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Guerre en Iran : les États-Unis annoncent à tort avoir escorté un pétrolier dans le détroit d'Ormuz

La Maison Blanche a démenti toute opération d'escorte de pétroliers par la marine américaine dans le détroit d'Ormuz, contredisant une annonce du ministre de l'Énergie rapidement supprimée. Cette confusion intervient alors que les tensions restent vives dans la région et que les marchés pétroliers sont sous pression.

Des cargos au large de Fujairah, ville des Emirats Arabes Unis, dans le détroit d'Ormuz.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

Jérémy Descours & AFP

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La Maison Blanche a démenti, mardi 10 mars, toute opération d'escorte de navires par la marine américaine dans le détroit d'Ormuz, un passage maritime crucial pour l'approvisionnement énergétique mondial. 

"Je peux confirmer que la marine américaine n'a escorté aucun pétrolier ni aucun navire à l'heure actuelle", a déclaré sa porte-parole Karoline Leavitt lors d'une conférence de presse.

Quelques minutes plus tôt, le ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, avait pourtant publié un message sur X affirmant qu'un premier pétrolier avait été escorté par la marine américaine à travers le détroit, avant de le supprimer. Téhéran avait rapidement démenti cette information.

Les prix du pétrole avaient d'ailleurs accéléré leur chute après cette annonce. En temps normal, près d'un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié transite par le détroit d'Ormuz, fermé depuis le 1er mars par le régime iranien. 

"Il est absolument crucial que le transport maritime reprenne dans le détroit"

Donald Trump a, lui, prévenu qu'il y aurait d'importantes conséquences militaires si l'Iran se décidait à miner le détroit d'Ormuz. "Si pour une raison quelconque des mines ont été posées et qu'elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l'Iran seront sans précédent", a mis en garde le président américain dans un message publié sur sa plateforme Truth Social.

Le risque pesant sur la production d'hydrocarbures a également été illustré, lundi, par la fermeture de la raffinerie de Ruwais, aux Émirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde, après une attaque de drones selon une source proche du dossier.

"Il est absolument crucial que le transport maritime reprenne dans le détroit" d'Ormuz, a d'ailleurs insisté Amin Nasser, le patron du géant saoudien des hydrocarbures Aramco.


Dans ce contexte de tensions croissantes, l'Iran a multiplié les avertissements. Défiant l'appel de Washington à ne pas "prendre en otage" l'économie mondiale, Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, a prévenu que les forces armées iraniennes "n'autoriseront pas l'exportation d'un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi".

"Le jour le plus intense des frappes"

En Europe, l'inquiétude grandit face aux répercussions possibles sur l'énergie. La Commission européenne a recommandé aux États qui le peuvent de baisser les taxes sur l'énergie afin de limiter la hausse des prix.

L'Agence internationale de l'énergie a, elle, convoqué une réunion extraordinaire pour évaluer la nécessité de puiser dans les stocks stratégiques d'hydrocarbures afin d'éviter une flambée des prix, mais aucune décision immédiate n'a été annoncée à l'issue des discussions.

À Washington, aucune mesure de modération n'est pour le moment envisagée. Au contraire, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait prévenu que mardi serait "le jour le plus intense des frappes", renforçant la tension autour du passage stratégique.

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