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Contrats vierges, travailleurs mineurs, heures supplémentaires : les peluches Labubu confectionnées par des travailleurs exploités, selon une ONG

L'ONG China Labor Watch met en lumière, dans un rapport publié le 13 janvier, les conditions de fabrication douteuses des peluches phénomènes dans une usine chinoise.

Le fabricant chinois des Labubu accusé d’exploiter ses travailleurs. (Illustration)

Crédit : AFP - LILLIAN SUWANRUMPHA

Jérémy Descours

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Le phénomène des peluches Labubu, ces petites créatures aux dents acérés devenues objets de mode et de collection à travers le monde, se trouve aujourd’hui au cœur d’une controverse liée aux conditions de fabrication dans une usine chinoise. Selon un rapport, publié le 13 janvier 2026, par l’ONG China Labor Watch (CLW), une organisation américaine de défense des droits du travail, l’un des sites de production de ces jouets à succès présenterait des violations significatives des droits des ouvriers. 

L’enquête s’est déroulée pendant trois mois dans l’usine Shunjia Toys, située dans la province du Jiangxi, dans le sud-est de la Chine, qui emploie plus de 4.500 personnes pour produire les peluches Labubu destinées au groupe Pop Mart, propriétaire de la marque. L’ONG a interrogé une cinquantaine de salariés et examiné des pratiques internes jugées "alarmantes". 

Des mineurs qui ne comprennent pas "la nature des contrats" signés

Parmi les principaux constats, l'ONG CLW pointe des heures supplémentaires largement au-delà de la limite légale en Chine, avec des salariés travaillant jusqu’à parfois plus de 100 heures supplémentaires par mois. Les contrats de travail sont souvent "incomplets" ou "vierges", signés à la hâte sans informations claires sur les salaires, les horaires ou les fonctions, ce qui, selon l’ONG, prive les ouvriers de garanties essentielles. 

L’enquête relève également que des travailleurs âgés de 16 à 18 ans sont employés dans les mêmes conditions que les adultes, sans les protections spécifiques prévues par la loi chinoise pour les jeunes travailleurs. 

"Les travailleurs mineurs ne comprenaient généralement pas la nature des contrats qu'ils signaient et n'avaient aucune idée claire de leur statut légal lorsqu'on les interrogeait à ce sujet", indique le rapport de CLW.

Une enquête prise "très au sérieux" par Pop Mart

Pour l’ONG, ces éléments ne sont pas des cas isolés mais reflètent des pratiques structurelles liées à la forte demande mondiale pour ces jouets et à la pression des chaînes d’approvisionnement. CLW appelle Pop Mart à prendre des mesures immédiates, à indemniser les travailleurs concernés et à garantir le respect des normes légales et internationales dans toute sa chaîne de production. 

Du côté de Pop Mart, l’entreprise a déclaré qu’elle prenait ces allégations "très au sérieux", qu’elle mène sa propre enquête et qu’elle renforce ses audits pour assurer le bien-être des ouvriers sur ses sites et chez ses sous-traitants. 

"Chez Pop Mart, nous prenons très au sérieux le bien-être et la sécurité des travailleurs de nos usines (...). Nous prenons en compte les informations portées à notre attention et menons actuellement une enquête. Pop Mart continuera de renforcer ses mécanismes d'audit et de contrôle de la chaîne d'approvisionnement". 

Contactée par l'ONG, l’usine Shunjia Toys n'a, à cette heure, pas fait de commentaire. 

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