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Guerre en Iran : quelles sont les conditions posées par Téhéran à Washington pour mettre fin au conflit

Les discussions entre l’Iran et les États-Unis restent dans l’impasse, malgré la transmission de propositions par l’intermédiaire du Pakistan. Téhéran rejette le plan américain, jugé déséquilibré, et pose ses propres conditions pour un éventuel cessez-le-feu, notamment l’arrêt immédiat des opérations militaires et la reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz.

Une fresque anti-américaine en Iran, le 26 janvier 2025

Crédit : ATTA KENARE / AFP

Eléonore Aparicio

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L'Iran a rejeté la proposition américaine, transmise par le Pakistan, visant à mettre fin au conflit actuel. Le plan en quinze points de Donald Trump a été qualifié de "déséquilibré et injuste" par un haut responsable iranien cité par Reuters. En réponse, Téhéran a transmis sa propre feuille de route, fondée sur cinq conditions jugées indispensables pour parvenir à un cessez-le-feu. 

"La réponse de l'Iran au plan en 15 points proposé par les Etats-Unis a été officiellement transmise hier soir (mercredi soir, nldr) à travers des intermédiaires et l'Iran attend un retour de l'autre partie", a assuré une source auprès de l'agence de presse Tasnim.


La première exigence centrale concerne la cessation immédiate des opérations militaires américaines et israéliennes, non seulement sur son territoire mais aussi contre ses alliés régionaux, le Hezbollah notamment. Outre l’exigence de garanties solides pour éviter toute reprise du conflit à l’avenir, Téhéran réclame également que la question de l’indemnisation des dommages de guerre soit précisément encadrée et assurée.

Téhéran considère que toute négociation est impossible tant que les frappes se poursuivent, estimant qu’un cessez-le-feu doit être préalable, et non conditionnel aux discussions entre les deux pays

La question du détroit d'Ormuz

Autre point clé : Téhéran exige la reconnaissance pleine et entière de sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz, un passage maritime crucial par lequel transite 20% du commerce mondial de pétrole. L’Iran considère ce contrôle comme un enjeu stratégique majeur pour sa sécurité et son influence régionale. Ce point est particulièrement sensible, car les États-Unis exigent au contraire un accès libre et sécurisé pour la navigation internationale.

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Enfin, Téhéran insiste pour conserver son indépendance stratégique, notamment en matière militaire. Les responsables iraniens rejettent toute exigence américaine visant à limiter leurs capacités défensives ou leur programme stratégique, considérant ces demandes comme "maximalistes" et irréalistes. Au-delà de ces cinq points, l’Iran affirme qu’il mettra fin à la guerre uniquement selon son propre calendrier et ses propres conditions

Si la porte de la diplomatie reste officiellement ouverte, les positions restent très éloignées. Les États-Unis exigent notamment des concessions majeures (nucléaire, soutien régional, sécurité maritime), tandis que l’Iran refuse toute négociation perçue comme une capitulation.

Les négociations qualifiées de "supercherie" américaine

Un haut responsable iranien, cité par Reuters, a fait part de son scepticisme à l’égard des intentions américaines. Selon lui, Téhéran considère les appels de Washington à la négociation comme une "supercherie" destinée à servir plusieurs objectifs. L’Iran estime que les États-Unis cherchent avant tout à se présenter comme des artisans de la paix, à maintenir les prix mondiaux du pétrole à un niveau bas et à gagner du temps pour préparer une éventuelle opération militaire, notamment une incursion terrestre dans le sud du pays.

"Il n’y a toujours pas d’accord pour des négociations, et aucun plan de pourparlers ne semble réaliste à ce stade", a précisé la source, tout en reconnaissant que la Turquie et le Pakistan s’efforçaient de "trouver un terrain d’entente entre l’Iran et les États-Unis et de réduire les divergences". 


De son côté, l'émissaire américain Steve Witkoff "des signaux forts" envoyés par l'Iran en faveur d'un plan de paix. "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il assuré lors d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.

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