1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Alain Duhamel : "L'homme de poigne" Helmut Schmidt
2 min de lecture

Alain Duhamel : "L'homme de poigne" Helmut Schmidt

REPLAY / ÉDITO - L'ancien chancelier allemand décédé ce mardi 10 novembre a marqué l'histoire européenne.

Alain Duhamel
Alain Duhamel
Crédit : Damien Rigondeaud
Alain Duhamel : "L'homme de poigne" Helmut Schmidt
03:14
Alain Duhamel : la mort de l'"homme de poigne" Helmut Schmidt
03:16
Alain Duhamel

L'ancien chancelier allemand (1974-1982) Helmut Schmidt est mort à 96 ans mardi 10 novembre. Le président François Hollande eu raison de saluer "un grand européen" selon Alain Duhamel. "Il est le dernier chancelier allemand a avoir combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale, et sans doute celui qui a attaché le plus d'importance à la construction européenne, qui pour lui était une nécessité", note-t-il. Il mêlait les destins de l'Europe et de l'Allemagne.

Il a formé avec Valéry Giscard d'Estaing un couple improbable, pittoresque et presque mythique.

Alain Duhamel

Helmut Schmidt a formé avec Valéry Giscard d'Estaing un "couple improbable, pittoresque et presque mythique". Les deux hommes étaient aux antipodes. Le chancelier était d'origine modeste et vivait simplement, contrairement à au président français. Pourtant ils se sont mis d'accord pour inventer le système monétaire européen au moment des deux chocs pétroliers successifs, organiser l'élection du Parlement européen au suffrage universel direct, ou encore pour organiser les premiers sommets mondiaux.

"La seule fois où je les ai vus en désaccord, c'est parce qu'ils avaient voulu parler anglais directement l'un avec l'autre sans interprète, et qu'ils s'étaient mal compris", sourit Alain Duhamel. Pour le reste, Helmut Schmidt était aussi un homme à poigne. Par exemple dans la crise des fusées, c'est grâce à lui que les Soviétiques n'ont pas pu prendre un avantage en Europe.

Quand il a été obligé que quitter le pouvoir en 1982, François Mitterrand était bien content.

Alain Duhamel

Il incarnait une sociale-démocratie pragmatique, quand le parti socialiste en France défendait une ligne beaucoup plus radicale. "Les rapports entre le SPD allemand et le PS ont été glaciaux quand Helmut Schmidt était chancelier", rappelle l'éditorialiste. En cause : son amitié avec VGE, ses engagements pro-européen et pro-américain, mais surtout le fait qu'il "défendait des thèses économiques aux antipodes". D'un côté les socialistes français rêvaient une société idéale, et de l'autre côté le chancelier incarnait "le réalisme même". Donc quand il a été obligé que quitter le pouvoir en 1982, "François Mitterrand était bien content". 

À lire aussi

"C'était un très fort caractère, il était direct, franc, voire brutal", affirme Alain Duhamel, qui avait interviewé le chancelier. "Il n'avait pas sa langue dans sa poche et n'hésitait pas à vous dire 'là vous marquez un point', ou au contraire 'vous êtes complètement à côté de la plaque'", poursuit-il. "En plus de fumer comme un pompier, c'est le seul homme que j'ai jamais vu priser, c'est-à-dire renifler du tabac par le nez et il était très content de l'effet qu'il produisait". On ne discutait pas l'autorité de ce "leader" au gouvernement, notamment face au terrorisme de la Bande à Baader. Les Allemands ne le considèrent pas comme le plus populaire ou le plus célèbre, mais plutôt le plus marquant depuis la libération. "Et je crois qu'ils ont raison", conclu Alain Duhamel. 

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/