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"Bienvenue dans l'ère des pirates" : François Lenglet dénonce le "racket" du péage à 2 millions de dollars imposé par l'Iran à Ormuz

Le parlement iranien s'apprête à adopter une loi pour installer un péage pour les navires du détroit d'Ormuz. Le tarif visé pour un passage s'élèverait jusqu'à deux millions de dollars. Un nouveau moyen de pression de l'Iran qui sonne l'alerte sur la sécurité des routes maritimes et pourrait aggraver la crise des coûts de l'énergie.

Le détroit d'Ormuz, au Moyen-Orient, le 25 juin 2025.

Crédit : Giuseppe CACACE / AFP

"Bienvenue dans l'ère des pirates" : François Lenglet dénonce le "racket" du péage à 2 millions de dollars imposé par l'Iran à Ormuz

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"Bienvenue dans l'ère des pirates" : François Lenglet dénonce le "racket" du péage à 2 millions de dollars imposé par l'Iran à Ormuz

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Bienvenue dans l'ère des pirates. Le parlement iranien est en train de voter une loi visant à installer un péage pour les navires transitant par le détroit d'Ormuz, passage stratégique mis à mal depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Le tarif visé pour un passage s'élèverait jusqu’à deux millions de dollars, un tarif qui aurait déjà été exigé de façon informelle à certains navires empruntant cette voie navigable ces derniers jours, selon certaines sources. C'est une forme de racket, de l'extorsion. À titre de comparaison, le prix moyen pour franchir le canal de Suez est de 500.000 euros.


Ce bras de mer d’une trentaine de kilomètres de large est l’une des principales artères du commerce international. Il est vital pour les hydrocarbures, les engrais, l’aluminium, l’hélium et le naphtalène, car il n’y a pas d’itinéraire alternatif, à cause de la géographie qui enclave les pays du Golfe. L'Iran n'a formellement pas le droit d'installer un tel dispositif, car ne lui appartient que la bande côtière des eaux territoriales. 

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Déjà 1 milliard de dollars récoltés

Mais la république islamique n’a jamais ratifié le traité international de la propriété des mers, qui date du début des années 1980, et les gardiens de la révolution se contrefichent de la légalité de la chose. Le pays exerce une contrainte par la violence, en menaçant d’attaquer les bateaux qui refuseraient de se plier à leur loi.

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En réalité, ce rançonnage a commencé de façon discrète à l'été 2025. De nombreux transporteurs ont accepté de payer : Téhéran aurait déjà reçu plus d’un milliard de dollars. Aujourd’hui, Donald Trump semble prêt à arrêter la guerre tout en abandonnant Ormuz aux Iraniens, car le détroit n’est que peu utilisé par les Américains.

Si elle se concrétise, cette décision risque d'aggraver la hausse des tarifs de l'essence et des autres produits, car le prix du transport va grimper. Un signal de plus qui témoigne de la montée des risques sur les routes commerciales internationales. 

Pendant des décennies, ces routes étaient sécurisées, et jamais un État ne se serait attribué le droit de brigander le trafic. Il y avait bien des pirates, au large de la Somalie ou en Asie, par exemple. Mais ils restaient de petits groupes de criminels armés. 

Les routes maritimes en danger

Cette fois, les gouvernements s'en mêlent, et d’autres artères sont proches de la bascule. À deux pas d’Ormuz, le détroit de Bab-el-Mandeb, qui permet de sortir de la mer Rouge, a vu son trafic chuter de plus de 50% à cause des attaques de rebelles Houthis. En Asie, le détroit de Taïwan est passé de facto sous le contrôle de la Chine. 

En Europe, la mer Noire est devenue dangereuse à cause de la guerre en Ukraine, tout comme la mer Baltique. Cette dernière est le théâtre de manœuvres russes et de vols de drones, quand ce ne sont pas les navires chinois qui sectionnent les câbles sous-marins. Enfin, en Amérique, le canal de Panama fait l’objet d’une lutte entre Pékin et Washington. Toutes les routes de la mondialisation se fragmentent sous la poussée des conflits.

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