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Bolivie : l'avortement reste un crime pour la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle de la Bolivie a rejeté la dépénalisation de l'avortement réclamée par des groupes féministes et a reconnu le droit à la vie dès la conception.

Le parti de Evo Morales, le président bolivien, avait présenté une demande auprès de la Cour pour dépénaliser l'avortement .
Le parti de Evo Morales, le président bolivien, avait présenté une demande auprès de la Cour pour dépénaliser l'avortement . Crédit : PATRICK DOMINGO / AFP
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et AFP

Les mots sont durs et pesés. "L'avortement est un crime" et "cette décision de la Cour constitutionnelle est une reconnaissance du droit à la vie", a déclaré le juge Gualberto Cusi dans la ville de Sucre (sud-est), siège du pouvoir judiciaire ce jeudi 13 février.

Confirmant ainsi le rejet de la dépénalisation, soutenu notamment par l’Église catholique, le magistrat a indiqué que cette décision "respectait l'intérêt de la société" et qu'elle était fondée "sur le raisonnement selon lequel la vie doit être respectée dès la conception".

L'avortement vu comme un délit

La député Patricia Mancilla, membre du parti du président socialiste Evo Morales, et des organisations féministes avaient présenté en juin dernier une demande auprès de la Cour pour dépénaliser l'avortement et abolir les sanctions en figurant dans le Code pénal depuis les années 70.

"Tout avortement est un délit, c'est ce que je comprends, mais de façon officielle, je veux dire que nous évoquerons (avec les ministres) les débats qui agitent l'opinion publique", a déclaré le président Morales après l'annonce de cette décision. Toute initiative visant à modifier la loi en faveur de l'avortement a été rejetée notamment par l'Eglise, les organisations évangélistes et des organisations pro-vie.

De deux à six ans de prison en cas d'avortement

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"Même les pierres parlent et sont vivantes. Si même une pierre est vivante, comment pouvons-nous ne pas protéger la vie d'une personne ?", s'est exclamé pour sa part le juge Cusi, d'origine indienne aymara. "Nous ne pouvons pas aller à l'encontre de nos principes et de nos valeurs", a-t-il ajouté.

Le Code pénal bolivien prévoit une peine de deux à six ans de prison pour tout médecin ou personne pratiquant un avortement. L'interruption de grossesse n'est permise qu'en cas de viol sur mineure et lorsque la vie de la mère est en danger.

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