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"Ce qu'on lisait ne nous a pas plu" : les révélations qui ont précipité la chute de Kimberly Guilfoyle, l'ambassadrice de Trump en Grèce

Donald Trump a écarté Kimberly Guilfoyle de son poste d'ambassadrice en Grèce, sur fond de révélations sur des dépenses, de possibles faveurs et de cadeaux jugés inappropriés. Figure du camp trumpiste, l'ex-présentatrice de Fox News conteste les accusations et promet de défendre sa réputation.

L'ambassadrice des États-Unis Kimberly Guilfoyle à l'ambassade américaine d'Athènes le 7 octobre 2026.

Crédit : Mark Schiefelbein / POOL / AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

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Donald Trump n'a pas tardé à trancher. Le président des États-Unis a renvoyé mardi 13 octobre l'ambassadrice américaine en Grèce, Kimberly Guilfoyle, après plusieurs jours de révélations embarrassantes dans la presse américaine. La porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, a indiqué qu'il lui avait été demandé de démissionner.

Le président américain a confirmé la décision devant des journalistes. "Elle faisait du bon travail, mais ce qu'on lisait ne nous a pas plu", a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il ne lui avait pas parlé mais qu'"elle ne sera plus là".

Sur X, l'ex-fiancée de Donald Trump Jr, le fils du président américain, a rejeté les accusations et défendu son action à Athènes. Elle a assuré que ces allégations étaient "fausses" et dit vouloir défendre "vigoureusement" son "honneur", sa "réputation" et son "intégrité", tout en reconnaissant que son mandat pouvait toucher à sa fin.

Des débuts déjà très remarqués fin 2024

Ancienne procureure en Californie, âgée de 57 ans, Kimberly Guilfoyle avait été nommée ambassadrice en Grèce en décembre 2024, avant de prendre ses fonctions à Athènes près d'un an plus tard. À l'époque, la presse grecque avait aussi ressorti d'anciennes déclarations de 2015 dans lesquelles elle qualifiait les Grecs de "profiteurs" au plus fort de la crise financière.

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À son arrivée en novembre 2025, elle avait rapidement attiré l'attention des médias grecs, entre apparitions mondaines, conférences sur l'énergie et déplacements très suivis. À Athènes, elle s'était employée à promouvoir les intérêts américains, notamment dans les ports et l'énergie, un secteur stratégique pour Washington alors que la Grèce développe ses terminaux de gaz naturel liquéfié.

Des révélations embarrassantes

Cette éviction intervient quelques jours après la visite à Athènes du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, en partie éclipsée par l'affaire. Selon plusieurs médias, il serait rentré à Washington "furieux", sans commenter publiquement le fond du dossier.

Le Wall Street Journal a publié plusieurs articles sur l'ancienne animatrice de Fox News, figure du mouvement "Make America Great Again". Le quotidien affirme, captures d'écran à l'appui, qu'elle a échangé pendant des mois avec Eric Deters, juriste et ancien candidat au Congrès dans le Kentucky, qui cherchait l'aide de l'administration Trump pour régler des problèmes fiscaux.

Selon le journal, ce riche donateur, qui a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au camp républicain depuis 2020, aurait aussi été sollicité pour régler le solde de la carte de crédit de Kimberly Guilfoyle qui s'élevait à 100.000 dollars. "Chéri, j’ai besoin que tu me fasses cela aujourd’hui", lui a-t-elle écrit. 

Il n'aurait pas donné suite, expliquant que cela mettrait son mariage en péril. "Cela ne se verra pas si tu vires l’argent à American Express", avait-elle tenté de le convaincre dans un message écrit le 3 juillet 2025 sur la message Signal. 

Une enquête sur de possibles cadeaux

Le Wall Street Journal a également rapporté, sur la base d'enregistrements, des conversations dans lesquelles l'ambassadrice se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d'affaires grecs. D'autres médias américains ont évoqué ces derniers jours de possibles conflits d'intérêts impliquant l'ex-fiancée de Donald Trump Jr.

L'inspecteur général du département d'État mène actuellement une enquête pour déterminer si Kimberly Guilfoyle a reçu des cadeaux inappropriés, selon la presse américaine.

Athènes demande des comptes à Washington

Les partis d'opposition grecs ont demandé mercredi des explications au gouvernement conservateur après le renvoi de l'ambassadrice. Dimitris Mantzos, chargé des affaires étrangères au principal parti de l'opposition grecque, Pasok (socialiste), a appelé le gouvernement à "s'expliquer" sur ces révélations "concernant des menaces présumées d'ingérence directe dans la vie politique et le fonctionnement démocratique de la Grèce".

"Kimberly Guilfoyle avait un rôle de médiation ou de promotion d'intérêts économiques bénéficiant d'un accès privilégié, notamment dans le secteur de l'énergie", a déclaré Dimitris Mantzos. "Quelle est la position du gouvernement face aux évolutions susmentionnées ?", a-t-il demandé. "Le ministère des Affaires étrangères a-t-il jamais convoqué à ce jour l'ambassadrice des États-Unis afin qu'elle fournisse des explications sur les incidents susmentionnés ?"

Le Pasok comme d'autres partis d'opposition avaient demandé au gouvernement grec la semaine dernière, lors d'une visite officielle du chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à Athènes, des détails sur "le contenu, l'objectif et l'utilité des accords énergétiques, de défense et autres qui ont été conclus" entre la Grèce et les États-Unis.

Le Pasok rappelle que M. Rubio "avait alors exprimé le plein soutien du gouvernement des États-Unis à l'ambassadrice aujourd'hui révoquée", malgré les révélations du WSJ dans une série d'articles sur cette ancienne animatrice de la chaîne américaine conservatrice Fox News devenue une figure du mouvement trumpiste Make America Great Again.

Le parti de gauche radicale Syriza a accusé le gouvernement du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis d'"avoir choisi le silence" et de "s'être même abstenu d'exiger publiquement des explications" auprès des États-Unis. Pour le gouvernement, la question du renvoi de l'ambassadrice américaine est "une affaire des États-Unis" et "n'affecte pas les relations gréco-américaines", a affirmé le vice-président du gouvernement Kostis Hadzidakis lors d'un entretien mercredi à la télévision publique Ertnews.

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