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Crise grecque : pour DSK l'accord est "néfaste, presque mortifère"

Dans une lettre ouverte adressée à ses "amis allemands", Dominique Strauss-Kahn explique que l'accord négocié par la Grèce est "effrayant".

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Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Dominique Stauss-Kahn a publié une longue lettre ouverte, en Anglais, Français et en Allemand, s'adressant "à [ses] amis allemands". Une longue lettre dans laquelle il revient sur la crise grecque et l'accord qui a été arraché après de nombreux jours de négociations et un risque réel de voir la Grèce sortir de la zone euro (le Grexit). L'ancien directeur du FMI a reconnu les efforts de François Hollande qui "a tenu bon", et aussi qu'Angela Merkel "a bravé ceux qui ne voulaient à aucun prix d'un accord". "Mais les conditions de cet accord, quant à elles, sont proprement effrayantes pour qui croit encore en l'avenir de l'Europe. Ce qui s'est passé pendant le week-end dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère", lance inquiet DSK. 

L'ancien ministre de l'Économie française a tout d'abord amené le débat sur un terrain philosophique et historique, rappelant que la construction européenne est "une longue histoire, une formation longue de dizaines, de centaines d'années, une succession de douleurs parfois, de grandeur bien sûr, et de conflits aussi, entre nous, entre frères européens". Dominique Strauss-Kahn a ensuite estimé que certains dirigeants politiques ont sans doute voulu "saisir l'occasion d'une victoire idéologique sur un gouvernement d'extrême gauche au prix d'une fragmentation de l'Union".

Retrouver ses origines et envisager la Méditerranée comme notre mer intérieure

Dominique Strauss-Kahn
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Sur le plan économique, DSK qui s'est prononcé en faveur d'une restructuration de la dette a regretté qu'"à compter nos milliards plutôt qu'à les utiliser pour construire, à refuser d'accepter une perte -pourtant évidente- en repoussant toujours un engagement sur la réduction de la dette, à préférer humilier un peuple parce qu'il est incapable de se réformer, à faire passer des ressentiments – pour justifiés qu’ils soient – avant des projets d’avenir, nous tournons le dos à ce que doit être l’Europe, nous tournons le dos à la solidarité citoyenne d’Habermas". 

Revenant sur les raisons même qui font qu'une Europe unie est primordiale selon Dominique Strauss-Kahn, il explique que la mondialisation rend incontournable un espace européen fort, qui ne se vassalise pas aux États-Unis. "Pour survivre parmi les géants, l'Europe devra regrouper tous les territoires compris entre les glaces du Nord, les neiges de l'Oural et les sables du Sud. C'est à dire retrouver ses origines et envisager, à l'horizon de quelques décennies, la Méditerranée comme notre mer intérieure", analyse DSK. 

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Toujours en s'adressant aux Allemands il leur demande clairement de ne pas négliger le Sud "qui apportera à la vieille Europe le sang neuf des jeunes générations". "Jamais le repli sur le Nord ne suffira à vous sauver. Vous, comme tous les Européens, avez besoin de l’ensemble de l’Europe pour survivre, divisés nous sommes trop petits. (...) L’enjeu est de taille. Une alliance de quelques pays européens, même emmenée par le plus puissant d’entre eux, sera peu capable d’affronter seule la pression russe et sera vassalisée par notre allié et ami américain à une échéance qui n’est peut être pas si lointaine", prévient-il.

 

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