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"Ce n’est pas seulement une question grecque" : Athènes relance la bataille avec Londres pour les marbres du Parthénon

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis veut relancer la bataille pour le retour à Athènes des sculptures du Parthénon conservées au British Museum. Face au blocage des négociations, la Grèce cherche désormais à porter le dossier sur le terrain politique et européen.

Une partie des sculptures appartenant au Parthénon d'Athènes exposée au British Museum.

Crédit : Dimitris Kapantais / SOOC / SOOC via AFP

Eléonore Aparicio

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Athènes hausse le ton. Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a annoncé mardi 6 octobre son intention d'intensifier les efforts pour obtenir le retour en Grèce des célèbres marbres du Parthénon, dont une partie est exposée depuis plus de deux siècles au british Museum, à Londres. Le contentieux est ancien et après plusieurs années de discussions avec la direction du British Museum, Athènes accentue la pression sur le gouvernement britannique.

À l'approche de la présidence tournante de l'UE que la Grèce exercera au second semestre 2027, Kyriakos Mitsotakis veut faire des marbres du Parthénon un sujet central dans le dialogue entre Londres et l'Union européenne. Le Premier ministre grec insiste : "ce n'est pas seulement une question pour la Grèce, c'est une question pour l'Europe". 

Il assure vouloir "intensifier" les démarches de la Grèce auprès du gouvernement britannique, jugeant que les discussions engagées depuis des années avec le British Museum "n'ont pas avancé".

Un monument partagé entre Londres et Athènes

Ces sculptures proviennent du Parthénon, le temple édifié au Ve siècle avant notre ère sur l'Acropole d'Athènes. Une part importante de ces sculptures est aujourd'hui conservée au British Museum, à Londres. Elles ont été emportées au début du XIXe siècle à l'initiative de Thomas Bruce, comte d'Elgin, alors ambassadeur britannique auprès de l'Empire ottoman, qui dominait la Grèce à cette époque.

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La légalité et la légitimité de cette opération font depuis longtemps l’objet d’un débat. Londres souligne historiquement qu’Elgin avait obtenu l’autorisation des autorités ottomanes et que les sculptures furent ensuite légalement acquises par l’État britannique. Athènes conteste cette lecture et considère que des éléments essentiels d’un monument grec doivent être réunifiés dans leur lieu d’origine.

Depuis 2009, le musée de l’Acropole dispose d’espaces spécialement conçus pour présenter les sculptures conservées à Athènes tout en matérialisant les parties manquantes.

Un obstacle juridique britannique

Même en cas d'accord politique, un retour définitif des marbres resterait juridiquement complexe. Le British Museum est en effet soumis au British Museum Act de 1963, qui encadre très strictement la sortie définitive d'objets de ses collections. Un transfert de propriété pourrait donc exiger une modification de la loi britannique, ou la mise au point d'un autre montage juridique. 
C'est aussi pour cette raison que les discussions ont longtemps porté sur des formules de partenariat ou de prêt, plutôt que sur une restitution en bonne et due forme. Mais pour Athènes, le dossier dépasse désormais le seul cadre muséal : la Grèce veut que le gouvernement britannique en assume pleinement la portée politique.


Athènes avance également l'idée d'un partenariat culturel. En contrepartie, des antiquités grecques majeures pourraient être prêtées régulièrement à Londres, ce qui permettrait au British Museum de continuer à exposer des pièces d'exception au public britannique.

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