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Des enfants dessinent dans une école maternelle de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, le 4 octobre 2023 (Illustration).
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Les résultats sont alarmants. Jamais les élèves français n'avaient obtenu d'aussi mauvais scores au classement PISA, cette étude internationale qui évalue tous les trois ans les compétences des jeunes de 15 ans dans les pays de l'OCDE. En lecture, la France perd 18 points. En mathématiques, la chute est encore plus marquée : 35 points en dix ans, soit presque deux années d'apprentissage perdues.
En sciences, en revanche, les résultats restent stables. Et la France n'est pas un cas isolé : dans l'ensemble de l'OCDE, les scores baissent aussi. Reste qu'aujourd'hui, un élève sur cinq est en difficulté dans les trois matières. Un rapport du Conseil d'analyse économique s'est penché sur les recettes de pays qui ont réussi à améliorer nettement leurs résultats, comme le Portugal, l'Angleterre ou encore le Mississippi, aux États-Unis.
Le rapport estime que l'une des priorités pour améliorer les résultats est de renforcer fortement la formation des enseignants. Il recommande 80 heures de formation obligatoire par an pour les professeurs du primaire, contre 18 heures aujourd'hui en France. Dans certains pays performants, ce volume atteint même une centaine d'heures.
"On est le pays où nos enseignants ont le moins de formation continue, particulièrement au collège et lycée, quasiment de tous les pays du monde. Donc c'est ça aussi le nœud du problème, c'est permettre aux enseignants déjà d'être dans de meilleurs environnements de travail et puis également leur offrir les possibilités de se former tout au long de la vie", estime sur RTL, Éric Charbonnier, expert de l'OCDE en charge de l'éducation. Le Conseil d'analyse économique estime également qu'il faut mieux accompagner les élèves les plus fragiles, avec du tutorat ciblé.
La question de la revalorisation du métier de professeur entre aussi en jeu. Il faut selon l'expert "en priorité, ouvrir une réflexion sur le métier des enseignants. On a besoin d'une réforme globale. On ne parle que de leur salaire, mais il faut qu'on parle de leur formation, de leur mobilité", résume-t-il.
Le rapport du Conseil d'analyse économique insiste aussi sur l'importance de mieux encadrer les outils pédagogiques, par exemple en labellisant les manuels scolaires selon des critères précis. L'idée est simple, diffuser plus largement les méthodes qui fonctionnent. "Il faut aussi essayer d'avoir un débat sur les pédagogies qui marchent. On a énormément de données en France, mais on ne les utilise pas pour aller voir les écoles où ça fonctionne bien et essayer de voir ce qu'ont mis en place les enseignants pour pouvoir le partager aux autres", assure Éric Charbonnier,
Ce dernier évoque aussi la question des programmes scolaires : "On a des enseignants qui ont un programme qui est très chargé, les programmes scolaires sont très chargés en France, l'année scolaire est très condensée", explique-t-il notamment à l'école élémentaire avec une organisation du temps scolaire sur 4 jours.
"On est le seul pays à débattre depuis 20 ans du rythme scolaire sans prendre de décision. Vous imaginez les élèves qui ont été testés en PISA en 2025, qui sont rentrés en CP en 2015, ils ont vécu la réforme de Vincent Peillon, le passage à 4 jours et demi, ils ont eu le retour à 4 jours avec Jean-Michel Blanquer. Plutôt que d'ajouter des nouvelles réformes, on devrait évaluer ce qui a été mis en œuvre et éviter de revenir en arrière en permanence", estime l'expert de l'OCDE.
On a besoin d'évaluer les dispositifs qui ont été choisis depuis 15 ans pour au moins prendre des décisions
Eric Charbonnier, expert de l'OCDE en charge de l'éducation
"On a eu tellement de dispositifs depuis 2012 qui ont été mis en place, mais qui n'ont jamais été évalués, qui ont parfois été supprimés et remis en place. On a besoin d'évaluer les dispositifs qui ont été choisis depuis 15 ans pour au moins prendre des décisions en fonction des chiffres pour les garder ou les supprimer", ajoute-t-il.
Sur la question du nombre d'enfants par classe, Éric Charbonnier estime qu'elle n'est pas la première raison d'une baisse du niveau. "Nous ce qu'on voit c'est qu'il faut prioriser le salaire des enseignants, la qualité de l'enseignement et peut-être parfois au détriment de mesures sur la taille des classes qui vont être aussi très coûteuses", explique-t-il en proposant de "cibler juste sur les établissements les plus en difficulté".
Au-delà de l'école, la question des usages numériques est aussi posée. Le ministre de l'Éducation pointe la responsabilité des réseaux sociaux. "Ce n'est pas l'unique raison", assure Éric Charbonnier. "C'est vrai que les écrans, aujourd'hui, ont besoin de règles très claires. On a pu voir que les pays qui s'en sortaient le mieux, avaient en général mis des règles soit d'interdire les écrans soit au moins d'avoir des règles très claires au niveau de l'établissement qui permettait d'avoir une utilisation intelligente des écrans", explique-t-il
"Les écrans peut-être que les enfants l'ont en sortant de l'école, mais les parents l'ont aussi en sortant du travail et un des résultats de PISA, c'est que l'implication parentale a beaucoup baissé entre 2022 et 2025. Les parents s'intéressent moins aujourd'hui à ce qui se passe à l'école", ajoute-t-il. Le débat dépasse donc la seule salle de classe.
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