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4 questions pour comprendre la situation au Gabon

Le Gabon a été secoué par de violents heurts après l'annonce des résultats de l'élection présidentielle, le 31 août 2016. Des événements qui ont paralysé son territoire pendant près d'une semaine.

Les affrontements entre la population et les forces de sécurité s'intensifient depuis la réélection d'Ali Bongo
Les affrontements entre la population et les forces de sécurité s'intensifient depuis la réélection d'Ali Bongo Crédit : MARCO LONGARI / AFP
Clarisse Martin
Clarisse Martin
et AFP

Petit pays pétrolier d'Afrique centrale, le Gabon a été une colonie française entre 1886 et 1960, date à laquelle il a accédé à l'indépendance. Depuis une semaine, après l'élection présidentielle du 27 août et la proclamation des résultats le 31 août, des émeutes ont éclaté dans sa capitale, Libreville, et se sont aussi propagées dans plusieurs autres localités du pays, mettant le pays à feu et à sang en provoquant la mort d'au moins 5 personnes et en blessant de nombreuses autres. 

Une situation qui a été dénoncée par les instances internationales mais aussi en France, à travers la voix de François Hollande et du Parti socialiste. Plusieurs médias français et africains se sont insurgés de la prise de parole du PS, qui a été accusé de ressusciter la "Françafrique". Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, s'est empressé de signaler que cette période était "derrière nous".

1. Pourquoi des émeutes ont-elles éclaté ?

Les heurts ont éclaté le 31 août, jour de la proclamation officielle des résultats de l'élection par le ministre de l'Intérieur gabonais. Le président sortant, Ali Bongo, a été réélu, avec 49,80% des voix, selon ces résultats. Au pouvoir depuis 2009, le président de la République descend d'une famille au pouvoir depuis près d'un demi-siècle. Son adversaire, Jean Ping, avait fait campagne pour "la première alternance et la deuxième indépendance du Gabon". Dès le 28 août, Jean Ping avait revendiqué la victoire, suivi par le camp d'Ali Bongo. Le 29 août, le chef de la mission des 73 observateurs de l'Union européenne avaient pointé que le processus électoral "a manqué de transparence", ajoutant à la confusion ambiante. Avant la proclamation officielle des résultats, le gouvernement en place avait déjà dénoncé des ingérences de la part de la France et de la Côte d'Ivoire.

Presque immédiatement après l'annonce des résultats, des manifestants se sont rassemblés aux cris d'"Ali doit partir". Dans cette même soirée du 31 août, l'Assemblée nationale a été incendiée. Le chaos le plus total régnant alors, des pillages ont eu lieu dans toute la ville. Le 1er septembre, une vingtaine d'opposants au gouvernement ont été retenus au quartier général de Jean Ping par les forces de sécurité. "On dirait qu'il y a eu la guerre", évoque un commerçant.

Invité de RTL mercredi 7 septembre, Ali Bongo a attaqué son adversaire dénonçant une "grève générale à l'appel de monsieur Ping" mais assurant qu'elle n'avait "pas eu l'écho qu'il souhaitait parce que beaucoup de Gabonais ont repris le chemin du travail". 

2. Qui sont les différents protagonistes ?

Ali Bongo, 57 ans, est issu d'une dynastie au pouvoir depuis 1967 au Gabon. Élu pour la première fois en 2009, il a pris la suite de son père, Omar Bongo, qui a été au pouvoir pendant 41 ans. Il avait fait une campagne à l'américaine, avec pour slogan "Changeons ensemble". Son principal adversaire, Jean Ping, est âgé de 73 ans. Ancien proche d'Omar Bongo, ministre pendant les années 80, il est aussi l'ancien leader de l'Union africaine (UA). Autour de lui s'étaient rassemblés mi-août les principaux candidats de l'opposition gabonaise. 

3. Où en est la situation actuellement ?

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Un calme précaire est revenu dans le pays, qui a été paralysé à tous les niveaux pendant plus d'une semaine. La menace d'une pénurie alimentaire plane toujours sur la population après le coup d'arrêt qu'a vécu l'activité économique de ce pays pétrolier, qui souffre déjà de la baisse des cours du baril de pétrole. Près de 200 pillards ont été arrêté, selon la police nationale. Les troubles se sont propagés dans plusieurs villes de province, et à Bitam, une ville frontalière du Cameroun, des tensions inter-communautaires sont apparus. Le 2 septembre, Jean Ping campait toujours sur sa position et appelait à un nouveau décompte des voix, ce que le gouvernement refuse, invoquant le fait que cette procédure n'est pas prévue par la loi électorale. Sur RTL, le premier ministre Manuel Valls a déclaré qu'une quinzaine de ressortissants français sont toujours introuvables ainsi que de nombreux autres Gabonais. 

Le lendemain, Ali Bongo a répondu au locataire de Matignon, toujours sur RTL."On ne peut pas me demander de violer la loi".

4. Le Gabon avait-il déjà vécu ça auparavant ?

Le Gabon a déjà connu des situations de tensions post-électorales, notamment en 2009 après la première élection d'Ali Bongo. Des manifestations avaient éclaté dans la capitale économique du Gabon, Port-Gentil, et avaient entraîné des pillages, l'instauration d'un couvre-feu, l'incendie du Consulat de France et des morts.

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