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François Hollande : "On ne change pas l'ordre constitutionnel par intérêt personnel"

Le chef de l'État a averti les dirigeants africains deux jours avant un sommet de la Francophonie à Dakar. Il a pris l'exemple de Blaise Compaoré forcé au départ au Burkina Faso.

François Hollande
François Hollande
Crédit : MICHEL EULER / POOL / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

"On ne change pas l'ordre constitutionnel par intérêt personnel", a déclaré François Hollande interrogé sur la situation en République Démocratique du Congo, au Congo et au Rwanda dans une interview aux chaînes de télévision France 24 et TV5 Monde et Radio France Internationale ce jeudi 27 novembre. Le chef de l'État s'exprimait deux jours avant un sommet de la Francophonie à Dakar. Il a pris l'exemple du départ forcé du président burkinabé Blaise Compaoré. 

"Ça peut servir de leçon à beaucoup de chefs d'Etat, pas seulement en Afrique. On ne change pas l'ordre constitutionnel par intérêt personnel". "Quand on fait voter des peuples pour des Constitutions à travers des référendums, on ne peut pas les modifier impunément. Quand un chef d'Etat reste plusieurs mandats de suite, et qu'à un moment il est fixé une limite d'âge ou il est fixé un nombre de mandats qui ne peut pas être dépassé, il ne peut pas en être décidé autrement. C'est ce qui s'est passé au Burkina", a-t-il insisté.

Hollande avait mis en garde Compaoré

Des manifestations populaires ont provoqué le 31 octobre la démission de Blaise Compaoré qui avait l'intention de réviser la Constitution afin de se maintenir au pouvoir, après 27 années de règne. François Hollande a rappelé qu'il avait mis en garde Blaise Compaoré, et lui avait écrit pour lui proposer son soutien pour qu'il puisse prendre des responsabilités internationales en quittant le pouvoir dans son pays.

La France n'est pas en tutelle des pays africains.

François Hollande

"La France a évité un bain de sang au Burkina Faso", en "exfiltrant" le président désavoué, a-t-il ajouté. Interrogé sur les pays où les dirigeants peuvent rester en place sans limitation de temps, tels que le Tchad, le Cameroun, le Gabon ou le Togo, François Hollande a estimé que dans ce cas, il fallait s'assurer que les élections soient "libres, plurielles et démocratiques". "La France n'est pas en tutelle des pays africains", a-t-il dit, citant comme exemple de bonne gouvernance la Tunisie, qui élit actuellement un nouveau président. 

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