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"C’était du sarcasme" : le Parti populaire espagnol vole au secours de Mariano Rajoy après ses propos racistes sur les Bleus

Au lendemain de la polémique provoquée par les déclarations de l’ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy sur l’équipe de France, la direction du Parti populaire (PP) prend sa défense.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, à Madrid le 27 octobre 2017

Crédit : CRÉDITOSCAR DEL POZO / AFP

Yasmine Boutaba

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La controverse lancée par l'ancien président espagnol prend une nouvelle tournure politique en Espagne. Le Parti populaire (PP), principale formation de droite en Espagne, refuse de désavouer son ancien dirigeant. 

Ce lundi 13 juillet, son porte-parole national Borja Sémper a estimé que les propos de Mariano Rajoy relevaient du "sarcasme" et étaient prononcés "sans mauvaises intentions". Selon lui, l’ancien président du gouvernement exprimait simplement son soutien à la Roja avant la demi-finale de Coupe du monde face à la France. "C'était juste des commentaires en faveur de l'Espagne", conclut il.

Cette prise de position intervient après une polémique déclenchée par une tribune publiée par Mariano Rajoy dans El Debate. L’ancien chef du gouvernement, au pouvoir de 2011 à 2018, y écrivait que l’équipe de France était "d’un très haut niveau" mais "sans aucun Français", en référence aux origines de nombreux internationaux français. "Pourtant, sur les 26 joueurs convoqués, 23 sont nés en France et tous possèdent la nationalité française", comme a tenu à le souligner l'ambassade de France à Madrid dans un tweet ce lundi.

Face aux accusations de racisme, Borja Sémper a minimisé la portée des propos de son ancien dirigeant. "Pour jouer en équipe de France, il faut être Français; sinon, on ne pourrait pas y jouer", a-t-il déclaré, qualifiant cette affirmation de "bon sens". Le responsable du PP a insisté sur le fait "qu’il ne fallait pas attribuer d’autre interprétation à ces déclarations".

La droite et l’extrême droite espagnoles se divisent

La défense de Rajoy ne fait toutefois pas l’unanimité. Au sein même du Parti populaire, le président de l’enclave espagnole de Ceuta, Juan Vivas, a pris ses distances en rappelant que la nationalité "n'est pas déterminée par la culture ou l’ethnicité". L’ancien dirigeant du PP catalan Alejo Vidal-Quadras a lui aussi estimé que définir les Français selon des critères ethniques constituait un "terrain dangereux".

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En Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez réclame qu’Alberto Núñez Feijóo, président du PP, condamne ces propos, qualifiés de "racistes" et "xénophobes". L’exécutif accuse même Mariano Rajoy d’avoir provoqué un "désordre diplomatique" avec le principal partenaire commercial de l’Espagne.

Le parti espagnol d'extrême droite Vox a, lui, préféré ne pas alimenter la polémique, appelant à "ne pas politiser" le football et à se concentrer sur "des choses sérieuses".

Les propos de Mariano Rajoy ont aussi suscité une vive indignation en France. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a rappelé sur BFMTV ce lundi que "la France n’a pas de couleur de peau", estimant que "toute affirmation contraire relève de la bêtise, du racisme ou d'une combinaison des deux". 

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