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Fusillade à Orlando : une tuerie qui rappelle le mode opératoire de l'attaque du Bataclan

Le massacre du Pulse à Orlando s'est déroulé dans un lieu clos et a fait 49 victimes et 53 blessés.

Les policiers enquêtent sur les lieux de la fusillade à Orlando
Les policiers enquêtent sur les lieux de la fusillade à Orlando
Crédit : Phelan M. Ebenhack/AP/SIPA
Marie-Pierre Haddad & AFP

"Le Bataclan américain". C'est avec ses mots affichés en une que The Sun a qualifié le massacre homophobe d'Orlando, aux États-Unis, où 49 personnes ont été victimes d'Omar Seddique Mateen. Le terroriste présumé, qui avait prêté allégeance à Daesh, a été décrit par l'un des témoins comme maître de lui-même. Selon Angel Colon, un rescapé, "il passait devant chaque personne au sol et lui tirait dessus pour être sûr qu'elle était morte", comme le rapporte l'AFP. Les autorités américaines ont annoncé que sur les 49 victimes, 48 ont été identifiées. Ce tragique événement fait tristement écho à l'attentat perpétré le 13 novembre dernier au Bataclan à Paris. 

François Hollande a tenu à "exprimer sa compassion" et signer le registre de condoléances. Sa visite à l'ambassade américaine s'est soldée par une polémique sur les réseaux sociaux. Le chef de l'État a posté un message sur Twitter où il est écrit : "L'effroyable tuerie homophobe d'Orlando a frappé l'Amérique et la liberté. La liberté de choisir son orientation sexuelle et son mode de vie". Les internautes ont reproché au président de la république l'utilisation du mot "choix". Le message a été supprimé et quelques minutes plus tard, un nouveau post a été mis en ligne. "La tuerie homophobe d'Orlando a frappé l'Amérique et la liberté : la liberté de vivre son orientation sexuelle et de choisir son mode de vie". 

The Sun
The Sun
Crédit :

Trois heures entre les premiers tirs et l'intervention de la police.

Au Bataclan, en France, comme à Orlando, aux États-Unis, des dizaines de victimes ont été fauchées par les balles dès les premières minutes de l'attaque. Pour tenter d'interrompre de futures tueries, les forces d'intervention françaises, pour leur part, misent désormais sur la rapidité. 

Ces massacres de masse dans des lieux clos, par un ou des tireurs décidés à tuer le plus de monde possible avant de tomber sous les balles des policiers, conduisent les forces de l'ordre à revoir leur mode opératoire. Jusqu'ici, la priorité était la sécurisation des abords puis la mise en place des équipes, l'ouverture de canaux de négociations, l'assaut en dernier recours. Dans la salle de concert parisienne comme dans la boîte de nuit de Floride, plusieurs heures se sont écoulées avant que les policiers spécialisés n'entrent en action.

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C'est ce que raconte un rescapé, au micro de RTL. Ce jeune homme présent dans la boite de nuit gay Le Pulse a l'impression d'avoir été abandonné par les autorités. "Où était la police" pendant que ça tirait "encore, encore et encore", s'énerve le jeune homme. 

Les premières minutes les plus déterminantes

"Face à des agresseurs décidés à faire un nombre maximum de victimes puis d'y laisser leur peau, nous avons dû changer de doctrine", explique à l'AFP un responsable de la lutte antiterroriste qui, parce qu'il n'est pas autorisé à s'exprimer publiquement, demande à rester anonyme. "Tout se passe dans les cinq premières minutes. À la limite, quand les forces d'intervention spécialisées sont arrivées et prêtes à entrer en action, c'est déjà trop tard, dit-il. Au Bataclan, la plupart des gens ont été tués dans le premier quart d'heure".  

Après l'attaque de la rédaction de Charlie Hebdo (12 morts) en janvier 2015 et plus encore après celle de la salle de spectacles du Bataclan (90 morts), il a été décidé de mieux armer, protéger et former les policiers et gendarmes ordinaires. Dans le cadre de leurs activités et patrouilles de routine, ces derniers sont en effet susceptibles d'être les premiers sur place. Ils commencent à recevoir des armes de plus gros calibre, des gilets pare-balles et des casques capables d'arrêter les munitions tirées par les armes de guerre utilisées par les jihadistes, ainsi que l'entraînement qui va avec.

"Les seuls qui peuvent limiter la casse, ajoute la même source, ce sont les premiers intervenants. Les gars des brigades anticriminalité, s'ils ne sont pas trop loin. Et s'ils ont le courage d'y aller... Parce qu'il faut y aller, face à un danger pareil..." Il cite en exemple le commissaire de police qui, passant en voiture devant le Bataclan, est entré dans la salle et a touché, avec son arme de service, l'un des assaillants dont le gilet explosif a sauté.  

Des délais d'intervention plus rapides

Au niveau national, une réforme est en cours pour permettre à une équipe spécialisée, police ou gendarmerie, d'intervenir en vingt minutes sur l'ensemble du territoire. Des antennes des unités d'assaut ont été créées ou sont en voie de l'être dans plusieurs capitales régionales. "Il faut qu'une force s'interpose pour ralentir l'action des terroristes et peut-être l'arrêter complètement", dit à l'AFP François El Bahri, ancien membre du Raid (unité d'assaut de la police). "À partir du moment où l'intervention commence, le massacre s'arrête. Le seul souci des terroristes devient de livrer leur dernier combat face à la police. Donc plus on raccourcira les délais d'intervention, mieux ce sera". 

La seule solution, c'est d'avoir le bon renseignement, à l'avance, avant que les terroristes ne passent à l'action

Plutôt que d'encercler les lieux, "sécuriser le périmètre" dans le jargon spécialisé, des équipes sont en train d'être formées pour arriver sur les lieux le plus vite possible, quitte à ne pas disposer de tout leur matériel, et engager sans tarder le combat avec des agresseurs retranchés, le plus souvent avec des otages. "Nous avons des gars qui dorment tout habillés ou presque à côté de leurs motos, mobilisables en quelques minutes", assure le même haut responsable.

"Mais à la longue, c'est pas une vie. Ils sont épuisés. Et même avec ce dispositif, ils arriveront sans doute trop tard. La seule solution, c'est d'avoir le bon renseignement, à l'avance, avant que les terroristes ne passent à l'action. Mais çà, c'est le plus difficile..."  

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