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Fusillade à Munich : ce que l'on sait de l'attaque

ÉCLAIRAGE - Une attaque a fait au moins neuf morts et 16 blessés près d'un centre commercial de Munich vendredi 22 juillet. Le tireur présumé, un Germano-Iranien de 18 ans, se serait suicidé dans la foulée.

Un policier patrouille aux abords du centre commercial munichois qui a été le théâtre d'une fusillade quelques heures plus tôt
Un policier patrouille aux abords du centre commercial munichois qui a été le théâtre d'une fusillade quelques heures plus tôt
Crédit : STRINGER / AFP
Fusillade à Munich ce que l'on sait de l'attaque
01:42
Yannick Olland & Clémence Bauduin & Geoffroy Lang & AFP

Peu avant 18 heures vendredi, une fusillade a éclaté près d'un centre commercial très fréquenté de Munich. Selon le dernier bilan dressé par la police munichoise, neuf personnes, dont trois Kosovars, trois Turcs et un Grec, ont été tuées et 27 autres blessées. Une dixième personne retrouvée sans vie sur les lieux de la tuerie a été identifiée comme l'auteur de la fusillade. Il s'agit d'un "germano-iranien de 18 ans de Munich", selon le chef de la police locale. Ses motivations ne sont toujours pas connues mais la police allemande a indiqué, au cours d'une conférence de presse samedi midi, pencher pour la piste d'un "forcené", sans lien avec le terrorisme islamiste.

Dans un premier temps, la police munichoise était à la recherche de trois suspects non identifiés, alors que deux individus avaient été aperçus en train de fuir les lieux à bord d'un véhicule. Ces individus ont été identifiés, entendus et disculpés par la police depuis. Pendant toute la soirée la ville a été le théâtre d'une chasse à l'homme, alors que les forces de l'ordre avaient demandé aux habitants de rester chez eux et que les transports ont été suspendus.

Que s'est-il passé ?

La fusillade a éclaté vendredi peu avant 18h dans un restaurant McDonald's avant de se poursuivre dans une rue adjacente. Des témoins évoquent trois assaillants qui sont ensuite entrés dans le centre commercial situé près du stade olympique, dans le nord de la ville, selon une porte-parole de la police. Une vidéo amateur, postée sur les réseaux sociaux (que nous avons choisi de ne pas diffuser), montre des gens en train de fuir le restaurant et un homme habillé en noir tirant à plusieurs reprises sur eux. 

La gare centrale est dans un premier temps évacuée et les transports en commun (métro, bus, tramway) suspendus, avant de refonctionner vers minuit et demi. Au plus fort de l'intervention policière, le centre commercial était entouré par les forces de l'ordre, alors que des hélicoptères survolaient la ville. Il est situé non loin du lieu où un commando palestinien avait pris en otage des athlètes israéliens pendant les Jeux olympiques de 1972, en tuant onze d'entre eux. 

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RTL a pu recueillir le témoignage d'une Québécoise qui vit tout près de la zone où la fusillade a éclaté. "Il y a très peu de gens qui se promènent dans les rues. On entend toujours des sirènes de police et les hélicoptères. J'ai des contacts qui sont coincés dans des magasins du centre-ville de Munich, raconte-t-elle. Les gens ne peuvent plus se déplacer. Le métro, le tram... plus rien ne fonctionne. C'est une situation angoissante", poursuit la témoin. Pour les internautes, le dispositif Safety Check a été déclenché par Facebook. Un numéro d'urgence a été ouvert par la police locale afin que ses habitants puissent s'informer : +49 89 29 10 19 10.

La police de Munich affirme que neuf personnes ont été tuées lors de la fusillade. Celle-ci a également fait état de 16 blessés samedi. Une dixième personne a été découverte morte à proximité du théâtre de la fusillade et identifiée comme l'auteur de l'attaque. Il s'agit d'un "germano-iranien de 18 ans de Munich", selon le chef de la police locale. Ses motivations ne sont toujours pas connues. La police avait annoncé un peu plus tôt que l'auteur avait agi "très probablement" seul dans le centre commercial et s'était donné la mort ensuite à proximité. Une autopsie sera prochainement effectuée pour confirmer que le présumé tireur s'est bien donné la mort.

La piste jihadiste écartée

Les autorités ont d'abord fait savoir qu'elles suspectaient un acte "terroriste", avant de se montrer plus prudentes. La police a bouclé en grande partie la ville. Trois auteurs ont un temps été recherchés, avant que la piste d'un tireur unique ne s'impose. Le motif de la fusillade n'est pas connu mais elle intervient alors que l'Europe est en état d'alerte après plusieurs attaques jihadistes en France et en Belgique.

Samedi à l'aube, les forces de l'ordre ont effectué une perquisition dans l'appartement familial du tueur, qui vivait avec ses parents dans un immeuble de plusieurs étages au nord du centre-ville. Une voisine, interrogée par l'AFP sur les lieux, a toutefois affirmé connaître le jeune homme, "une bonne personne (...) qui riait comme toute personne normale". D'après chef de la police locale Hubertus Andrä, le jeune Germano-Iranien souffrait "d'une forme de dépression" et semblait fasciné par les questions "liées aux forcenés"


Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, un riverain agonit d'injures un homme vêtu de noir, un pistolet à la main et qui se trouve sur le toit du centre commercial et qui, selon la police, pourrait bien être l'auteur. "Sale métèque", lui lance-t-il. Une voix qui pourrait être celle de l'assaillant lui répond: "Je suis Allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV, le nom de l'allocation chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé", avant de lancer un énigmatique: "J'étais en traitement hospitalier".   

Un "lien évident" avec Anders Breivik

Les réseaux sociaux ainsi que plusieurs médias ont noté que ce drame survient 5 ans jour pour jour après la tuerie d'Utoya faisaient également le parallèle avec la tuerie d'Utoya, en Norvège, où un extrémiste de droite, Anders Behring Breivik, avait massacré 77 personnes le 22 juillet 2011. Samedi midi, la police a elle-même a jugé "évident" le lien entre le jeune forcené, qui a agi seul, et le massacre commis par Anders Breivik. La chaîne de télévision allemande d'informations en continu NTV a ainsi relevé que sur la deuxième vidéo, le ou l'un des auteurs de la tuerie semble prononcer des insultes racistes avant de tirer, "ce qui peut faire penser à l'acte d'un extrémiste de droite".

Ce drame intervient cependant quatre jours après l'attaque à la hache dans un train allemand, qui avait été revendiquée par Daesh. Pour l'heure, la police semble privilégier la piste terroriste mais ne dispose pas d'éléments probants permettant d'affirmer qu'il s'agisse d'un "attentat islamiste".

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