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Élections en Espagne : les "indignés" gagnent du terrain

Les Espagnols votaient dimanche pour des élections municipales et régionales. À Madrid et à Barcelone, le mouvement "Podemos" est au coude-à-coude avec la droite et les nationalistes, selon les premiers sondages.

Des électeurs à Madrid le 24 mai 2015
Des électeurs à Madrid le 24 mai 2015 Crédit : PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP
Yannick Sanchez
et AFP

Qui dirigera les grandes villes du pays ? Deux sondages réalisés à la sortie des urnes donnaient des résultats serrés aux élections municipales à Madrid et Barcelone, ce dimanche 24 mai dans la soirée. Les listes issues du mouvement des "indignés" se disputeraient la première place avec la droite et les nationalistes

Mais aucun parti ne s'approcherait de la majorité absolue dans la capitale et la deuxième ville d'Espagne. Ce qui laisse prévoir des tractations délicates entre les conseillers municipaux pour choisir un maire, selon les sondages de TNS Demoscopia et GAD3. 

Deux nouveaux acteurs

Les Espagnols étaient appelés aux urnes pour élire 8.122 maires et renouveler 13 des 17 parlements régionaux. Le moment est historique après 40 ans de bipartisme. Au "Parti populaire" de l'actuel chef du gouvernement Mariano Rajoy et au Parti socialiste sont venus s'ajouter le parti de gauche "Podemos" et celui de centre droit "Ciudadanos".

C'est un peu le choix de la vieille politique ou des nouveaux partis, gérés par des trentenaires, plus novices en termes d'expérience politique mais non moins redoutables. Pour la première fois, ni le Parti populaire (PP) ni le Parti socialiste (PSOE), qui dirigent alternativement l'Espagne depuis quarante ans, ne devraient être en mesure de décrocher la majorité dans douze des treize régions appelées aux urnes

Les indignés de Podemos ont bouleversé le jeu politique traditionnel

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Podemos se veut la synthèse des revendications des "indignés", mouvement de contestation pacifiste et anti-libéral né en 2011. La création du parti politique date de janvier 2014. En quelques mois, Podemos est venu bouleverser le jeu politique traditionnel et a même été plusieurs fois crédité de victoire dans les sondages. 

Mais depuis la refonte des statuts du parti fin 2014 et le choix d'une organisation plus verticale autour de son secrétaire général Pablos Iglesias, une crise en interne a terni l'image du parti et douché l'espoir de certains militants. Il y a trois semaines, un des fondateurs et piliers du mouvement, Juan Carlos Monedero a quitté le parti avec fracas. 

Ciudadanos, faiseur de rois

Les regards sont également tournés vers le parti de centre droit "Ciudadanos", qui apparaît comme une des clés indispensables pour former des majorités dans les conseils régionaux et municipaux. À sa tête, un avocat de 35 ans, Albert Riveira qui affirme s'être lancé dans l'arène politique il y a six mois par surprise. 

Qualifié par la presse de "Podemos de droite", Ciudadanos a pris tout le monde de court. Cette formation, née en 2006 en Catalogne en réaction à la montée du nationalisme et pour le progrès social, semblait n’avoir qu’une vocation régionale. C’était jusqu’à ce qu’elle décide, il y a six mois, de se lancer sur la scène politique nationale et de se présenter dans toute l’Espagne aux élections de ce dimanche.

Le discours anti-corruption d'Albert Rivera fait mouche alors que les scandales n'en finissent plus parmi les élus, à droite comme à gauche. Les sondages pronostiquent une dispersion des votes vers les deux nouveaux partis : Ciudadanos capterait surtout la frange centriste des électeurs du Parti populaire (PP), alors que les votants du Parti socialiste (PSOE) seraient surtout tentés par l’alternative Podemos, nettement plus à gauche. 

Concernant de futures alliances, Albert RIvera botte en touche tout en affirmant "ne pas être l'ennemi du PP, du PSOE ni de Podemos, mais celui du chômage et de la corruption".

Des élections marquées par une crise sans précédent

Ces élections interviennent après une crise de presque six ans en Espagne, ayant entraîné des traumatismes qui n'ont pas encore pu être soignés par la reprise économique amorcée en 2014 (+1,4%). Des dizaines de milliers d'Espagnols ont perdu leur logement. Des milliers de jeunes ont émigré pour fuir le chômage touchant la moitié d'entre eux et encore 23,7% de la population active.

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