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Les plus belles plongées de François Sarano
Crédit : Skeeze
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Le drame a bouleversé l’Italie et les Maldives. Cinq plongeurs italiens expérimentés ont trouvé la mort jeudi 14 mai lors d’une plongée dans une grotte sous-marine de l’atoll de Vaavu, aux Maldives. Un premier corps avait été retrouvé le jour même, puis deux autres mardi, à environ 60 mètres de profondeur.
Les corps des deux derniers plongeurs italiens morts dans une grotte sous-marine ont été remontés mercredi 20 mai, selon les autorités. "Les deux (dépouilles) ont été remontées à la surface à 15 minutes d'intervalle, à l'issue d'une opération de récupération complexe", a indiqué le porte-parole du gouvernement des Maldives, Mohamed Hussain Shareef.
L’accident a aussi coûté la vie à un plongeur de la Force nationale de défense des Maldives, décédé samedi après des complications liées à la décompression pendant les opérations de recherche.
Les cinq victimes participaient à une mission scientifique liée à l’étude des récifs coralliens et du changement climatique. Parmi elles figurait la biologiste marine italienne Monica Montefalcone, professeure à l’Université de Gênes, accompagnée de sa fille Giorgia Sommacal, ainsi que deux jeunes chercheurs, Federico Gualtieri et Muriel Oddenino. La cinquième victime était leur instructeur de plongée, Gianluca Benedetti.
"L'activité de plongée au cours de laquelle l'accident s'est produit ne faisait pas partie des activités prévues par la mission scientifique, mais a été effectuée à titre personnel", a tout de même précisé l'université au quotidien italien Corriere della Sera.
Le groupe avait embarqué à bord du bateau de croisière de plongée “Duke of York” pour explorer une zone connue sous le nom de Thinwana Kandu, parfois surnommée “Shark Cave” dans les médias locaux et italiens.
Très vite, l’enquête s’est concentrée sur un élément central : la profondeur de la plongée. Aux Maldives, les plongées touristiques sont officiellement limitées à 30 mètres. Or, les victimes auraient atteint entre 50 et 60 mètres de profondeur dans une grotte sous-marine particulièrement dangereuse.
Certains enquêteurs s’interrogent aussi sur l’organisation même de cette plongée. Le bateau depuis lequel le groupe a plongé ne disposait apparemment pas d’autorisation pour ce type de plongée technique profonde. Des questions portent également sur l’équipement utilisé, la planification des paliers de décompression et les procédures de sécurité mises en place avant l’exploration de la grotte. La licence du “Duke of York” a été suspendue dans l’attente des conclusions de l’enquête.
À ce stade, les enquêteurs italiens et maldiviens n’ont établi aucune cause officielle mais plusieurs pistes sont étudiées pour comprendre ce qui a pu provoquer la mort simultanée de cinq plongeurs pourtant très expérimentés. Le New York Post assure que, selon plusieurs experts, il pourrait s'agir d'un problème lié à la profondeur et aux gaz respiratoires.
Les victimes auraient atteint environ 60 mètres dans une grotte sous-marine, soit le double de la limite autorisée pour les plongées touristiques aux Maldives. À cette profondeur, une plongée à l’air devient extrêmement risquée.
Les spécialistes évoquent notamment une possible narcose à l’azote, un phénomène parfois qualifié “d’ivresse des profondeurs”, qui peut altérer le jugement, ralentir les réactions et provoquer des erreurs fatales. Ils n’excluent pas non plus un problème de mélange gazeux, une toxicité de l’oxygène ou encore une consommation trop rapide de l’air dans un environnement stressant.
Une autre piste étudiée concerne les courants à l’intérieur de la grotte. Selon le quotidien The Sun, les images du sauvetage laisseraient penser que les plongeurs se sont retrouvés piégés dans une cavité, sans parvenir à en sortir, avant de manquer d’air. Les plongeurs auraient pu être confrontés à un puissant courant sous-marin, parfois décrit comme un “effet Venturi”, capable d’aspirer brutalement des plongeurs dans des passages étroits ou de les empêcher de ressortir.
"Deux scénarios sont possibles après l'aspiration. Soit tout le monde a été aspiré (dans la grotte, ndlr), soit une personne a été aspirée et les autres ont tenté de la secourir", a expliqué Alfonso Bolognini, président de la Société italienne de médecine sous-marine et hyperbare, à l'agence de presse italienne Adnkronos.
Les grottes sous-marines comptent parmi les environnements les plus dangereux en plongée, car elles combinent obscurité, visibilité réduite, orientation difficile et impossibilité de remonter directement à la surface en cas de problème. Dans un tel contexte, une désorientation ou un mouvement de panique peut rapidement devenir dramatique.
Les conditions météo du jour de l’accident sont également prises en compte. Les Maldives connaissaient alors une mer agitée et des courants particulièrement forts dans la zone de Vaavu. Même pour des plongeurs expérimentés, ces conditions peuvent compliquer l’entrée dans une cavité sous-marine, perturber les repères et rendre la remontée beaucoup plus difficile.
Pour de nombreux experts italiens, le fait qu'aucun des cinq plongeurs n’a réussi à remonter laisse penser qu’un événement soudain a pu se produire au fond de la grotte, piégeant simultanément tout le groupe. Les enquêteurs cherchent notamment à reconstituer les dernières minutes de la plongée. Certains médias italiens évoquent l’existence possible d’images sous-marines enregistrées pendant l’expédition, sans qu’aucune récupération de caméra n’ait été officiellement confirmée à ce stade.
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