaroslav. Depuis janvier, la Russie a tiré 50.000 drones à bombardement sur l'Ukraine : c'est plus que sur toute l'année 2025. Plus de 6.000 Geran sont produits chaque mois. Ces drones améliorés ciblent chaque jour la capitale, l'un d'eux ayant notamment frappé le siège des services de sécurité en pleine journée début septembre. 

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Impuissante, la défense ukrainienne cherche une parade. "Maintenant, ils les font voler à 6-8 km d'altitude. On ne peut pas les atteindre avec des armes légères, ni avec un hélicoptère, parce qu'il ne dépasse pas 3.000 mètres d'altitude. Il faut donc les attaquer avec un missile ou un avion de chasse. Or, les deux coûtent cher", reprend Yaroslav. 

Les tentatives de défense des Ukrainiens, entre équipement et diplomatie

En Ukraine, les industries de défense développent de petits intercepteurs capables d'égaler la vitesse de ces drones, afin de les neutraliser. Les premiers en phase de test pourraient être déployés dès novembre. Les Ukrainiens ont également installé des tourelles équipées de mitrailleuses couplées à de l'intelligence artificielle. Le problème reste le nombre de drones interceptés : selon les chiffres communiqués par le porte-parole de l'armée ukrainienne Iouri Ignat, seul 55% de ces drones ont été maîtrisés, contre près de 90% des anciens modèles.

Après la dernière attaque, le président Volodymyr Zelensky a déclaré : "Attaque russe au missile balistique contre Kiev. Une fois de plus, aucun avertissement préalable de la part de nos partenaires." Le président ukrainien est reçu mercredi 14 octobre par le premier ministre britannique, Andy Burnham, qui souhaite marquer son soutien "inébranlable" à l'Ukraine. Un acte fort face au délaissement progressif des États-Unis. 

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