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Guerre en Iran : l'équipe féminine de foot célébrée à Téhéran après son retour d'Australie

Deux joueuses iraniennes sont restées sur le sol australien, après avoir été qualifiées de "traîtresses" pour ne pas avoir chanté l'hymne national. Le reste de l'équipe a été accueilli par des milliers de personnes à Téhéran jeudi 19 mars.

Les joueuses iraniennes saluent pendant l'hymne national avant le match de football féminin de la Coupe d'Asie des nations de l'AFC Australie 2026 opposant l'Iran aux Philippines, le 8 mars 2026.

Crédit : STR / AFP

AFP & Juliette Vignaud

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L'équipe féminine de football d'Iran a été célébrée jeudi 19 mars à Téhéran par les autorités après son retour d'Australie, où elle s'était retrouvée au cœur d'une polémique sur l'hymne national et des demandes d'asile en marge de la Coupe d'Asie. 

Plusieurs milliers d'Iraniens, nombreux à brandir des drapeaux, se sont rassemblés dans la soirée sur la place Valiasr à Téhéran pour les accueillir, selon des images diffusées par la télévision d'État. 

"Mon choix. Ma patrie", pouvait-on lire sur un panneau d'affichage géant sur la place, montrant les joueuses portant le hijab islamique et saluant le drapeau iranien. Arrivées en bus, les sportives, vêtues de survêtements sombres et portant le voile obligatoire, se sont vu remettre des fleurs avant de monter sur une scène.  

L'équipe était arrivée mercredi en Iran après avoir traversé la frontière avec la Turquie. Elle a ensuite rejoint par la route Téhéran, à près de 900 km

Demande d'asile en Australie

Sept membres de la délégation féminine iranienne - six joueuses et un membre de l'encadrement - avaient initialement demandé l'asile à l'Australie, après avoir été qualifiées de "traîtresses" dans leur pays pour avoir refusé de chanter l'hymne national avant un match, en pleine guerre opposant l'Iran aux États-Unis et Israël. 

À écouter aussi

Cinq sont revenues sur leur demande d'asile et seules deux joueuses sont finalement restées sur le sol australien. Pourtant, obtenir l'asile n'avait pas été simple pour les Iraniennes. Selon des médias australiens, elles étaient constamment surveillées par une équipe de sécurité et n'étaient pas autorisées à se promener seules dans leur hôtel. Elles étaient également escortées jusqu'à une salle de conférence pour prendre leur repas. 

Selon le ministre de l'Intérieur Tony Burke, un policier a réussi à s'infiltrer parmi les équipes de l'hôtel pour créer le "maximum d'opportunités" afin qu'elles demandent l'asile. Selon l'agent d'immigration Naghmeh Danai, les sportives "voulaient rester" mais s'inquiétaient des "conséquences" pour leur famille, "soumises à une forte pression". 

Des militants des droits humains ont d'ailleurs accusé les autorités iraniennes d'avoir fait pression sur leurs familles, notamment en convoquant leurs parents à des interrogatoires. 

"Pressions extérieures"

Téhéran accuse au contraire l'Australie d'avoir tenté de pousser les joueuses à faire défection. Selon Farideh Shojaei, une responsable de la fédération iranienne de football, l'équipe a été "affectée par des tensions et des pressions extérieures" lors de son séjour en Australie. Elle a affirmé à l'agence de presse Mehr que les joueuses avaient reçu "des promesses alléchantes de résidence, de salaires et d'avantages financiers importants".  

"Fières et soucieuses de préserver leur amour pour la patrie, elles ont cependant refusé de rester en Australie", a-t-elle ajouté. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait également déclaré mercredi que les joueuses avaient "déçu les ennemis" de la République islamique en résistant "à la tromperie et aux intimidations des éléments anti-Iran". 

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