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"Il aimait que j'utilise Y.M.C.A." : comment Donald Trump s'est accaparé le tube des Village People, coécrit par Victor Willis

Hymne gay à sa sortie en 1978, le tube "Y.M.C.A." a connu un seconde vie inattendue en devenant le titre fétiche de Donald Trump lors de sa campagne pour son second mandat. Le président américain a rendu hommage au chanteur Victor Willis, mort à l'âge de 74 ans.

Le président élu des États-Unis, Donald Trump, danse alors que les Village People se produisent lors d'un rassemblement de victoire "MAGA" à la Capital One Arena de Washington, D.C., le 19 janvier 2025, à la veille de sa cérémonie d'investiture.

Crédit : Jim WATSON / AFP

Jérémy Descours

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"C'était un type formidable et joyeux." Donald Trump a rapidement réagi après l'annonce de la mort de Victor Willis, le charismatique chanteur et fondateur des Village People, ce mercredi 1er juillet. 

Sur son réseau Truth Social, le président américain a salué la mémoire de ce solide barbu en uniforme de police (parfois en officier de marine), qui a marqué les années disco. Le chanteur texan est notamment le coauteur du tube planétaire Y.M.C.A. (pour "Young Men's Christian Association", une association de jeunesse chrétienne).

Dans son message, le milliardaire assure que Victor Willis "adorait" le voir utiliser la chanson de son groupe lors de ses rassemblements politiques. "Elle est redevenue un succès monstre 30 ans après sa sortie", insiste-t-il. Donald Trump souligne également que le chanteur et son groupe étaient présents "dès le début". "Ils adoraient l'ambiance, et nous les adorions, eux ainsi que leur chanson formidable et entraînante".

Ce vibrant hommage remet en lumière la destinée étonnante, pour ne pas dire étrange, du tube disco devenu au fil des années l'une des bandes-son les plus identifiables de la galaxie Trump. "Nous penserons à Victor chaque fois que Y.M.C.A. sera diffusée", poursuit Donald Trump, en adressant ses condoléances à sa famille et au groupe.

Une chanson devenue un hymne gay

À l'origine, pourtant, rien ne destinait cette chanson à accompagner les meetings du camp conservateur américain. Dès sa sortie en 1978, Y.M.C.A. s'est imposé comme l'un des titres emblématiques des Village People. Et un classique instantané. Pour la petite histoire, le morceau est lui-même né d'une idée des producteurs français Jacques Morali et Henri Belolo, après être passés devant une Y.M.C.A.

Avec ses costumes outranciers, ses doubles sens assumés et son refrain immédiatement reconnaissable, le morceau a longtemps été perçu comme un hymne gay, en résonance avec l'univers du groupe et l'histoire du quartier new-yorkais de Greenwich Village dont il s'inspire. Son refrain est assez évocateur : "C'est amusant de séjourner au Y.M.C.A. / Ils ont tout pour que les jeunes hommes s'amusent / Tu peux passer du temps avec tous les garçons."

C'est précisément ce décalage qui a nourri l'étonnement autour de son appropriation par Donald Trump. Lors de ses meetings, puis pendant sa campagne victorieuse pour un second mandat, le républicain a multiplié les apparitions sur Y.M.C.A., allant jusqu'à esquisser quelques pas de danse devenus familiers pour ses partisans. Peu à peu, la chanson s'est même installée comme un rituel de fin de rassemblement.

"Laissons une chance au président Trump"

Cette récupération n'a pourtant pas toujours fait consensus. En 2020 déjà, l'utilisation du titre par le camp Trump avait suscité des critiques, tant en raison de la portée symbolique de la chanson que des positions conservatrices du président américain. 

Mais Victor Willis a ensuite adopté une ligne plus "trumpiste". Fin 2024, il contestait même publiquement l'idée selon laquelle le titre Y.M.C.A. devait être vu comme un hymne gay, et défendait la participation des Village People à l'investiture de Donald Trump.  


"Laissons une chance au président Trump, indépendamment de ce que vous avez pu penser de lui dans le passé. Voyons ce qu'il va faire à l'avenir et, s'il prend des mesures pour restreindre les droits des LGBTQ, les Village People seront les premiers à s'exprimer", avait-il écrit sur Facebook.

De son côté, le parcours de Victor Willis a dépassé largement cette séquence politique. Leader historique des Village People, il avait contribué à faire du groupe un phénomène mondial à la fin des années 1970. Après des années plus difficiles, marquées notamment par des problèmes de toxicomanie, Victor Willis avait repris en 2017 les rênes de la formation. 

Reste à savoir quel héritage conservera vraiment YMCA aux États-Unis : celui d'un classique disco mondial, d'un hymne longtemps associé à la culture gay, ou celui d'une chanson désormais liée, aussi, à Donald Trump.

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