3 min de lecture Religions

Condamné à l'état végétatif, un Argentin parle et marche

Des prières à un curé décédé en 1914 sont censées avoir miraculeusement guéri Nicolas Flores, victime de lésions cérébrales censées être irréversibles.

Le curé José Gabriel Brochero est adoré en Argentine
Le curé José Gabriel Brochero est adoré en Argentine Crédit : DIEGO LIMA / AFP
Michael Ducousso et AFP

Le père José Gabriel Brochero a changé la vie de Nicolas Flores. Ce jeune Argentin qui devrait vivre dans un état végétatif, à cause de lésions cérébrales irréversibles, parle et marche. La médecine ne parvient pas à l'expliquer. L'Église catholique sait, elle, très bien de quoi il s'agit : c'est un miracle. Voilà pourquoi José Gabriel Brochero, déjà béatifié en 2013 par le Vatican, va être canonisé dimanche 16 octobre et devenant ainsi le premier saint argentin.

Représenté sur une mule, vêtu d'un poncho coloré, une tasse de maté, l'infusion traditionnelle argentine à la main, le curé fait l'objet d'une adoration dans la province de Cordoba,  au centre du pays. Car les fidèles du père Brochero, réputé austère, et l'Église de Rome lui attribuent des guérisons miraculeuses, visées par la très officielle Congrégation pour la cause des saints.

Le saint guérisseur des lésions au cerveau ?

Ainsi Nicolas Flores n'aurait même pas dû survivre à l'accident de voiture dont il a été victime, en 2000, alors qu'il n'avait que 11 mois. Les pompiers l'ont déclaré mort en arrivant sur les lieux de l'accident, avant de se rendre compte qu'il respirait encore. Dans l'accident, le grand-père maternel est mort, la mère et la grand-mère de l'enfant dans un état critique. À l'hôpital, il fait trois arrêts cardiaques, mais il est réanimé. Pendant son hospitalisation, ses parents, Sandra Violino et Osvaldo Flores, n'ont jamais cessé de prier en invoquant la mémoire du curé, décédé en 1914. Du coup, pour eux, il n'y a pas de doute : "Nico est un miracle du curé Brochero".

La guérison de Nicolas Flores n'est pas le seul miracle du père Brochero reconnu par l'Église qui lui attribue aussi la guérisse de Camila Brusotti Rios. "Deux cas présentant des lésions au cerveau", souligne Santiago Olivera, évêque du diocèse. Le cas de Camila Brusotti est glaçant. Brutalisée en 2013 par sa mère et son beau-père, la fillette de neuf ans arrive dans un état désespéré à l'hôpital. Pendant que les parents, entendus par la police, se renvoyaient la responsabilité des coups dans leur déclaration à la police, la grand-mère invoquait le curé Brochero et, après plusieurs mois dans le coma, elle s'est réveillée et mène aujourd'hui une vie normale. Encore une fois les médecins sont stupéfaits. Ses parents ont été emprisonnés et la grand-mère l'a élevée dans l'adoration du curé Brochero.

"L'enfant du miracle"

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Carlos Rezzonico, pédiatre de 89 ans, a participé comme expert à l'étude du cas Nicolas Flores, à la demande du Vatican. "Il est pratiquement impossible d'expliquer pourquoi il a survécu", confie-t-il dans son cabinet de consultation en montrant les plaques qui révèlent l'absence d'hémisphère gauche dans la boîte crânienne. "Si je ne connaissais pas le patient, poursuit-il, je dirais qu'il a de graves séquelles neurologiques". "Il est inexplicable qu'avec cette lésion, il ait les capacités intellectuelles qu'on lui connait". Car le jeune homme s'exprime certes avec difficulté, mais il semble heureux.

Supporteur du club de football de River Plate dont il arbore souvent un maillot, il va dans un collège spécialisé adapté à son handicap, fait de la natation et continue de suivre une kinésithérapie deux fois par semaine. "Nico a une énergie et une volonté qui me surprennent tous les jours", témoigne sa kiné Yanina Paola Varas. Voici deux ans, il a été opéré d'une hanche et les médecins l'ont averti qu'il ne pourrait plus marcher après l'intervention. Ses parents ont acheté un fauteuil roulant. Mais "l'enfant du miracle", comme on le nomme en Argentine, a encore déjoué les pronostics, malgré les 10 centimètres de différence de longueur de jambe. C'est grâce à l'aide du curé Brochero, assurent ses parents.

Né en 1840, le curé Brochero est mort en 1914 aveugle et atteint de la lèpre. Fait inhabituel, l'exhumation en 1973 du religieux a révélé que sa masse encéphalique était encore intacte. Un bourg porte son nom, Villa Cura Brochero. En mars, ses 7.000 habitants voient défiler par milliers les fidèles ou chercheurs de miracles.

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