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Grèce : Alexis Tsipras, le jeune tribun devenu premier ministre

PORTRAIT - À la tête de la coalition de gauche radicale Syriza, Alexis Tsipras, 40 ans, prend les rênes du pouvoir dans un pays miné par la crise. Il incarne l'espoir en Grèce grâce à son image jeune et un discours anti-austérité.

Alexis Tsipras à Athènes le 25 janvier 2015
Alexis Tsipras à Athènes le 25 janvier 2015
Crédit : ARIS MESSINIS / AFP
James Abbott
James Abbott

Avec le verbe et le sourire faciles, Alexis Tsipras a gravi un à un les échelons de la politique nationale en Grèce pour s'y hisser, de ses mains, jusqu'au sommet, dimanche 25 janvier. Son parti, la coalition d'extrême gauche Syriza, a recueilli dimanche 36% des voix lors des élections législatives, juste devant Nouvelle Démocratie, le parti de droite populaire qui n'obtient que 28%.

À l'âge de 40 ans, il devient ainsi le plus jeune Premier ministre depuis le retour de la démocratie et la fin de la junte militaire en 1974, année de naissance du nouvel homme fort de la Grèce.

Les contestations lycéennes en rampe de lancement

Alexis Tsipras a fait ses gammes au sein des jeunesses communistes, et s'est forgé ses premières armes politiques lors de contestations lycéennes. "Il était passionné, calme et déjà très intelligent, raconte à la BBC un ancien camarade de classe en 2012. Il contrastait avec les autres jeunes qui manifestaient sans trop savoir pourquoi."

En couple, père de deux enfants, il s'autoproclame athéiste et ne croit qu'en la toute-puissance du Panathinaïkos, son équipe de football favorite, grandissant à quelques pas du stade du club légendaire d'Athènes. Il a ensuite poursuivi des études d'ingénieur en génie civil et en urbanisme avant de définitivement s'engager en politique.

Une position hostile vis-à-vis de l'UE et des banques

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Il reprend la formation Syriza en 2005 à l'âge de 33 ans, et remporte rapidement ses premiers succès électoraux. Il obtient plus de 10%, une surprise, lors des élections municipales d'Athènes en 2006, avant le tremblement de terre de 2012. Profitant des conditions déplorables du pays en pleine crise économique, il fait de Syriza la deuxième force politique du pays lors des élections législatives.

Ses adversaires lui reprochent sa position d'hostilité à l'égard de l'Union européenne et des banques. Ils accusent de démagogique et hypocrite cette hostilité compilée à sa défense de la monnaie unique européenne. En effet, il a toujours annoncé qu'il ne demanderait pas une sortie de la zone euro en cas de victoire, et est resté sur cette ligne durant la dernière campagne.

Syriza ne sait pas ce qu'est l'Europe, ne comprend pas l'Europe et va la dresser contre nous

Le Premier ministre sortant, Antonis Samaras

"Syriza ne sait pas ce qu'est l'Europe, ne comprend pas l'Europe et va la dresser contre nous, a attaqué dimanche le Premier ministre sortant, Antonis Samaras.

Un négociateur sans cravate

Son image énergique et jeune - il ne porte quasiment jamais de cravate - et ses talents d'orateur ont conquis le pays. Mais après cette victoire, il sait que tous ceux qui ont voté pour lui dimanche ne sont pas forcément des véritables partisans de l'idéologie d'extrême gauche, mais sont plutôt séduits par sa rhétorique anti-austérité.

Après avoir conquis le pays, il devra désormais faire montre de ses talents de négociateur à la table des grands de l'UE, afin de convaincre définitivement les plus sceptiques qu'il est l'homme de la situation en Grèce. Et ainsi montrer que son parti de contestation peut se muer en un parti de pouvoir.

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