3 min de lecture

"Vous pensez qu'on arrive à écrire avec des choses comme ça ?" : certaines mairies renoncent à leurs kits de fournitures scolaires gratuites

Pour aider les familles avant la rentrée scolaire, des villes fournissent gratuitement tout ou partie des fournitures scolaires dont ont besoin les enfants. Mais ce dispositif peut s'avérer coûteux pour les municipalités. Alors, certaines préfèrent tout simplement l'abandonner.

Une famille en train de faire des achats de fournitures scolaires dans un supermarché (image d'illustration).

Crédit : Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Fournitures scolaires gratuites : plusieurs villes s'y mettent, mais d'autres abandonnent

00:03:31

Joanna Chabas & Quentin Menu

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

Dans ce supermarché de Mantes-la-Jolie (Yvelines), le rayon des fournitures scolaires est presque désert. Plus besoin de tout acheter pour la rentrée de septembre. La nouvelle municipalité de gauche a décidé de distribuer des kits le jour du retour en classe des élèves. 

Kayla, maman d'une fille en CE2, s'en réjouit d'avance. "C'est très bien, juge-t-elle. Tout ça, c'est un budget. On pourra mettre dans d'autres choses, des activités sportives, acheter leur tenue ou une autre paire de baskets… Évidemment ça pourra bien nous aider."

Au total, ce kit permet aux familles d'économiser une cinquantaine d'euros par enfant. Marie, dont la fille est en primaire, salue le coup de pouce de la mairie. Mais elle se méfie par avance de la qualité des fournitures données. "Il y a certains produits, je sais qu'ils vont durer, d'autres pas du tout. Et puis il y a des enfants qui sont soigneux, d'autres qui ne le sont pas. Donc j'espère que ce sera étudié pour un usage d'élèves, réellement."

"Marquer le coup"

À Mantes-la-Jolie, la mesure coûte 70.000 euros à la commune pour 3.350 bénéficiaires. Guillaume Quévarec, adjoint au maire, se prépare à recevoir les fournitures. "Concrètement, il y a 17 objets. Des crayons de couleur, crayons à papier, gomme, taille-crayon, bâton de colle, règles, équerres, compas, ardoise avec ses accessoires, ciseaux, cahier de texte, pochette à rabats, crayon de couleur et grand cahier, liste-t-il. 

"On sait que les rentrées sont un petit peu difficiles et donc pour nous c'était important de marquer le coup dès la rentrée, ajoute l'élu. Tous les objets qui sont dedans sont aux normes françaises, certains sont même écoresponsables. On ne pouvait pas, avec le budget qu'on a, garantir que des marques. Ça revenait effectivement trop cher. Donc il y a des marques comme Bic ou Maped, mais après il y en a d'autres qui sont sans marque."

À écouter

Rentrée scolaire 2026 : un budget moyen en augmentation

00:01:41

La mairie assure que les fournitures distribuées seront de qualité. Les équipes feront le point avec les écoles et les parents d'élèves en cours d'année pour adapter le kit si besoin.

Des mairies de gauche et de droite renoncent

Si ce dispositif permet de soulager un peu les familles les plus modestes, il reste coûteux pour les municipalités, et n'est pas forcément gage de qualité. Alors, dans certaines villes, comme à Vaux-en-Velin (Rhône), le kit de fournitures a été abandonné. Le maire insoumis, Abdelkader Lahmar, élu en mars dernier, vient de mettre fin à cette mesure mise en place il y a trois ans par la majorité socialiste sortante. 

Il s'en est justifié devant le conseil municipal, estimant que la qualité des fournitures premier prix n'était pas à la hauteur. "Est-ce que vous pensez sincèrement que quand on est en primaire ou en maternelle, on arrive à écrire avec des choses comme ça ? L'enfant, quand il va à l'école, sa fierté, c'est son cartable. Et c'est ce qu'il y a à l'intérieur. Vous pensez sincèrement que c'est avec vos trucs bas de gamme que vous alliez les impressionner ?"

À écouter

Michel-Édouard Leclerc promet que le prix des fournitures scolaires ne "sera pas impacté" à la rentrée

00:11:34

Même son de cloche à Saint-Jean-de-Braye, dans le Loiret, où la fin du kit de fourniture scolaire a été actée par la nouvelle majorité. Il était trop cher au regard de sa qualité, estime Cédric Gourin, le maire Les Républicains. "Pour nous, chaque euro dépensé doit être efficace, confie-t-il à RTL. C'est un dispositif qui était relativement coûteux, 27 000 euros. Certaines familles ont jugé qu'en fait, les équerres qui étaient dedans, les gommes, les crayons, ce n'était pas forcément adapté à ce que les enseignants demandaient. Et donc le kit restait sagement dans un placard à la maison et ne servait pas du tout aux enfants à l'école."

À Nice, Éric Ciotti, le nouveau maire UDR allié du Rassemblement national, a pris la même décision. 440.000 euros y étaient dépensés pour ses kits. Dans chacune de ces communes où la mesure disparait, l'opposition dénonce une injustice sociale.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée