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États-Unis : une élue texane propose de pénaliser la masturbation masculine

Une élue démocrate a déposé un projet de loi visant à sanctionner d'une amende de 100 dollars toute "émission masturbatoire non régulée".

Jessica Farrar, élue démocrate de la Chambre des représentants pour l'Etat du Texas
Jessica Farrar, élue démocrate de la Chambre des représentants pour l'Etat du Texas
Crédit : SIPA
États-Unis : une élue texane propose de pénaliser la masturbation masculine
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Philippe Corbé & Loïc Farge

Jessica Farrar, élue démocrate de la Chambre des représentants pour l'État du Texas a déposé une proposition de loi pour punir d’une amende de 100 dollars les hommes qui se masturbent. Pour certains, cela risque de coûter cher à la fin du mois. Selon elle, "un tel comportement empêche de préserver le caractère sacré de la vie".

Précisons que cette élue n'est pas une bigote. Elle n'est pas partie dans une croisade contre le droit des Texans à se faire plaisir. Non, cette élue a déposé cette proposition de loi en reprenant les arguments des hommes contre l’avortement. Quand elle parle de "caractère sacré de la vie", d’une "action qui empêche à des enfants de naître", elle reprend mot pour mot des arguments utilisés par ceux qui veulent empêcher les femmes de disposer librement de leur corps.

Cette taxe ne sera pas adoptée, mais cela permet de mettre en lumière ce combat féministe. Dans cette proposition de loi, Jessica Farrar propose aussi d'imposer un délai d’attente de 24 heures pour les hommes qui veulent acheter du Viagra. Là encore, celle reprend l'argument d’opposants à l'avortement qui ont réussi à imposer une attente de 24 heures pour les femmes qui souhaitent mettre fin à leur grossesse.

Dénonciation des politiques sexistes

L'avortement est un droit aux États-Unis, depuis une décision de la Cour suprême en 1973. Mais Donald Trump y a nommé un nouveau juge conservateur, anti-avortement. Il pourrait y avoir d'autres juges à nommer pendant son mandat. Les défenseurs du droits à l'IVG s’inquiètent et redoutent qu’il soit remis en cause dans les prochaines années.

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Plus urgent encore : on a vu les femmes descendre en masse dans les rues des grandes villes au lendemain de son entrée à la Maison Blanche. Elles se battent pour avoir accès à des soins de qualité, notamment des soins gynécologiques. Souvent elles n'ont pas d'autre choix que d'aller dans des centres de planning familial, protégés par des gardes car il y a des opposants à l’IVG qui manifestent.

Beaucoup de républicains veulent couper les financements de ces centres. Or ils sont déjà très peu nombreux. Par exemple au Texas (un État plus grand que la France métropolitaine), si on prend les femmes en âge d’avoir des enfants, près d’une sur deux n’a pas dans son comté un centre ou une clinique où elle peut se faire avorter. Une sur dix doit faire plus 150 kilomètres, et une sur vingt plus de 300 kilomètres, alors que l'IVG est légal. Vous comprenez donc pourquoi cette élue se bat, comme elle peut, avec humour, pour dénoncer des politiques qu'elles juge sexistes.

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