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Amazon : Jeff Bezos accusé d'être un tyran dans le "New York Times"

Le journal américain a publié des témoignages d'employés d'Amazon, laissant penser que le PDG d'Amazon est un tyran dans son entreprise.

Jeff Bezos, le PDG d'Amazon (illustration)
Jeff Bezos, le PDG d'Amazon (illustration)
Crédit : David Ryder / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Philippe Corbé

Pousser ses employés à donner le meilleur d’eux même pour inventer le meilleur service aux clients. Jeff Bezos s’est toujours enorgueilli d’avoir bâti ainsi l’empire Amazon. Il vient de dépasser le géant de la grande distribution Wal-Mart au 1er rang mondial des commerçants les plus profitables. Bezos a amassé au passage la 5e fortune mondiale.

On sait que Bezos a construit sa recette commerciale sur la data, la collecte de données, pour proposer, grâce à la technologie, aux clients ce qu’ils pourraient aimer. On sait qu’il veut généraliser la livraison par drone et que ses immenses entrepôts grands comme des dizaines de terrains de football fonctionnent grâce à des mini robots mobiles qui collectent les colis.

De vifs témoignages contre le fonctionnement de l'entreprise

Mais l’enquête du New York Times, et sa centaine de témoignages (souvent anonymes), dépeint Bezos comme un tyran qui règne sur une armée de robots. Un mélange du "Dictateur" et des "Temps Modernes" de Chaplin, version cols blancs, car ce sont bien les cadres qui sont poussés à bout selon le quotidien.

"Presque toutes les personnes avec lesquelles j’ai travaillé, je les ai vues pleurer à leur bureau", explique une personne. "Quand tu n’es pas capable de donner absolument tout, 80 heures par semaine, ils le voient comme une faiblesse majeure", résume une autre. De son côté, un employé dénonce : "Une femme qui souffrait d’un cancer de la thyroïde a reçu de mauvaises notes de performance après son retour de traitement". Les femmes ne semblent pas épargnés. "Une autre employée qui avait perdu des jumeaux dans une fausse couche est partie dès le lendemain pour un déplacement professionnel. 'Excuse-moi, mais le travail ne se fera pas tout seul', lui a dit son patron", explique une autre personne.

Des emails envoyés après minuit, suivis de SMS leur demandant pourquoi ils restent sans réponse"

Un employé d'Amazon
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Les témoignages sont nombreux. Un employé note qu'une fois il n'a "pas dormi pendant quatre jours d'affilé". "Des emails envoyés après minuit, suivis de SMS leur demandant pourquoi ils restent sans réponse", résume un second.

D’autres décrivent l’encouragement à la délation, les notations et les classements permanents, les plus faibles en bas du classement virés. Beaucoup démissionnent au bout de quelques mois, mais Amazon garde ainsi les plus solides, conclut les journalistes du New York Times. 

Des internautes furieux dénoncent une "secte" et jurent de ne plus acheter chez Amazon. L'entreprise aux États-Unis ne vend pas que des CD et des livres, mais à peu près tout ce qu’on peut désirer, livré - parfois en quelques minutes - à domicile.

Amazon mène l'offensive dans le "Washington Post" et les télévisions

La machine Amazon a déployé une communication de crise efficace, de nombreux salariés défendent publiquement leur entreprise sur les réseaux sociaux, d’autres sont envoyés témoigner dans les journaux télévisés des grands networks qui traitent largement cette polémique.

Car cette dernière survient quelques jours après l’annonce de Netflix, autre nouvelle puissance qui propose désormais des congés maternité et paternité illimités pour conserver ses meilleurs éléments courtisés par d’autres géants du numérique.

Je sais que je quitterais une telle entreprise

Jeff Bezos

Jeff Bezos, qui possède le journal concurrent, le Washington Post, rend public un courrier à ses employés, "l’article ne décrit pas l’Amazon que je connais". "Je pense vraiment que quiconque travaillant dans une entreprise vraiment comme celle décrite dans le New York Times serait fou de rester. Je sais que je quitterais une telle entreprise", est-il écrit.

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