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Fraude fiscale : l'ex-chef de campagne de Trump condamné, son ex-avocat plaide coupable

Paul Manafort, qui avait dirigé la campagne du candidat républicain en 2016, a été condamné mardi 21 août. Michael Cohen, ex-avocat de l'homme d'affaires, a lui plaidé coupable de fraude fiscale.

Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump
Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump Crédit : ELSA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Christophe Guirard et AFP

L'homme qui a mené la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump en 2016, Paul Manafort, a été condamné mardi 21 août pour fraude bancaire et fiscale, les jurés échouant toutefois à prononcer un verdict pour 10 chefs d'accusation à son encontre. Au tribunal d'Alexandria, près de Washington, le jury s'est en effet accordé sur seulement huit des 18 chefs d'accusation pesant contre l'ancien lobbyiste, au terme du premier procès émanant de l'enquête russe sur l'élection présidentielle de 2016.

"Nous ne parvenons pas à aboutir à un consensus sur 10 des chefs d'accusation", ont fait savoir les jurés dans un communiqué lu à l'audience. Ce verdict partiel, qui sera suivi à une date non précisée de l'annonce de la peine de Paul Manafort, qui encourt plusieurs années de réclusion, a conduit le juge T.S Ellis à annuler une partie du procès.
 
Les 12 jurés, six femmes et six hommes, délibéraient depuis jeudi, après deux semaines de débats très suivis aux Etats-Unis, ce procès étant vu comme un test. L'issue de l'audience représente au final une victoire, bien qu'incomplète, pour le procureur spécial Robert Mueller, chargé d'enquêter sur une éventuelle collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump en 2016 et Moscou.

Le président américain affaibli

La condamnation de Paul Manafort affaiblit par ailleurs la position du président Donald Trump, qui ne cesse de dénoncer une "chasse aux sorcières" et a affirmé vendredi que son ex-conseiller était "quelqu'un de très bien" et que ce procès marquait un "jour très triste" pour les Etats-Unis. Paul Manafort "envisage toutes les options possibles" après sa condamnation, a déclaré à la presse son avocat Kevin Downing.

Coïncidence du calendrier, ce verdict est tombé alors que l'ex-avocat personnel du président américain, Michael Cohen, a pour sa part plaidé coupable devant un juge fédéral de Manhattan de huit chefs d'accusation, dont cinq pour fraude fiscale et deux pour violation des lois sur le financement des campagnes électorales. 

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Interrogé par un juge fédéral de Manhattan, l'ex-avocat et homme d'affaires a indiqué avoir versé des sommes de 130.000 et 150.000 dollars destinées à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, "à la demande du candidat" et "avec l'intention d'influencer l'élection" présidentielle de 2016.

Michael Cohen n'a pas précisé les noms de ces deux femmes, mais les montants correspondent aux versements déjà connus et versés à Stormy Daniels, actrice X qui affirme avoir eu une brève liaison avec Donald Trump en 2006, et à Karen McDougal, une ex-playmate du magazine Playboy qui affirme également avoir eu une liaison avec le milliardaire en 2006-2007. Ces déclarations, qui sous-entendent que le président pourrait avoir commis un délit, ont été immédiatement qualifiées de très graves pour Donald Trump par les commentateurs.

Donald Trump "très triste"

"Je me sens très triste", a déclaré Donald Trump à la presse lors de son arrivée à Charleston, en Virginie occidentale, réitérant que Paul Manafort était un "homme bien" et que sa condamnation faisait partie de "la chasse aux sorcières", l'expression qu'il utilise pour désigner l'enquête sur une possible collusion entre Moscou et son équipe de campagne en 2016.

Paul Manafort, un ex-influent consultant politique âgé de 69 ans, était accusé de fraudes fiscale et bancaire liées aux dizaines de millions de dollars tirées de ses activités de conseil auprès de Viktor Ianoukovitch, jusqu'à sa fuite d'Ukraine en 2014. 

Il était également poursuivi pour avoir ensuite trompé des banques sur ses finances pour obtenir des prêts, lorsque ses revenus se sont taris. Ces faits ont été découverts au cours de l'enquête du procureur Mueller, qui se poursuit malgré les appels incessants de la Maison Blanche qui souhaite y voir mettre un terme.

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